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La souffrance

 

Choses entrelacées
Les pierres
Les fraisiers
Les serres
Les lilas
Le raisin
L’ogre
Chargé du paradis
Les chiens, les chats, les poules, tortues
Le vivant
La neige
Le printemps
L’automne
Les fruits

 

Un homme passe
Tape le chien
Crie
Tape
Crie
Tape
Crie
Le fils de l’ogre
Mon père

Dans le ruisseau d’or
Dans les ailes des tourterelles
Dans la mousse
Dans la cave
Dans le grenier
Les chats philosophes
Dans l’or des poussières
La tapis du salon
Dans les photos
Dans les boites de coquillages
Dans l’interlude de l’ORTF

L’enfance
Sans clefs
A fuit

Barbe bleue

 

Barbe bleue
A suspendu le corps des femmes
Plus encore
A dévoré le cœur des femmes

Barbe bleue
Gil de ray
Tous vous diront
la peur des femmes
La peur de l’instinct
Qui voit la mort dans leur regard
Sans pouvoir fuir
Tous pourront dire leur mépris des biches
Cette odeur de sang facile
Ce coup brisé

Mais le sang
Tient de l’eau
Des yeux des femmes assassinées
Pénètres dans les yeux des enfants perdus

Barbe bleu
Gil de ray
Voient ce regard
Tuer la femme est facile
Tuer
Le regard d’une infante

Cela s’appelle le remord
Qu’ils ignorent
Cela s’appelle le remord qu’ils découvrent
Innocentes brutes
Et tue plus encore
La vie
Les coquillages
Les tapis
Les photos
Soudain
Ils prennent conscience
De la mémoire de leurs victimes
Et
Ils tuent
Tous ce qui rapportent à la vie
Comme un reproche

 

Ainsi les pères
Tuent
L’imaginaire
Ainsi les pères tuent
Tant les souvenirs font mal
A ces gens
Incapables de vies

 


Un peu de survie
Moyen
Moyen
N’oublie pas de cracher sur l’alcoolique
Son enfer est de vielle lune
Et
Sans soins

 

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