Opprobre sur le probe François Fillon

Nous demandons à Monsieur Fillon d’appliquer ses principes de probité et d'austérité à lui-même et de renoncer de son plein gré à candidater aux élections présidentielles.

Un des candidats à la présidentielle de 2017, François Fillon, est soupçonné d'avoir rémunéré sa femme comme collaboratrice parlementaire et ce, pendant 8 ans. Quand on se réfère à des déclarations récentes de l'intéressée (je suis femme au foyer, je ne m'intéresse pas à la politique) ou aux déclarations de proches, il semblerait que ce poste avait des allures d'emploi fictif. Invité à s'expliquer sur TF1, François Fillon a assuré, la main sur le coeur, que sa femme a travaillé avec acharnement (elle aurait même commencé à travailler gratuitement) et qu'il lui est arrivé d'embaucher ses deux enfants, comme avocats. Vérifications faites, il semblerait (de nouveau) qu'au moment des faits évoqués, les enfants n'avaient pas fini leurs études de droit. 

Monsieur Fillon dit qu'il ne renoncera pas à candidater à la présidentielle, à moins d'être mis en examen. En fait, il dit exactement "qu'il démissionnera" s'il est mis en examen: démissionner de quoi, cela est bien confus, à moins qu'il n'est déjà prévu d'être élu puis mis en examen, mais ça non plus ça ne tient pas, puisque pour l'instant en France, le chef de l'Etat bénéficie d'une inviolabilité. 

Il dit aussi qu'il n'admettra aucune critique concernant cette affaire, qu'il poursuivra les médias qui ont relayé cette information. Bien loin de s'excuser, il affirme haut et fort, son droit à embaucher sa famille sur des deniers qui viennent de l'Etat. 

Ce refus à se remettre en question, autant que cette gestion pour le moins douteuse de fonds publics ne sont pas dignes d'un candidat à la présidence, surtout d'un candidat qui fait sien un discours d’austérité et de probité, lançant régulièrement des anathèmes contre les plus faibles ou les fonctionnaires.

 

Nous demandons à Monsieur Fillon d'appliquer à lui-même ses propres principes et de renoncer de son plein gré à candidater aux élections présidentielles. 

 

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