L'énigme de Flatey se déroule dans l'Islande des années 60, en un lieu reculé, desservi une fois par jour par le bateau postal : l'ile de Flatey. Un père et son fil, alors qu'ils relevaient leurs filets à phoques, trouvent un matin sur une des iles alentour - Ketilsey - un cadavre tel que les aime Bones : avec pratiquement plus que les os. Ainsi débute l'énigme de Flatey, sur des ossements ramenés d'une ile inhabitée à une ile peu habitée. L'intrigue s'écoule du mercredi 1er juin 1960 au mercredi 8 juin 1960. Une semaine qui paraitra longue au jeune sous-préfet dépêché sur place pour récupérer le corps et rendre compte de la situation.
Si j'ai avalé les deux dernières journées d'un trait - le dénouement était proche - j'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre. J'ai du le trainer plus d'un mois, si ce n'est deux. Les raisons en sont diverses, à commencer par un coup de fatigue qui a duré et qui se serait fait sentir sur n'importe quel autre livre également.
Mais pour moi, la difficulté première malgré tout, a été de ne pas pouvoir lire certains noms - et les noms sont parfois très longs en Islandais. Le traducteur a choisi de garder la graphie Islandaise et je me suis retrouvée comme une cloche. Ne sachant pas comment ça se prononçait, je me suis retrouvée dans la peau d'une handicapée linguistique : tu ne connais pas le son, tu ne sais pas lire le mot. Les ð et les Þ ne me parlaient pas. Alors j'ai cherché sur internet. Et j'ai trouvé des réponses. Mais finalement, ça ne m'a pas beaucoup aidée (des sons pas très usuels pour une Française). Moi je voulais lire un roman policier. Pas prendre un cours de prononciation de l'Islandais. Alors le pasteur Þormóður Krákur je l'ai transformé en Formodur Krakur. Pour finir, après quelques chapitres, par avoir la clé de la prononciation des ces lettres par une note de bas de page (pas trop tôt !). Mêmes explications que celle trouvées sur internet et qui m'avaient laissée totalement froide. Je m'en suis tenue à mon "f" et mon "d".
Deuxième difficulté : le livre de Flatey à partir duquel a été construite la fameuse énigme. Il raconte les sagas islandaises. Et ça aussi, ce n'est pas ma tasse de thé. Machin qui décapite truc, qui évissère chose et empoisonne truc-machin-chose, pour au bout du compte obtenir une lettre en réponse à une question. Au départ, et pendant longtemps ça m'a déconcertée, de voir ce truc qui n'avait rien à voir avec la choucroute - c'est à dire comment notre cadavre en était arrivé là - finir chaque chapitre. Et oui, un petit peu de barbarie pour clore chaque morceau du roman. Un vrai bonheur !
Mais, car il y a un mais, j'étais retenue par l'ile. Eh oui, cette ile et ce retour dans le temps - les embruns d'une époque. Ça, ça me parlait. La galerie de personnages, la vie dure dans un milieu peu hospitalier, l'éloignement de l'agitation de la ville, la petite communauté où tout le monde connait tout le monde. Et j'ai tenu avec ça, l'intérêt que je leur portais, la vie qu'ils menaient, ce qu'ils mangeaient, ce qui les animait. Une toute petite ile avec une conserverie et une bibliothèque. Et toute sorte de gens. C'était comme si une caméra avait franchi les portes du temps et nous avait montré en direct la vie sur l'ile de Flatey, en 1960.
Et l'intrigue dans tout ça ? Pendant longtemps, le lecteur reste dans un brouillard total. Franchement, on patauge grave ! Et alors, cerise sur le gateau, l'auteur se met à tordre joyeusement le cou au trio infernal : "mobile, moyen, opportunité". Ça aussi, ça m'a plu énormément. Et même si les sagas islandaises ne m'ont pas transportées, je dois dire qu'au final, cette énigme de Flatey m'a soufflée. Aucune fatigue hier soir n'aurait pu me faire lacher mon bouquin. Férée j'étais. Jusqu'au bout j'irai ! Et j'ai été.
Très contente d'avoit tenu. Très contente d'avoir terminé. Et de savoir. Enfin !