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Billet de blog 1 août 2018

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La loi "Asile et Immigration" adoptée le 26-7-18 : 2ème HONTE

Les déplacements de population actuels ne sont rien au regard de ce qui nous attend, et la nouvelle loi immigration qui ne va que dans le sens de l’utilisation de phobies d'"invasion" ne résoud ni le besoin d’accueil ni celui d’une politique internationale concertée afin d’aboutir à la paix et l’équité…

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Autruches : N’avons-nous pas remarqué que sur notre pauvre monde, là où ça ne crame pas, ça s’inonde ou ça se désertifie ou se pollue dangereusement ?…typhons, tsunamis, montée des eaux… n’épiloguons pas sur ce sujet, connu…et mésestimé, parlons d’exil écologique.

La sinistre blague est :« Ne vous inquiétez pas… on ira sur mars chercher de l’eau !» ou «Préserver l’environnement ? Ça coute cher !!! »

Pigeons : La logique de notre acceptation face à la rapacité de l’oligarchie qui a une vue à court terme, est que les désastres écologiques ne vont pas s'arranger : les déplacements de population vont s'amplifier. Et ce fait va s’accentuer avec les conséquences des accords internationaux renforçant le pouvoir des multinationales, annihilant la démocratie en passant par-dessus les souverainetés nationales.

Ces accords iniques pénaliseraient les états qui voudraient mettre en œuvre une planification écologique et entraveront l’action de la société civile qui pourrait entrer en résistance en élaborant des alternatives salvatrices...Donc, avec eux point de salut!

Pourquoi le flux des migrants économiques n’est jamais mis en relation avec  le fameux APE signé par l’UE avec l’Afrique? (https://reporterre.net/L-Europe-impose-a-l-Afrique-un). Ces accords encore plus désastreux que le TAFTA ou le CETA* font tout le contraire que d’aider ces pays à s’en sortir, comme s‘il y avait intérêt à les laisser dans la mouïse …

Allons par là… dans la démocratie, y aurait-il quelque chose qui gênerait Bolloré, Bouygues, ou Vinci ou je ne sais quel fabricant de batterie, chercheur de métaux rares ???

Si les états africains étaient enfin démocratiques, ils s’attaqueraient au problème climatique en contraignant les pays émetteurs de CO2 à respecter leur engagements de baisse d’émission, en luttant contre les déforestations, en campagne de reverdissement du désert, en subventionnant correctement leur agriculture, en investissant dans une industrie propre … le flux des migrants ne tarirait-il pas ???

Pourquoi l’ONU ne joue pas son vrai rôle de pacificateur ? Si les guerres civiles, le terrorisme, les despotes corrompus au pouvoir étaient arrêtés, le pillage de l’Afrique serait-il si aisé ?

Regardons par là…  Par ex. « l’élection » du despote Pierre Nkurunziza (Burundi) a elle été acceptée par l’UE ?https://blogs.mediapart.fr/alexis-dieth/blog/260416/l-election-des-despotes-africains-est-elle-un-progres-de-la-democratiehttp://brazzanews.fr/2018/03/plainte-blanchiment-international-lavocat-william-bourdon-denonce-investissements-de-proches-de-despotes-africains-quebec/

Jean-Joseph Boillot mérite d’être entendu : https://www.alternatives-economiques.fr/jean-joseph-boillot/afrique-trois-idees-recues-cinq-solutions/00081928

« Cela concerne les politiques d’ajustement structurel imposées par le monde occidental dans les années 1990, largement soutenues par l’Europe et la France, et souvent guidées contre les expériences de socialisme africain comme celle précisément au Burkina Faso de Thomas Sankara, assassiné en 1987 avec une responsabilité incontestable des services secrets français.

L’échec des politiques menées par le Fonds monétaire international (FMI) – avec l’appui systématique de dictateurs ou assimilés – a d’ailleurs été reconnu officiellement par Christine Lagarde lors de ses tournées africaines récentes. Elles ont notamment eu pour effet de détruire le peu de structures étatiques et de filet de protection sociale des populations, reportant sur les familles et les communautés ethniques la charge de procurer les sécurités économiques et humaines de chacun.

Point n’est besoin d’aller donner des leçons aux Africains sur ce qu’ils devraient faire. Contentons-nous ici des mesures que les Européens pourraient prendre pour créer un jeu gagnant-gagnant avec l’Afrique car c’est bien sûr de notre intérêt, au-delà de nos préoccupations humanistes légitimes. Et il suffit de s’appuyer sur les meilleurs travaux des économistes pour en trouver ne serait-ce que cinq qui changeraient la donne de l’Afrique.

Cinq mesures pour une politique européenne en Afrique

1- D’abord, cesser d’avoir des monnaies surévaluées, et notamment dans la zone franc CFA. La stabilité garantie par le franc CFA est un des pires arguments déflationnistes de la littérature économique. Si la dévaluation surprise de 1994 a été très mal vécue par les populations de la zone CFA, ce n’est pas la dévaluation en elle-même mais la totale opacité avec laquelle on l’a décidée et conduite face à des populations non informées. Du reste, c’est actuellement le cas avec les rumeurs persistantes d’une nouvelle dévaluation du CFA.

2- Ensuite, mettre fin au véritable dumping des produits agricoles européens totalement subventionnés dont les produits laitiers, la viande, mais aussi les céréales et tous les produits transformés qu’on trouve dans n’importe quelle supérette de quartier ou rurale. Tout particulièrement dans le monde francophone comme en plein désert autour de Niamey ou dans les épiceries de Bangui, avec sur les étals des poulets bretons moins chers que la production locale. Des millions d’emplois ruraux sont ainsi détruits chaque année en Afrique, d’autant plus stupidement qu’ils sont aussi supprimés en Europe au nom d’une agriculture compétitive et totalement synthétique avec les conséquences écologiques et biologiques que l’on connaît.

3- Mettre fin à la logique absurde des accords de libre-échange imposés par Bruxelles mais aussi par Paris en échange notamment de la poursuite des financements européens dits d’aide au développement ou de politiques généreuses bien illusoires de visas. Un économiste du développement, Dani Rodrik, a notamment publié des études lumineuses sur la désindustrialisation de l’Afrique non seulement en raison de la concurrence chinoise mais à cause de l’absence totale de protection des industries dans la plupart des pays, alors que la Chine et l’Inde précisément ont fait face à leur transition démographique à l’abri de barrières douanières substantielles. Mais ce sont des géants qu’on est obligé de respecter alors que l’éclatement en 54 pays de l’Afrique et les réseaux de dépendance créés avec les élites au pouvoir mettent le continent souvent à genoux. Le président français a en outre oublié de mentionner dans son discours l’incroyable excédent commercial de la France avec les pays de la zone francophone, alors que tout économiste sait le contenu en emploi que cela représente.

4- Arrêter le pillage des matières premières qui est loin de s’atténuer si on examine les volumes d’échanges de l’Afrique avec l’Europe. Pour cela, une mesure simple est la taxation inversement proportionnelle à la transformation des produits, à l’instar de ce que fait l’Inde pour ses ressources naturelles comme le fer ou la bauxite. L’Europe doit y souscrire et faire respecter la discipline aux frontières pour le contournement des règles. Le bois brut africain continue ainsi d’alimenter l’Europe en toute impunité. Cela concerne aussi la relation entre corruption, prédateurs et mauvaise gouvernance, comme en ce moment au Congo avec le président Kabila qui retarde les élections depuis des années tandis que son contrôle sur les permis d’exploitation n’a cessé de se renforcer. Le paquet de mesures comprises dans la fameuse Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) n’est toujours pas un engagement européen et Bruxelles fait la sourde oreille.

5- Stopper, enfin, la fuite des capitaux qui viennent d’Afrique. On dispose d’informations de plus en plus précises grâce à des organismes comme l’ONG Global Financial Integrity. Comme Alternatives Economiques le soulignait dès 2010, l’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée du monde avec des centaines de milliards de dollars accumulés à l’extérieur. Les timides mesures prises en France contre les « biens mal acquis » ne sont rien à côté des capitaux qui manquent à l’Afrique pour créer les emplois nécessaires par l’intermédiaire du financement des infrastructures mais aussi d’une demande domestique souvent trop déprimée pour offrir un marché domestique attractif.

Plus largement, la théorie économique dit qu’une zone riche en vieillissement dégage un excédent d’épargne qui doit aller financer les besoins d’investissement d’une zone jeune en développement. C’est en réalité l’inverse qui se produit entre l’Europe et l’Afrique, notamment si on exclut les fonds rapatriés depuis quelques années par les migrants. C.Q.F.D. Une des composantes de la crise migratoire actuelle est tout simplement la revanche du pauvre sur la filière inversée de l’épargne. La théorie économique nous dit aussi que la migration n’est fondamentalement pas une bonne chose pour le développement d’un pays puisque le meilleur du capital humain s’en va. Et, là encore, les expériences chinoise ou indienne prouvent que l’utilisation du capital humain a représenté un double gain pour leur décollage avec de faibles flux migratoires, tout particulièrement en Chine d’ailleurs.

* avez-vous remarqué que nous allons avoir droit au JEFTA (l’équivalent du TAFTA mais avec le Japon) qui sera signé par le parlement européen sans passer par les parlements nationaux : nous sommes en démocratie, croyez-vous ???

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