Pierre Jacque, le terrain miné de l'Education Nationale

Le 1er septembre 2013, la veille de la rentrée des professeurs, Pierre Jacque, enseignant au Lycée Antonin Artaud à Marseille se suicide, en laissant une lettre à charge, circonstanciée, argumentée, contre l’Education Nationale et les réformes récentes qui tuent le coeur de ce métier dans lequel il voulait se reconnaître.

1/ Premier entretien avec Antoine Hollard, collègue de Pierre Jacque, octobre 2013.
Egalement syndiqué au SNES, il revient sur ces pratiques de terrain imposées et subies, sans "sens global", les évaluations CCF et autres, véritables impostures institutionnalisées, les élèves et un niveau de plus en plus problématique, à qui on demande de "construire leur propre savoir"... de l’incapacité des syndicats aussi, à s’approprier le champ des réformes...

https://soundcloud.com/annieclaudejeandot/pierre-jacque-le-terrain-mine-de-leducation-nationale-1?utm_source=soundcloud&utm_campaign=share&utm_medium=email

2/ Voir les reflexions de Roland Gori, Samy Johsua et Erwan Redon dans l’émission
"gestion néolibérale à l’école, on achève bien les hommes", par annie-Claude Jeandot.

http://www.millebabords.org/spip.php?article24627

3/ Antoine Hollard, collègue et syndicaliste, reprend la parole un an après, pour expliquer les démarches, difficiles, effectuées cette année dans leur établissement pour que ce suicide soit reconnu comme "imputable au service"

Questionnements des syndicalistes SNES mis en cause, tergiversations et/ou défaussements des corps administratifs et inspectoraux, pressions institutionnelles... Mise en place d’ateliers de pratiques professionnelles avec Yves Clot, le Cnam et le Snes ...
Peut-être la voie pour se réapproprier un métier que les gestionnaires et l’idéologie en place dénaturent à coup d’évaluations inopérantes et d’impostures orchestrées. En attendant, la réforme incriminée suit son cours, comme les gosses, comme les profs... Sans Pierre Jacque.

https://soundcloud.com/annieclaudejeandot/pierre-jacque-le-terrain-mine-de-leducation-nationale-par-son-collegue-antoine-hollard?utm_source=soundcloud&utm_campaign=share&utm_medium=email

 

L’ épouse de Pierre Jacque, enseignante aussi, citait Dostoïevski, dans Souvenirs de la Maison des Morts :
"Si l’on voulait réduire un homme à néant, le punir atrocement, l’écraser tellement que le meurtrier le plus endurci tremblerait lui-même devant ce châtiment, et s’effraierait d’avance, il suffirait de donner à son travail un caractère de complète inutilité, voire même d’absurdité."

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