LA FEMME PENCHEE

Le bâton de rouge

Dans ses doigts

Pour se faire des lèvres

Papier de soie,

Écarlate,

Rubis et fleurs hémorragiques

Le bleu des paupières

L’éclat de la turquoise

L’aile de papillon

Qui bat des cils

Et de l’aile…

Les cernes des nuits aveugles

Dans le miroir

Elle se voyait

Enfant

Attendant

Dans la cour

Dans la glace

Elle voit

La main de l’homme

Mains de prince

Ou d’assassin

Si longtemps

J’ai attendu

Oubliée

Au milieu des oiseaux

Tes mains sur mes yeux

Noyés de bleus

Brulés de cernes

Mains d’anges

Ou mains d’assassins

Je t’attendais

Depuis bien longtemps

Pose,

Pose ta main

Sur mes lèvres tremblantes

Ta main

Sur mes paupières closes

Obstinément closes

L’enfant met sa tête

Contre toi

Contre ton cœur

Qui bat

La neige

Autour de nous

Les cours vidées

Des écoles

Les oiseaux tremblent

J’ai froids

Prince ou assassin

Qu’importe

Dans la rue

Le rouge s’écrase

Sur mes lèvres

Et l’azur

S’encroute et croute

Sur mes paupières gonflées

Trop de blanc

Sur trop de cerne

La main tremble et

Le pinceau lâche

Putain de miroir !

Je marche sous la neige

Prince ou assassin

Je t’embrasserai

Toujours

Et encore

Sous la neige

Et toujours

J’attends

Des caramels dans mes poches

Des compttines dans ma tête

Des histoires et des histoires

A compter, à racompter

Et toujours

J’attends le prince, l’ogre ou l’assassin.

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