Annick V
Lectrice, rêveuse, révoltée
Abonné·e de Mediapart

56 Billets

1 Éditions

Billet de blog 10 janv. 2020

Annick V
Lectrice, rêveuse, révoltée
Abonné·e de Mediapart

Retraite à points etc.

Cette contre-réforme des retraites, on n’en veut pas, c’est entendu – sauf par les escrocs assassins qui nous gouvernent. Nous avons tous compris que la retraite à points était une énorme arnaque. Pour autant, on n’a pas tout dit sur le sujet.

Annick V
Lectrice, rêveuse, révoltée
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Cette contre-réforme des retraites, on n’en veut pas, c’est entendu – sauf par les escrocs assassins qui nous gouvernent.

Nous avons tous compris que la retraite à points était une énorme arnaque.

Nous avons tous pu voir que le régime prévu n’aurait d’universel que le nom (c’était le prétexte pour tout casser), puisqu’en sont déjà exceptés l’armée, la police et d’autres professions dont la capacité de nuisance est supérieure à la moyenne.

Nous savons que les pays déjà victimes d’un tel système (Allemagne, Suède) ont un taux élevé de retraités pauvres.

Nous savons tous que notre système actuel, certes perfectible, est néanmoins viable et pour longtemps (cf par exemple le communiqué publié par des salariés de l’insee). https://blogs.mediapart.fr/romaric-godin/blog/171219/des-salaries-de-linsee-mobilises-contre-la-reforme-des-retraites

La mobilisation durable de centaines de milliers de citoyens, ainsi que les sondages, montrent assez que le projet est à jeter.

Pour autant, on n’a pas tout dit sur le sujet.

Je lis sur le site du gouvernement : « Les retraités d’aujourd’hui ne seront pas concernés par la réforme. » et « Les Français qui seront à moins de 5 ans de l’âge de départ à la retraite au moment de l’adoption de la loi ne seront pas concernés. »

Une loi ne peut avoir d’effet rétroactif, et les précédentes réformes des retraites n’ont pas affecté ceux qui étaient déjà en retraite. Mais ces réformes étaient plutôt des ajustements « paramétriques » comme il est convenu de les appeler, c’est-à-dire augmentation de l’âge minimum, de la durée de cotisation, des taux de cotisations…

Cette fois-ci, il s’agit d’un total bouleversement. Nous aurions donc bientôt (j’emploie le conditionnel, car je suis encore déterminée à empêcher ce crime) une partie importante des retraités « bénéficiant » de la pension actuelle, et de nouveaux retraités devant subir la retraite à points. Sans parler du gâchis de gestion de faire coexister deux systèmes, on verrait les nouveaux entrants s’appauvrir au fur et à mesure que le point baisse, ce qui ne tarderait pas, tandis que les autres seraient protégés. Il serait à craindre que le climat social ne s’améliore pas et conduise même à une ambiance de guerre civile.

Le capitalisme prédateur, de plus en plus mortifère, appauvrit de jour en jour les salariés, sauf les plus riches, et jette de plus en plus d’actifs au chômage, notamment parmi les seniors. La démographie fait peser une charge de plus en plus lourde sur ces actifs pressurés. Si la réforme passe, les chômeurs âgés vont l’être plus longtemps – chômeurs, pas âgés (il est probable au contraire qu’ils meurent plus jeunes). Et les retraités pauvres vont se multiplier, tandis que d’autres ne seront pas impactés. C’est explosif.

Soyons sûrs que cela n’a pas échappé au gouvernement, dont c’est vraiment le dernier des soucis et qui est déjà bien entraîné à la répression de la révolte.

Mais s’ils la trouvent si bonne, leur réforme, pourquoi ne l’appliquent-ils pas à tous, y compris ceux qui sont déjà en retraite (j’en fais partie) ? Cela serait plus simple, plus juste.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Europe
Le jour où le post-fascisme a pris le pouvoir en Italie
Le parti de Giorgia Meloni a largement dominé les élections italiennes du 25 septembre. La coalition de droite devrait obtenir une majorité absolue au Parlement. Le résultat de décennies de confusionnisme et de banalisation du fascisme dans lesquels se sont fourvoyés tous les mouvements politiques de la péninsule.
par Ellen Salvi
Journal
UBS : quand Bercy se refuse à indemniser une lanceuse d’alerte
Sans Stéphanie Gibaud, il n’y aurait pas eu de scandale UBS. Alors que l’État a récupéré des milliards grâce à ses informations permettant de mettre fin à l’évasion fiscale de la banque suisse, le ministère des finances se refuse à l’indemniser. Le tribunal administratif lui a demandé de reconsidérer sa position. Bercy a fait appel.
par Martine Orange
Journal — Santé
En Mayenne : « J’ai arrêté de chercher un médecin traitant »
En Mayenne, des centaines de personnes font la queue pour un médecin traitant. Dans ce désert médical, le nombre de médecins n’est pas suffisant face à une énorme demande. Inciter les médecins à s’installer dans des zones sous-dotées ne suffit peut-être plus. Certaines voix prônent une autre solution : la contrainte. 
par Célia Mebroukine
Journal — Moyen-Orient
Des Russes désertent vers la Turquie pour ne pas « mourir pour Poutine »
Après que le président russe a décrété la mobilisation partielle des réservistes pour faire face à la contre-offensive de l’armée ukrainienne, de nombreux citoyens fuient le pays afin de ne pas être envoyés sur le front. 
par Zafer Sivrikaya

La sélection du Club

Billet de blog
La gauche en France doit sortir de son silence sur la guerre en Ukraine
[Rediffusion] La majorité de la gauche en France condamne cette guerre d'agression de l'impérialisme russe, demande le retrait des troupes russes de l'Ukraine. Mais en même temps reste comme paralysée, aphone, abandonnant le terrain de la défense de l'Ukraine à Macron, à la bourgeoisie.
par Stefan Bekier
Billet de blog
Ukraine : non à la guerre de Poutine
Face à la guerre, la gauche au sens large a pris des positions divergentes, divergences largement marquées par des considérations géopolitiques. Le mot d'ordre « non à la guerre de Poutine » permet d'articuler trois plans : la résistance des Ukrainiens contre l'agression russe, les mobilisations contre la guerre en Russie, la course aux armements.
par denis Paillard
Billet de blog
Tenir bon et reprendre l’offensive
Sept mois de guerre et d’atrocités en Ukraine, un peuple héroïque qui ne rompt pas et reprend l’initiative. La perspective, même lointaine, d’une libération de l’Ukraine devrait faire taire ceux qui théorisaient l’inaction devant les chars russes, validant la disparition d’un peuple et de ses libertés.
par Yannick Jadot
Billet de blog
Chéri, je crois qu’on nous a coupé le gaz !
Depuis quelques mois, la discrète Roumanie ravitaille le reste du monde. Le plus grand port de la mer noire s’érige au nom de Constanța. Les affaires battent leur plein. Les céréales sont acheminées dans des wagons sans fin. Aujourd'hui, comment vit-on dans un pays frontalier à l'Ukraine ? Récit de trois semaines d'observation en Roumanie sur fond de crise énergétique et écologique.
par jennifer aujame