Lettre ouverte aux français attentistes

Aujourd'hui je voudrais lancer une bouteille à la mer à mes concitoyens français, quitte à ce qu'elle n'atteigne jamais l'autre rive et reste lettre morte, emportée comme tant d'autres dans le tourbillon d'informations qu'on nous déverse à longueur de journée à la télévision et sur les réseaux sociaux.

J'aimerais m'adresser à ceux qui, à chaque week-end, observent, sans trop savoir quoi en penser, cette rage sourde qui recouvre nos rues de jaune fluo. Ces marcheurs qui viennent et reviennent, inlassablement, qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il fasse beau, pour nous rappeler qu'ils existent. Malgré les blessés qui tombent en chemin. J'aimerais dire à ceux qui croient peut-être encore à l'hypothèse de l’essoufflement que ces marcheurs invétérées ne rentrerons pas chez eux. Pas ainsi.

J'aimerais que vous soyez eux, un court instant. Que vous entendiez et chantiez les slogans, le sourire aux lèvres et la colère au ventre, et que vous sentiez cette énergie collective devenir la vôtre. Que vous vous sentiez miraculeusement moins seul, plus fort, plus digne. Que vous sursautiez en entendant un tir de LBD se répercuter en écho dans la rue, sans savoir d'où ça part, ni où ça va, et que vous continuiez votre route. Que vous soyez happé par les brusques mouvements de foule, quand ils chargent. Que vous ressentiez vos membres endoloris après dix heures de marche, les bleus sur votre corps, les maux de tête, et parfois, après les gazages successifs, la nausée. Que vous vous mettiez à courir en voyant une grenade tomber près de vous, et que vous voyiez, comme au ralenti, un éclat rebondir sur votre poitrine, en vous laissant imaginer le pire. Que vous ayez vu de vos propres yeux, d'autres yeux crevés, et les lambeaux de chair qui pendouillent là où, quelques secondes plus tôt, se tenait une main. Que vous entendiez leurs cris. Que vous regardiez les brancards improvisés des streets medics emporter les corps des manifestants atteints, en fendant les nuages de gaz lacrymogène, et que vous vous disiez : « ce pourrait être moi ». Et que vous vous imaginiez revenir, la semaine suivante, malgré l'épuisement, le risque, parce que quelque chose d'impérissable s'est définitivement ouvert en vous.

Je voudrais simplement que vous intégriez ce simple fait, massif, brutal, incompréhensible aux yeux de certaines personnes : des gens viennent sur un jour de repos, chaque semaine, depuis des mois, pour vivre ça.

Pourquoi ? Cherchez. Cherchez à comprendre ce qui peut les pousser à revenir. Mettez-vous tout simplement à leur place et vous aurez la réponse.

 

Maintenant, j'aimerais vous poser de vraies questions, des questions qui me restent sans réponses, et qui me taraudent depuis plusieurs mois. Des questions qui m'inquiètent et dont vous êtes les seuls à pouvoir m'offrir des réponses - quitte à ce que cela me fasse peur, ou mal – car de vos réponses, et donc de votre perception du réel, dépendent bien des choses - que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. Mais avant d'y parvenir, à ces questions, je me dois d'abord de vous expliquer d'où je parle, et pourquoi j'ai décidé de vous parler, à vous, les français attentistes.

Je ne fais pas partie de ces français précarisés qui sont à découvert le quinze du mois. Je n'ai pas de voiture. J'ai un emploi stable, et j'habite un logement confortable, dans la capitale des cadres supérieurs, Paris. J'appartiens donc à cette classe moyenne médiane, qui reste encore, pour le moment, à l'abri du besoin. Tout irait bien pour moi, dans le meilleur des mondes, si ma perception du réel était encore celle que j'avais en novembre 2018. Tout irait bien pour moi si j'étais restée dans mon petit train-train, à observer de loin ce qui se déroule dans les rues de mon pays chaque samedi, en lisant par-ci par-là un article, histoire d'avoir l'impression d'être informée. Tout irait bien pour moi, oui. Jusqu'au jour où je me fracasserais subitement contre un mur – un mur professionnel, financier, policier, judiciaire ou politique, peu importe, mais un mur. Qui viendrait briser ma vie et ses possibles.

En m'adressant à vous, les observateurs, les indécis, les méfiants, les curieux, je m'adresse aussi, indirectement, à mes proches, car je ne veux pas nous voir nous engouffrer dans ce cul-de-sac. Vous que je regarde nous regarder quand nous passons dans les rues en chantant des slogans, vous qui sortez des magasins pour venir nous observer, vous qui êtes assis aux terrasses des cafés ou accoudés à la fenêtre de votre appartement, avec un air étonné, réprobateur ou amusé, c'est à vous que je m'adresse, car j'aimerais vous convaincre de la nécessité de venir nous rejoindre.

Pour y parvenir, je ne parlerais même pas des revendications des Gilets Jaunes. Je commencerais par vous raconter comment j'ai perçu ce mouvement, de loin, quand je ne les connaissais, et en quoi cette simple perception m'a fait prendre conscience que nous vivions tous séparés les uns des autres, et que c'était cela, le véritable danger qui menace notre société.

Comme je vous l'ai dit, j'habite Paris, et je n'ai aucun gilet jaune dans mon entourage. C'est un fait qui s'explique facilement : la société française, stratifiée, permet difficilement aux gens de sortir de leur petit monde social. Je vous engage d'ailleurs à vous poser la question : avez-vous beaucoup d'amis, de membres de votre famille, qui n'ont pas le même niveau éducatif que vous ? Qui n'appartiennent pas au même univers socio-professionnel que vous ? Avez-vous dans votre entourage affectif à la fois des employés et des patrons, des intermittents du spectacle et des chauffeurs routiers, des ouvriers et des médecins, des auxiliaires de vie et des commerciaux, des profs et des artisans, des journalistes et des infirmiers... ? Pour la plupart d'entre nous, la réponse est non.

Cette fermeture sociale, qui nous conditionne tous à voir notre pays par le petit bout de la lorgnette, appauvrit grandement l'image que nous nous faisons de la réalité. Et quand on n'a pas de gilets jaunes autour de nous, qu'on navigue dans un univers social assez restreint, où tout se ressemble, des conditions de travail aux valeurs que l'on porte, comment construisons-nous l'image que nous avons des « autres », ceux qui n'appartiennent à notre univers personnel ? Via des clichés sociaux, que l'on construit inconsciemment depuis l'enfance, et via l'image qu'on projette de ces gens-là dans les médias - car les journalistes, pas plus que les autres, n'échappent au phénomène.

Nous sommes tous pris dans cette grille de lecture faussée, pour peu qu'on ne fasse pas la démarche de s'informer réellement, d'aller rencontrer les autres, et de les écouter. Ce fut mon cas au début du mouvement. Ce que j'ai entendu, dans la bouche de certaines personnes (des membres de ma famille, des proches, des médias) m'a d'abord mise en garde et m'a rendue méfiante à l'égard des gilets jaunes. Je suis donc restée à l'écart de ce mouvement, sans prendre le temps de m'informer, prise dans mon quotidien, dans mon travail, dans mes loisirs. Mais le phénomène s'intensifia, ma curiosité fit de même, et je suis allée voir, sur les réseaux sociaux, les messages de ces « gaulois réfractaires ».

Je ne m'attarderai pas sur le gouffre perceptif effarant que j'ai vu se dessiner une fois passer ce premier cap, entre la vision de ceux qui sont dedans, et de ceux qui sont dehors. Je ne m'attarderai pas sur la responsabilité de certains « journalistes », dont la réaction relève moins de la vision biaisée que je viens de décrire, que d'un parti-pris idéologique à l'égard d'un système qui les nourrit, et qui les a conduit à franchir un nouveau cap dans l'indignité professionnelle en essayant de délégitimer un rapport de l'ONU dénonçant la répression policière orchestrée par Castaner, ou en relayant les fake news du gouvernement, sans même prendre la peine de vérifier et de croiser les sources, ce qui constitue juste la base de leur métier – il ne faut pas trop leur en demander. Je ne m'attarderai pas sur certains hommes politiques, qui ont essayé de reprendre à leur compte notre drame national en enfilant un gilet jaune ou en essayant de faire leur les revendications d'un mouvement profondément méfiant à l'égard de toute récupération politique.

Je parlerais plutôt de ce que ce gouffre perceptif révèle de la société dans laquelle nous vivons tous, et du danger très pernicieux qu'il représente, à mon sens, pour notre avenir. Car comment une société aussi fragmentée et éclatée pourrait bâtir un projet collectif venant défendre l'intérêt de la majorité des français, si les dits-français ne se parlent pas, s'ignorent, et ne se (re)connaissent pas... ? Comment pouvons-nous percevoir qu'au-delà d'un certain nombre de clivages, bien réels, prime un intérêt commun, actuellement foulé aux pieds par le gouvernement en place ? Devant ce sillon de différences que la société a profondément creusé entre nous (façon de parler, d'écrire, de s'habiller, de travailler, de vivre ou de survivre), il est très facile de renoncer à chercher à comprendre ceux qu'on perçoit comme « les autres ». Et conséquence inévitable, il devient extrêmement facile de s'appuyer sur nos préjugés sociaux pour nous monter les uns contre les autres (petits patrons contre employés, travailleurs contre chômeurs, fonctionnaires contre libéraux, ouvriers blancs contre immigrés, etc). Canaliser le rejet, le sentiment d'injustice, la colère, la haine, ou tout simplement le mépris, contre un groupe désigné, voilà un formidable levier politique à la disposition de ceux qui veulent détourner notre attention des véritables problèmes, et des véritables responsables de ces problèmes.

Alors, on accuse les gilets jaunes d'être fascistes, complotistes, racistes, homophobes. Comme on accuse les français d'ascendance immigrée d'être des fainéants, des profiteurs, des délinquants, des trafiquants. Souvent de la même manière : en insistant sur un micro-événement et en le généralisant et en passant sous silence le reste, l'essentiel. Ceux qui tiennent ces propos sont soit sous-informés, soit animés par la mauvaise foi, le mépris ou le racisme de classe. Car il dissimule un fait fondamental : les gilets jaunes ont eu la perspicacité de tourner leur colère de manière collective non contre ceux d'en bas (principalement les immigrés et les français d'origine immigrée), mais contre ceux d'en haut et de leurs soutiens (les ultra-riches, qui constituent un infime pourcentage de la population française). C'est une colère saine, constructive, et très lucide, mais également très dangereuse, car elle expose sous les feux de la rampe les rouages d'un système politique profondément injuste, anti-démocratique, qui préfère la discrétion et la pénombre.

Ce n'est pas pour rien que le gouvernement se révèle aussi violent et inhumain à leur égard, au delà du racisme de classe. C'est que les gilets jaunes mettent le doigt là où ça fait mal, très mal. Ils osent vouloir changer les règles d'un jeu qu'ils savent pipé. Et ils appartiennent, damne ! à la petite classe moyenne, le socle de notre nation. Alors l'édifice tremble. Le masque tombe. La terreur s'abat sur ceux qui osent protester ouvertement et publiquement. Et voilà qu'on énuclée le peuple. Qu'on cherche à plonger dans le noir ceux qui apportent de la lumière. Parce qu'ils ont eu le tort d'avoir raison.

 

Et voilà que j'en reviens au début de cette lettre, où je vous disais que j'aimerais, un court instant, que vous soyez eux. J'espère que vous avez compris la raison pour laquelle j'ai commencé par vous raconter l'expérience d'une personne descendant manifester dans les rues de notre pays chaque samedi. Que avez compris quel traitement l'on réserve aux vrais opposants politiques de ce pays. Que vous avez perçu quelque chose qui dépasse de très loin les revendications de ce mouvement. Que vous avez senti, de l'intérieur, la violence dont l'État est capable, quand il se sent menacé dans ses fondements. Que vous savez que cette violence politique pourrait un jour se retourner contre vous ou vos proches, dans une impunité parfaite, puisqu'elle est dite légitime, même quand, parfois, elle n'est plus légale...

Quand vous prenez conscience de cette situation, qui nous menace tous et toutes, vous êtes nécessairement effaré de voir avec quelle tiédeur la majorité des médias abordent cette question fondamentale, sans lui donner toute sa gravité, sans même dénoncer, de manière virulente, tranchée, l'autoritarisme de ce gouvernement. Vous êtes effaré de les voir au mieux, ne pas prendre parti, au pire, choisir le mauvais camp. Il aura fallu attendre qu'un journaliste soit arrêté sous les caméras de ses collègues pour que la majorité de la profession ait enfin un sursaut (de bonne conscience ? d'intelligence ? de courage ?), quand cela fait dès mois qu'on applique le même traitement à des français lambda dans un silence médiatique assourdissant. Et vous êtes d'autant plus effaré de voir que cette tiédeur, vous la retrouvez autour de vous, chez vos concitoyens, complètement sous-informés et à moitié endormis. Vous êtes effaré quand vous allez acheter du sérum physiologique et que la pharmacienne vous déclare naïvement, avec toute la bienveillance du monde : « Ah bon, il y a beaucoup de gaz lacrymogène en ce moment en manifestation ? ».

Et là, vous vous posez de très sérieuses questions. Et ces questions qui me taraudent, les voici.

Savez-vous que le gouvernement a été épinglé dans un rapport d'experts du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme ? Que l'Union Européenne elle-même s'inquiète de voir notre droit de manifester se restreindre progressivement ? Que le gouvernement actuel n'hésite pas, n'ayant que faire de seulement paraître « démocratique », à menacer ouvertement le Sénat de suppression, juste parce qu'il joue son rôle de contre-pouvoir ? Que reporters sans frontières classe la liberté de la presse française derrière la Lituanie et l'Afrique du Sud, du fait de sa soumission à ses propriétaires milliardaires ? Que l'on protège la liberté d'information à coup de matraque, de grenades et de LBD, pendant les manifestations, pour intimider et empêcher les rares journalistes libres de diffuser ce qui se passe réellement dans nos rues ? Que l'on mette des gens en garde à vue pendant 24h, 48h, 72h, alors qu'ils n'ont rien fait, comme dans Minority Report, seulement pour les empêcher de manifester, tandis qu'on laisse casser les casseurs sans les interpeller ? Que l'IGPN, la police des polices censée enquêter sur les fameuses bavures policières, à la fois juge et partie, n'a plus de base légale depuis la signature, en 2014, du code éthique européen ? Et savez vous à quel point ce gouvernement vous ment, à vous, les citoyens, et pas seulement sur l'épisode de la Pitié-Salpétrière, qui n'est que le sommet de l'iceberg... ?

Et surtout, ignorez-vous les images et les vidéos de ces corps maltraités, ensanglantés, éborgnés, mutilés, qui circulent sur internet depuis dès mois... ? L'indifférence révoltante de ceux qui donnent les ordres aux policiers et CRS, qui n'ont même pas eu la décence de proférer un mot d'excuse, et qui, pendant cinq mois, ont tout simplement nié cette réalité-là, malgré des preuves accablantes ? Avez-vous vu les vidéos de guerre de Mante-La-Jolie ? Voudriez-vous que vos enfants vivent ça ? Savez-vous qui est Zineb, morte dans un silence médiatique assourdissant, parce que femme, vieille, et surtout parce qu'algérienne et musulmane ? Parvenez-vous à vous dire : « si cela lui est arrivé, pourquoi pas moi » ? Savez-vous que les premiers à avoir vécu dans leur chair la peur de la violence d’État et les tirs de LBD, ce ne furent pas les gilets jaunes, mais les habitants des banlieues ? Ignorez-vous que la violence d’État s'est toujours fait la main sur les plus isolés, ceux qui ne comptent pas, ceux à qui on ne s'identifie pas, parce que pas assez français, trop pauvres ou trop foncés, avant d'élargir, progressivement, sa méthode rodée à d'autres franges de la population ? Croyez-vous que la violence d’État s'arrêtera sur le palier de votre porte, comme le nuage radioactif de Tchernobyl s'est arrêté aux frontières de la France, si un jour, vous aviez le tort, vous, votre conjoint, votre ami, votre enfant, d'exprimer un désaccord politique ?

Avez-vous vu où était le véritable remplacement, celui qui a pointé le bout de son nez derrière votre écran de télévision, le 3 décembre 2018, sur la chaîne de M. Bouygues, quand Marine Le Pen s'est adressée face caméra au président de la République, ou à ce qu'il en reste, pour le sommer de réagir ? Avez-vous senti que cette femme, dont la fortune familiale fut bâtie grâce aux dons massifs d'un oligarque, et qui, comme par hasard, ne semble plus vouloir sortir de l'Union Européenne, apparaît dorénavant, aux yeux de nos ultra-riches, comme une challenger parfaitement acceptable qu'il faudra soutenir en cas d'effondrement de la macronie ? Savez-vous que, face au danger structurel que représente les gilets jaunes et leur idéal démocratique, ceux qui nous dominent choisiront sans conteste la voie d'un autoritarisme très dur pour se maintenir, à la refonte de notre système social et fiscal ? Connaissez vous l'article 16 de notre constitution, et l'horreur politique qui pourrait en accoucher ?

Et vous imaginez-vous, sincèrement, vivre dans un tel pays... ?

Si la réponse est non, alors venez. Vous n'êtes pas obligé de manifester, de bloquer, de crier des slogans. Mais si vous avez conscience de l'état de votre pays, du monstre politique qu'il est en train de devenir, alors venez. Venez parler aux gilets jaunes, à leurs rond-points, à leurs cabanes. Venez les rencontrer, ces méfiants et ces lucides en colère – venez leur apporter vos incompréhensions, vos souffrances, vos espoirs, vos luttes, en partageant une merguez ou un café autour de leur table. Rentrez un tout petit peu dans leur monde, comme ils rentreront dans le vôtre. Dépassez vos a priori, vos préjugés, et venez vous confronter à la réalité ; vous y trouvez bien plus de fraternité et de solidarité que de violence et de jugement. Aidez-nous à défaire ce piège perceptif dans lequel nous sommes tous tombés, et contre lequel les gilets jaunes combattent de l'intérieur. Nombreux sont ceux dont le regard a été dessillé en voyant le traitement médiatique de ce mouvement, et qui, avant, regarder BFMTV. Nombreux sont ceux qui ont découvert avec stupéfaction la violence de l’État, d'habitude réservée aux « sous-citoyens » des banlieues, et qui, subitement, comprennent au lieu de juger. Nombreux sont ceux qui voient enfin, malgré les tirs de LBD dans les yeux.

J'espère que vous savez que les mois qui viennent de s'écouler sont tout bonnement historiques, hors du commun, et que notre avenir se joue sous nos yeux. Que la crise sociale et politique qui touche notre pays dépasse de très loin les seuls gilets jaunes, et que nous serons affectés, dans les mois et les années qui viennent, par ce qui se déroule à l'heure actuelle dans notre pays.

J'espère que vous réalisez, vous, les français attentistes, à quel point vous détenez le pouvoir, par votre masse. J'espère que vous réaliser également la responsabilité que vont vous incomber les générations futures, parfois à tort, parfois à raison, au regard de votre action ou de votre inaction dans un avenir proche.

Si la seule alternative qu'on nous propose, au chaos présent, est le chaos à venir, nous pouvons, nous, leur opposer un projet collectif, pour peu qu'on se donne la peine de faire un pas vers les autres, d'essayer de nous comprendre, collectivement, en mettant nos petits différents de côté. Aidez-nous à recréer du lien, du vivant, de l'intérêt général, dans cette société sclérosée et divisée. Choisissez vos armes. Et révoltez-vous.

 

 

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