Des œufs en neige pas trop fermes
Une goutte de grenadine pour le rose
Au dessus une belle endormie
Totalement nue, pour le rose
Jamais trop de rose
Sa poitrine flotte doucement comme deux nuages
Ajouter :
Une larme de citron pour l’acide
Une larme de crocodile pour l’absinthe
De grosses pralines tels ces mensonges
Que l’on ne croque pas trop bien innocemment
Les dragées c’est connu
Niquent les dents et les heures d’ennuis derrière les portes
Une meringue douce pour s’enfoncer
Dans le mystère d’un marais blanc
Une meringue douce pour enflammer
A la fine cognac
La belle la nuit
Quelques violettes en sucre pour les mensonges des crocodiles
Quelques pavots en graines pour rêver de violette en sucre
Sur la partie la plus nacré de son sexe
Une rose dans la coupe de champagne
Pour le rose
Don juan gourmet salive
Devant la carte des enfers
Croque autant seins et diablesses
Auxquels s’ajoutent
Quelques jolis anges à tirer
Au passage
Pain d’épice
Cannelle et miel
C’est un homme à la peau doré
Aux lèvres de sucre de gingembre
Je luis dis
Je luis dis
Tu es mon ginger man
Noyé dans un bain de chantilly
Où s’esclaffent quelques bulles de vins vénitiens
Une goutte de confiture de rose
J’aime les fleurs en confiture
Sur ma tartine
S’étale les roses de tous l’atlas
Une goutte d’anis
Pour arroser l’oasis
Un peu de perfidie
Pour damner le paradis
Le serpent tient les dés
Mais Je te souffle la règle
Ni oui
Ni non
Sur milles lunes
De jeux interdits
Gavée de confitures et de pains d’épices
La princesse peine à rentrer
Au-dedans la porte renaissance
De son petit palais
Les souris s’en sont allées à saint Malot
En thalasso
Don juan continue a plumé des anges aux enfers
Envoie des sms aux jours de fêtes
Et les princesses aux chômages s’inscrivent dans des pôles de solitudes
L’ennui livre ses messes basses
Le temps est toujours offert aux abandonnées
Le hasard des nuits vident reprend ses droits d’ainesses
La princesse prend un livre
Comme on mouche un chagrin
Presse un manteau d hermine
Sent une l’odeur de neige nocturne
Entends le vole de mort du chat-huant
L’hiver sera long
La princesse devant un feu de bois ouvre son petit livre
Carré, mêlés d’entrelacs savants
De fleurs et d’anges
Enfin de celles qui n’auront pas été consommées
Enfin de ceux qui restent d’un peu présentable à un jeune public
Elle découvre le rose aux joues la première page
C’est la A
Le petit A coincé dans un gros cœur
Il a bien du mal à respirer
Le frêle, le doux, le charmant A
Eternellement coincé dans les courbes charnues du cœur
La femme soupire et ce souvient de cet immense empiffrement
En rigolant
-1) La vie ne donne que ce que l’on lui vole
-2) Il n’est jamais trop tard pour apprendre à lire !