Vacuité

A l’ombre du marteau sans tête
Je croyais partir
Alunir
Mon cœur en fusée
Mon cœur en fusion
Se pendouille
Aux basques
Des planètes
Ma ligne de vie est un horoscope inversé
Mais peux t’on toujours vouloir
Des horloges en lettre capital
Eternelle à l’heure d’été.

Je fuis ce que je suis
J’épouse ce qui n’est pas
Chasseuse d’ours
Devant l’éternelle

je mêle
Mon corps astral
Au fond des absinthes
Les beaux légionnaires
Trainent dans leurs regards
L’azur des ciels de Sahara
Pendant que je traine
L’exquise absence de mes yeux verts

 

Mes questions simplifiées
S’ébattent
Dans des deltas bien trop rares

Des espèces menacées
J’embrasse la fragilité
Je salue le goéland et le papillon
L’éléphant et l’abeille

Et toutes ces migrations à tire d’ailes
Sans doute
Pour traverser la terre
La croire un peu plate
Mal évaluer la distance
Se reposer
Sur quelques mats de hasard
Se confier à des chants magnétiques
A chaque départ de piaf
Je pleure un peu

 

J’ai des matins
De malts entremêlés
Eaux douces
Eaux salées
Dans le sang de ma dyslexie
Les mots
Volent
En paillette

Reste cette loi intransigeante,
Qui clame
Certes d’une voix mourante
-n’oublie pas de faire tes devoirs !

Mais les devoirs meurent
Noyées sous une tonne de nénuphars
Se perdent au fond de bois magiques
La photo de Gérard Philippe
Pour tout cours de Français
Et tous les éclats de marelles
M’appellent
Sur des iles éphémères
Aux sombres Vendredi

je suis à la plage
D’une page personnelle
Un sable qui pousse ses dunes
Des yeux jusqu’aux poumons
Tandis
Que les trois petits cochons
Font la ronde

Qu’elle mer
Outremer
Délivre
A chacun
Sa portion d’embrun ?

Des mots ivres
Voguent
Comme des montgolfières dans l’air

Ecoute :
N’oublie jamais d’écouter…
Ta paresse

 

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