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Billet de blog 28 avr. 2019

Il est beau votre rempart contre le Front National !

En 2017, Médiapart ne s'est pas privé de faire la leçon à ceux qui refusaient de voter Macron au second tour. C'était risquer d'élire Le Pen et de voir notre démocratie se dégrader. On est heureux de constater aujourd'hui ô combien le traitement des migrants s'est humanisé et comme notre démocratie s'est améliorée. Oh wait ! C'est le contraire qui s'est passé. Damned !

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En période électorale, les électeurs ont toujours tort. Soit ils ne vont pas voter - les inconscients -  soit ils votent à tort et à travers. Ils s'appliquent à ne pas écouter les consignes des éditocrates éclairés de tout bord, qui lors de ces moments particuliers se trouvent toujours dans une curieuse unanimité de circonstance. De la pensée unique à tous les étages, conspuant les malcomprenants, les irresponsables qui ne votent pas comme on leur dit de faire. On se souviendra à cet égard longtemps du référendum sur le traité européen de 2005 et de l'entre deux tours des présidentielles de 2017. La machine médiatique s'est emballée, jusqu'à se montrer ignoble dans certains cas.

Nous sommes aujourd'hui en pleine dérive autoritaire d'un pouvoir, qui non content de gouverner à la va-vite, avec les bons outils que lui permettent la 5eme république,  se retrouve à la tête d'un bilan répressif - mention très honorable - dans la gestion des manifestations. Ils utilisent des armes de guerre contre les manifestants, en estropient quelques uns, en claironnant à qui veut l'entendre que c'est bien leur faute, ils n'avaient qu'à pas être là. Et, au passage, on vise et on arrête un peu les journalistes. Montrer les violences policières c'est mal. Faut se concentrer sur les débordements des manifestants.
Il a fallu en arriver là, pour que dans certaines rédactions on se sente un peu concerné par les excès qui ont lieu depuis le 17 novembre 2018.

On a quand même une dame qui est morte parce qu'elle a pris une grenade dans le visage alors qu'elle était chez elle au 4eme étage. L'opération qu'elle a du subir après coup l'a tuée. Et c'est quoi la réaction des autorités : c'est pas la grenade qui l'a tuée, mais l'opération, elle était fragile. Euh pardon, mais si Zineb Redouane n'avait pas du se faire opérer à cause d'une grenade qu'elle a reçu dans le visage, ben, elle ne serait pas morte sur une table d'opération. C'est assez simple. Pas en France. Pas avec notre justice Française, qui à la place a demandé aux experts de déterminer l'incapacité totale de travail de la victime - une défunte [Le Parisien, 24 avril 2019]. On nage en plein délire.

Bref, nous sommes donc dans un régime à la dérive — notre ex-rempart contre le FN —  et sous savez quoi ? Se profile une élection européenne. Alors l'élection européenne, c'est une occasion pour les média dans leur ensemble, de se montrer désagréable vis à vis de la population qui ose critiquer l'Europe. Critiquer l'Europe c'est populiste, c'est faire le lit du Front National et patati et patata. Et vous savez pourquoi elle progresse la droite extrême en ce moment : à cause de ça, des débats interdits. Si les démocrates ne s'emparent pas des questionnements des gens autrement qu'en leur disant que se sont des ânes qui ne comprennent rien à rien, les ânes iront soit bouder (ne pas voter) soit brouter ailleurs. L'Europe est critiquable. Et elle doit être critiquée. Ça doit pouvoir se faire de manière constructive.

Je ne me fais pas d'illusion. Une grande partie des média loupent systématiquement et magistralement les grand rendez-vous électoraux en se voulant prescripteurs de la pensée dominante. Les mauvaises habitudes ne se changent pas en un claquement de doigt. Mais j'ose espérer que les lignes vont un peu bouger. Et que débat, il y aura, en laissant si possible la condescendance au vestiaire.
Et arrêtez de nous parler de rempart pour nous faire voter pour des gens dont on ne partage pas les idées. Les remparts, il n'y en a pas, quand le poison est structurel - c'est à dire que les dérives constatées ne peuvent être corrigées tant que le système reste en l'état. Parce qu'en l’occurrence votre dernier rempart, il était en papier et il a cramé bien avant Notre-Dame.

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