Le Soleil d’automne
Souffle une âme d’or
Dans le cœur des arbres
Le ciel est bleu
Et je veux du bonheur
Femme occidentale
Je passe dans les magasins
L’acheter
Un parfum
Pour distraire ma peau
Un foulard
Pour caresser mon cou
Des bagues pour cercler mes doigts
Des cailloux partout pour voler l’étincelle des feux de Bengale
Des robes pour danser dans le vent
Des ballerines pour sautiller entre les allées des jardins
Un sac pour le bourrer de rouges à lève
Rose ingénue, rouge baisé, mauve tzigane
Aux couleurs de mes futurs mensonges
Un agenda de cuir pour donner des noms
Aux amants du jour
Les rouges baisé sont comme les coquelicots
A jeter dans le cœur des passants
Dans l’immédiat de leurs floraisons
Femme occidentale
Je fais le plein
Bonbons de la vie
J’empiffre
A cloche pied
Je traverse les jeux de la vie
Quand vient un concerto de Bach
Un cœur soulé de vide
Hésite à battre encore
Je pense toujours à lui
Une image tremble encore
L’encre encore fraiche
La couleur chair
Les draps blancs
Des yeux noirs jetés d’étoiles de lumière
Il faudra beaucoup de papier de soie contre sa chair
Il faudra beaucoup de ruban
Rose les rubans
Nerveusement, hystériquement rose
Comme ces idées de bonheurs que l’on tresse avec les mains
De l’homme qui aime
Papier de soie encore emplit d’émois
Rubans pesant de reproches
Pour lier
Pour fermer, enfermer
Le plaisir
Il faudra beaucoup d’ivresse
De bouteilles d’alcools forts
De mise en vacance éthylique
De déperditions
De malédictions jetées
Dans le silence des nuits
Pour replier les souvenirs
Dans ce petit coffre à jouet
Au fond
A droite
Un peu plus bas
Là, exactement, dans le capharnaüm de ma cervelle
Ces jours d’automnes
M’ont fait cadeau
D’un authentique mal de cœur
Femme occidentale
Hors promotion
Ils existent
Les sentiments vrais sont gratuits
Automne m’a fait cadeau
D’un authentique chagrin d’amour
Un pur bijou
Simple comme une cataracte
Le vertige
La douleur
Le chagrin
Sont des fruits simples de la terre
Et ma récolte s’embrasse sous le soleil d’octobre.