Du sevrage
Voila ce texte n’est pas un poème
Juste un témoignage, un essai de synthèse qui peut être complété par d’autres que moi.
Depuis 6 ans pour pouvoir continuer à mener une vie « quasi » normale
Je suis hospitalisée en moyenne tous les 6 mois pour trois semaines.
Je peux donc parler d’une vie « quasi » normale avec des guillemets.
Ou est ce au contraire une vie plus complète qu’une autre vie ?
Dans mes cliniques psychiatriques, dans les hôpitaux de jour, je suis amenée à me lier avec des personnes que dans une autre existence je n’aurais jamais croisé, peut être pas même regardé, pas même entendu.
Depuis six ans je vie avec ma dualité, adulte sans problème pour quelques uns, souffrante en clinique .Il existe un terme : bipolaire.
La sagesse mêlée à l’impulsivité d’un cheval fou que plus rien ne retient.
Donc, je vie avec l’alcool, mes coups de sabots faisant voler les bouchons de bouteilles.
Or c’est un cycle infernal.
Je suis instable (je fais de gros effort pour être vivable)
L’alcool accroit l’instabilité (lorsque je suis seule, sans le regard de personne, un péril pour personne, je m’abandonne comme une comtesse s’abandonne dans un boudoir, seule enfin avec moi-même.)
L’alcool est un moyen de me séparer du monde, j’ai besoin de cette séparation.
Mes psychiatres luttent contre ce besoin, contre ma méthode.
J’ai l’impression de devoir enfiler un carcan d’acier, qui m’étouffe et me fait mal, même si ce carcan doit protéger ma vie.
Cependant avec le temps l’alcool est une torture aussi, l’estomac, l’organisme fatigue (bien qu’actuellement tout mes prélèvements sanguins sont ok)
Comme toute drogue la dépendance tue parfois le plaisir
Je suis en sevrage depuis quatre semaines, ces sevrages sont toujours sur ma demande, j’ai craqué parfois, j’ai craqué car paradoxalement ma raison ne supporte pas la sagesse à temps complet, mon corps étouffe.
Pour un sevrage alcoolique, l’arrêt de la dépendance physique prend en principe 5 jours
Je dis en principe car mon expérience me fait croire à un délai beaucoup plus long
Les médecins utilisent un autre terme : le sevrage psychologique, ce sevrage peut demander une abstinence de deux ans.
Quoi que ? Comme dirait Raymond Devos
Il y a actuellement débat en médecine
Sevrage total à vie
ou possibilité d’une reprise avec une surveillance sévère sur la consommation
un sevrage hospitalier n’est donc pas une réponse unique pour l’arrêt de l’alcool et une prise en charge par la suite est nécessaire : postcure, psychothérapeute, alcoologue ( il existe des centres d’alcoologie dans les hôpitaux avec des suivis dans la journée)psychiatre, les alcooliques anonymes…
En effet l’alcoolisme est analysé comme un malaise, une souffrance. Le médecin, le psychologue travaillera sur la recherche de cette douleur.
Personnellement les arrêts d’alcool me fait plonger en dépression, des médicaments me sont donnés pour supporter cette plongée. Cette plongée est cependant normale pour un organisme qui doit apprendre à se réorganiser. Cependant, dans mon vécu, j’estime que mes sentiments dépressifs sont particulièrement longs et profonds.
Autre problème ; l’alcool peut être le symptôme d’une maladie psychiatrique, d’une névrose, le dessus d’un iceberg qui surgira au moment du sevrage.
Ainsi il peut y avoir une multiplication des sevrages, le changement de lieu, l’encadrement, les calmants permettant ces arrêts d’alcool.
Mais la clinique ou l’hôpital n’est qu’une réponse partielle même si elle parfois indispensable.
Pour ma part je pense toujours a ce titre de livre : l’épopée du buveur d’eau
Mon sevrage est une épopée.
D’autre part nous sommes inégaux devant les drogues, les addictions, notre organisme peut être extrêmement sensible au tabac, à l’alcool, au cannabis, médicament…etc
Heureusement beaucoup de personnes se soignent, parfois dans ce qu’il est convenu d’appelé un sevrage ambulatoire ; c'est-à-dire un sevrage à domicile.
Je terminerais par cette phrase de Nietzche :
« Toute joie désire l’éternité
Désir une profonde, profonde éternité ! »
à la vie tu dois t’accroche !