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étaleuse de peinture, cogneuse de clavier, en cavale par nature mon site peinture : www.afont-tableaux.fr

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Billet de blog 30 mars 2016

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il y a des encres noires

Pour tresser des lettres

En ruban de mots

D’ordinaire

Pour faire beau

On attrape

Une fille jeune

Pour les glisser dans la blondeur de ses cheveux

Sauf à trouver un jeune homme

Emplit de l’ambigüité d’un printemps de Botticelli

Pour les glisser dans la douceur de sa bouche

Il y a des noires idées

Pour dresser des lettres

Tels des chiens de combats

Sans exercice de beauté à tenir

On lâche les chiens dans les plaines

Pour le bonheur

De les voir hurler leurs joies mêlés de peurs devant la vie

Sous la lumière blanche

De la lune en hivers

Il y a cette mer en hivers

Qui promène l’acier des jours gris

Dans son dos d’écaille

Et cette chanson grise mêlés d’écume

Qu’elle rejette sur la grève

Dans une mécanique indifférente

Par habitude

On la dit grosse

Des tourmentes de décembre

Puis dans angoisse révoltée

On la devine aussi grosse

Des derniers rêves

De ces gosses avallés

Non qu’elle soit ogre

Rappelle-toi !

Tous ces jeux d’enfants

Ces châteaux sous le soleil

Tous ces rires entre deux vagues

Ces temps lui offrent

Des âmes

Enfants, femmes, hommes

Aux creux des vagues

Chacun à leur solitude

Se bat en silence

Se noie en silence

Et la mer

Désormais

Murmurent

Les derniers rêves des mourants

Je déchire une page d’agenda

Nous allons vers le printemps

Les alouettes

Ont dit qu’elles s’en retourneront

Mais je suis une femme de ville

Mon moineau  a simplement moins froid

Comme d’autres perdus, là ,sur des bancs

Parfois on se rêve « poète »

Parce qu’enfin humain

C’est pas trop suffisant

Quand on fait poète

On prend la pose dans l’air rose

On lance des mots, hop ! au ciel

Pour qu’ils fassent cerf volant

Entre deux soleils

Quand on est poète on est toujours un peu Van Gogh

Puis on croise un chien

Dans la ville

Il vous suit

De détour en détour

Il attend

Les chiens

Possèdent la patience de la mort

Quand leurs esprits  n’appartiennent pas à Méphistophélès

Quand un chien

T’attend au bas de ton lit

Pour lécher ta main glacée

Ton pari

Est en passe d’être gagné

Car la misère et l’agonie

Sont des bons points de départ

Pour obtenir la sainteté

Du martyr obligatoire

Des poètes sur la terre comme au ciel

Que raconter, conter, des choses dans la ville ?

Dans les jardins des banlieues

Les cerisiers fleurissent

Qu’à Paris

Je guette cet arbre

Du jardin des plantes

Immense et noble

Un corps qui part de terre

Et cherche à y retourner

Avec la force de toutes ses branches

Je guette cet arbre

Premier à s’épanouir en bouquet de fleurs blanches

Pour au premier souffle

Inventer la neige aux abeilles mêlées

Je grappille de petites choses

Pour m’abriter de plus grandes

Pour m’abriter des révoltes

Qui me rappellerai la noblesse

D’être simplement un humain

Si ce n’était le silence qui entoure nos révoltes

Et tous ces mots

Mort de n’être entendus

Comme tout ces humains

Morts de n’être accueillie

Alors on voit

Sa révolte, ses mots, ses pleurs

S’enfoncer

Dans l’inertie mouvante des choses

L’aridité d’une mer de sable

Vois-tu

Je ne suis pas pressée de croiser ce chien !

Compagnon des égarés

Les lauriers des poètes tremblent d’inutilité

Mais, quand est-il de ce cadeau de consolation ?

Être humain !

Malheureusement  le crédit ne suit plus !

Sauver un navire en mer

C’est une addition que l’on présente !

Si la vie est sans prix

Mais L’humain est parvenu à chiffrer l’humain

Je jette un peu d’encre noir

Sur  des pages plus très blanches

Les mots se regardent

En pâles épouvantails

Sur un chant de bataille

Que je ne laboure plus

Pourtant

Je sens en moi

Un manque de lettre

Comme l’ennui d’un désert sans tempête

Mes nerfs me lâchent

Si souvent

Mes mots se regardent

En chiens de batailles

La raison est une vertue

La folie une noblesse

Il me faudrait inventer

De nouvelles plaines pour le plaisir

Une nouvelle gratuité

Pour planter

Des arbres du verger

Cueillir de nouveaux fruits

Trouver un été

Qui rimerait avec éternité

Le tout tiendrait dans une bulle

Au gout de dragée

C’est vrai qu’il reste une chose gratuite

Sur cette terre en inventaire

Le rêve du rêveur !

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