YAYA

À défaut de me rendre à San Sebastián puis en Côte d’Ivoire porter ce message à la famille de Yaya Karamoko, j’ai écrit ce poème et demandé à un ami poète et traducteur, de le traduire en espagnol et je vous les offre. La poésie ne « sert » pas, mais elle « sauvera le monde » comme le dit si bien Jean-Pierre Siméon. N’est-ce pas ? Anne SOY

Yaya

Yaya Karamoko

tu avais vingt-huit ans

né en Côte d’Ivoire

tu t’es noyé dans la Bidassoa

tu voulais juste vivre en Europe

aider ta famille à survivre là-bas

 

Passer d’un pays l’autre

une frontière

une mer

un mur

un fleuve

 

Un fleuve côtier

torrentiel

La Bidassoa

au bord de l’Espagne et de la France

Yaya, tu ne reviendras pas à Mankono

 

Yaya, héros de ce temps inhumain

qui t’oublie déjà

j’écris ton nom ici

Yaya Karamoko

 

Anne SOY  

 

 

 

Yaya

Yaya Karamoko

tenías veintiocho años

naciste en Costa de Marfil

te ahogaste en el Bidasoa

sólo querías vivir en Europa

ayudar a tu familia a sobrevivir en casa

 

Pasar de un país al otro

una frontera

un mar

un muro

un río

 

Un río costero

torrencial

el Bidasoa

en las lindes de España y Francia

Yaya, no volverás a Mankono

 

Yaya, héroe de este tiempo inhumano

que ya te olvida

aquí escribo tu nombre

Yaya Karamoko

 

Traduction par Miguel Ángel Real

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