la nuit, j'écoute

Le jour
L’ordinaire
Je manque d’oxygène
Comme d’autres de portes de sortie
Le jour
Y a toujours erreur

La nuit
Des chansons
Montent comme des moutons
Au fond de mon hypothalamus
La nuit
J’aime à me mentir
Comme on enrobe
Une pomme d’amour

Et j’écris
Je tamponne
Un piano silencieux
En le priant
De rendre gorge

Saleté d’orthographe
Briseur
De cracheurs d’encres
Tant bien même
L’encre de chine
Voyage dans l’abime des sangs éperdus
Une aspirine
Un glaçon
Sur un glaçon
En forme de flamand rose
On the rock
Dance la douleur

Avaler des pierres
Lécher la couleuvre

 

Ne pas oublier
Que le vide noie tes rêves
Que le chien féroce
Ne te sera jamais soumis

Des cœurs
J’en ai plusieurs
Autant que de couleurs

Mais
A me lever
Laver de la couleur de l’aube
Laissant
L’huitre perlière
Au fond du bocal

La nuit
Je suis
Une frêle aux bois songeurs

Vient l’été
Toujours plus brutal
Vient l’été avec ses gants de boxe
Pour sucer de l’humain

L’été
Toutes les faute du monde
Te tombent
Sur le cul

Juin
Et puis encore
D’autres jours
Fait chaud
A s’écorcher la peau

Alors on pense
Qui encore
A la queue de l’extinction
Prendra le ticket suivant
Un papillon ?

Un éléphant ?
Dans ce jeu de poker
Nos bourses tiennent les cartes
Alors même
Qu’elles deviennent
Stériles

 

Les larmes
Dans la rivière
Sont nos
écolines
Cobalt
Rejetées de pardon

La nuit
C’est l’étouffement
D’une nuit trop lourde
Dans un appartement trop petit

Je dors
Fenêtres ouvertes
Sentir
Comment l’univers respire
Le frissonnement des peupliers
Et les champs de sirènes

A coté
C’est l’hôpital
Lieu d’absence
Un phare éteint
Pourtant
Toutes les ambulances roulent et tournent
Aiguilles sans horloge
Seul le son
Raisonne
Dans le marais des déshérences
Comme des chaluts en mer d’Ouessant
Les cornes de brunes
Résonnent
Bercent
Les églises d’orient

Moi
Pliée
Sur le canapé
J’happe cette nuit
De tous mes sens

Des voix
Traversent
Les rues unicellulaires
Bulles de colère
Saleté d’époque
Saleté de vie
Ça gueule
Apres minuit
Faute de loups sur les plaines
Nous avons emprunté
Les pleurs des cheyennes

Y pas d’étoile sous mon ciel
Pas même un coup de vent
Pas même
Quand j’ai lesté mes vêtements
A deux mètres de moi
Comme un sou marin
Jette à la remonte

Soudain
La voiture devient métallique
Le peuplier un arbre
L’été un cimetière
Quand l’iris s’accroche au plafond
Simplement pour prier
Un courant d’air

Toujours roulent les ambulances
Autour de l’hôpital
Au dessus
Clignote la lumière d’un Boeing

Je connais bien des vampires
Morts aux premiers lumières de l’aube
Encore
Une journée !

Un ciel blanc gouverne
Les villes
Les hôpitaux
Les fourmis

Restent
Ceux qui gardent
Le bonbon
Au gout violète
Sous la langue
Sec
Comme une pierre

 

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