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Billet de blog 13 janvier 2016

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La bonne crevette, le bon français !

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Ce matin, je dois écrire

Un besoin impérieux

D’une démangeaison ultime

Comme ce besoin de boire

Qui me revient

La douleur

L’alcool

La sensibilité

La peau

Les mots

L’alcoolique est il l’homme ou la femme

Dont le soleil

A brulé la peau jusqu'à l’os ?

Jusqu’au cœur ?

Je confierais encore

Au médecin de mon corps

Et de mon cœur

Des mots égarés

De femme en manque

Mais continuons

Au final

C’est toujours le thème de l’égarement

Qui me retient

Au fond, sans avoir fait le tour de mes cartes incognitos

Aurais-je une boussole ?

Un instinct ?

Comme ces oiseaux qui traversent le ciel

A la poursuite de l’été

Une boussole

Non

Du nord ou du sud

La belle affaire !

Mais de l’obscur, qui engloutit

Mais de la lumière, qui révèle

L’humain

Commençons un conte qui sera long

Des souvenirs qui remontent

Comme de mornes mines marines

Des abysses de quelque chose

Qui ressemble à l’âme

Comment parler de l’âme,

Sans ce mot ?

Je n’en connais pas d’autre

Pour ce profond intérieur

Fait de pensées et de sang

D’enfance et de larmes

Toujours on revient

Au mal à l’âme

Âme

Il n’y a pas d’autres mots

Pour te designer

Et tant pour le sexe de l’homme

Faut croire

En un manque de sérieux

Ou à cette réussite des bringues

De noyer l’âme

Au fond des draps

Et raconter

Quand les mots ne sortent que par saccades

Comme l’air

Apres un marathon

Marathon

Pour qui ne conduit pas

La banlieue est un petit marathon vert

Qui bombe dans les boulevards en cote

Fais valser les grands-mères mal accrochées

Au premier virage venu

Les bus ont réinventé le jeu du cocotier

Le bus est une formidable immersion

Au cœur des villes

Quand je manque de pinceaux

Je vais chez mon marchand de couleurs

Champigny

C’est le 110

Quand je vais acheter des maquereaux

Je vais au marché de Nogent sur Marne

C’est le 120

Parfois je vais au marché de Villiers sur Marne

C’est le 306

L’été, je vais au festival de musique du parc floral

Vincennes

C’est le 210

Vendredi dernier

Je suis allée à Champigny

Une femme en caddie monte dans le bus

Puis une autre

C’est un bus de femmes, foulards sur la tête

Des africaines en boubou

Des enfants dans les bras

C’est jour de marché

Et nous nous entassons

Le porte-monnaie plein de monnaies

Des amies entre elles

La mère et  la fille

Déluges de paroles

Le monde se balade en navigo

C’est une évidence

C’est la vie

Les tatouages berbères

Se mêlent aux tatouages héros de manga

Des plus jeunes

Samedi

Je vais au marché

A Nogent

L’instinct de l’oie

Et de la petite bourgeoise que je suis parfois

Je vais dans mes contrées

De Bry sur Marne à Nogent

La départementale traverse des boulevards de pavillons

Ou d’immeubles « standing »

Oui

Ce ne sont plus les mêmes rues

Ce n’est même plus la même poussière

Et dans mon sang d’enfant gâtée

Pas  même, le même regard

Je commande aux vendeurs

Dans un choix de petites crevettes grises

Je commande des petites dodues

Laissant de coté la crevette française présentée

Un peu petiote, tout en pattes et en antennes

Cette voix a coté de moi

Oui,

Mais elle est française !

Débat de nationalité

Serais-je déchue de nationalité

Pour épluchage de crevettes immigrées ?

Pour noyer la crevette

Je choisis

Un muscadet chez Nicolas

Je refuse gentiment la carte du magasin

Connaissant le bagou du gérant

Je précise, juste, que j’ai quelques raisons

Cette voix a coté de moi

Elle est contre l’alcool !

Débat de nationalité

Serais-je déchue de nationalité

Pour le refus d’un abonnement chez un marchand de pinard ?

Nogent est à bloc dans la résistance aux méchants

C’est normal

Ils ont payé très cher le droit de vivre entre eux

Laissant

Les autres gens

Dans d’autres endroits

Ils sont à fond dans leurs petites guerres

Enfin

Ils croient défendre la France

Ce qu’ils ont toujours tu

Est proclamé sur les toits

Et les toits, même au soleil, deviennent obscurs

Cet obscur objet du désir

La securit é du matelas !

Là-bas

Les bus roulent

Transbahutent les mêmes gens enfermés dans les mêmes villes

Nul besoin de murs

L’argent a fait le taf

Je vous le dis

Les maisons de briques

Ces vieux hlm

oui

Ce n’est pas la même poussière

Le même regard

Chers politiques

Vous avez réveillé cette idée du bon français

Qui berce les cœurs

Dans une nostalgie vaguement glauque

Pendant ce temps

Les femmes courent avec leurs caddies

Avec leurs enfants

A l’essentiel

Le repas  et l’école

Manger

S’éduquer

Nous en sommes tous là

La géographie

Pour assouvir cette nécessité vitale

Qui soutient les nations

Dire

Que cela est le combat

Au jour le jour

De ces hommes et ces femmes

De ces villes là-bas….

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