« La politique ne sert pas à s’enrichir » disait, il y a quelques jours, François Patriat, le sénateur socialiste de Côte-d’Or. Il ne faisait que reprendre le chœur des vierges farouches, que nous entendons depuis des années, à chaque fois que l'un d'entre eux se fait prendre la main dans le pot de confiture.
Et la confiture, cuite et recuite, commence diablement à sentir le cramé. Ses effluves acres, montent jusque dans les derniers étages des HLM de lointaines banlieues, jusque dans les provinces françaises, sises à mille lieues des salons parisiens.
Pas malin, de leur avoir donné le haut débit à tous ces ploucs, la PQR (presse quotidienne régionale) et la tv ne leur en contaient pas tant, dans l'temps !... On pouvait enterrer les "affaires" en toute tranquilité et les confitures étaient bien gardées, dans les confituriers poinçonnés et dûment estampillés de la république.
Tiens, ce matin on nous causait dans l'poste de radio, pourtant estampillée NF, que le petit gars à Fabius s'est offert un appart à 7 briques, alors que la pauvre est tellement dans la dèche, qu'il n'est même pas redevable de l'impôt sur le revenu. Quasiment un collègue de pauvre. Dans la solidarité, moi ça m’émeus (comme disais l'autruche) surtout, quand je viens de recevoir ma feuille de déclaration d'impôts, qu'avec 9000€, annuels (!) sous le seuil de pauvreté, et que mon allocation logement vient de se réduire à peau de chagrin.
Puis dans un deuxième rabord, ça me rappelle quelque chose... Ma fille ainée étant éducatrice de jeunes enfants, il me semblais bien, qu'un temps, le fils Fabius était dans le créneau de crèches.
Mais peut-être est-ce un autre fils ? Alors je regarde sur Internet et là, j'obtiens confirmation.
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2007-01-17/thomas-fabius-pionnier-des-creches-d-entreprise/916/0/35126
Ah ! Le libéralisme dans les crèches... Une bien belle idée !
Mais pire, le petit gars était déjà, il y a trois ans de ça, dans l'oeil de la brigade financière.
Le fils de Laurent Fabius en garde à vue à Paris
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/06/thomas-fabius-en-garde-a-vue-a-paris_1288231_3224.html
Thomas Fabius a par ailleurs été condamné en juin 2011 à 15.000 euros d'amende, dont 10.000 avec sursis, pour abus de confiance par le tribunal correctionnel de Paris.
Plus exactement dans l'oeil de la BRDA, la brigade de répression de la délinquance astucieuse ! J'avais découvert cette fameuse brigade dans un article de Martine Orange, ici même, je crois et cela m'avait donné une irrépressible envie de m'esclaffer, tant le terme m'avait paru incongru. Ils n'ont pas dû le garder au frais longtemps, le Thomas, puisque ce n'est pas à la Santé qu'il séjourne, mais dans les beaux quartiers parisiens... Tracfin (encore un nom hilarant) l'avait tout autant dans le colis-mateur, mais il court, il court le furet. Le parquet, quant à lui bien vermoulu, n'y a pas vu malice non plus et a passé la serpillère, bien trop occupé à chasser les petites voleuses roumaines du métro. Sans doute.
Google étant mon ami, je suis allée me payer une bonne tranche de rigolade sur mon autre ami Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Brigade_financi%C3%A8re
Histoire de voir à quoi étaient si bien occupés, tous ces gens là.
La brigade financière est l'une des divisions de la police judiciaire parisienne (P.J.). Elle fait partie de la sous-direction des Affaires économiques et financières (SDAEF). Elle est spécialisée dans la délinquance en col blanc*. Elle se situe au 122, rue du Château-des-Rentiers à Paris XIIIe, d'où son surnom de « Château des rentiers ».
Quand je vous disais que c'était du plus haut comique...
Comme je ris quand même jaune, surtout avec l'accumulation des "affaires"...
Et bien que, sans doute dans un souci louable de nous épargner, Mediapart avait prévenu qu'il allait encore balancer, par la voix chevrottante d'émotion d'Edwy, sur différents média, mais qu'il n'en est rien, sinon la montée des abonnements (et le vol de nos RIB par des hackers...) Bien que le Monde, idem, sans doute pour nous préserver de cauchemars, a fait de même avec les fameuses révélations de l' Offshore Leaks...
Je me pose des questions.
Ce doit-être pour toutes ces questions, que je souhaite la mort définitive de cette Veme République, réellement pourrie. Que je souhaite une réelle justice. Un grand coup de balai dans cette fourmilière nauséabonde. Une réelle éducation populaire sur nos institutions. Un gouvernement réellement populaire, où ceux qui y œuvreraient, très temporairement (2 mandats au maximum) révocables et punissables à tout manquement à l'éthique, seraient justement rémunérés en toute transparence, comme tout salarié qui se respecte, en CDD (contrat à durée déterminée) dans les mêmes termes de lois. La politique ne serait plus un métier, on s'y engagerait comme on accomplit un mandat associatif (loi de 1901).
On pourrait alors, réellement dire : « La politique ne sert pas à s’enrichir » !
Pour une VIeme République ! Une Constituante ! Plutôt que la montée des fascismes, si nous ne réagissons pas.
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*C'est ça, les cols blancs : La criminalité financière est un domaine particulier de la criminalité. Elle désigne les activités financières illégales, échappant aux lois des différents pays. On parle aussi d'escroquerie et de « criminalité en col blanc » (le col des travailleurs de bureau, par opposition au col bleu des travailleurs manuels). Elle n'inclut généralement pas l'escroquerie pratiquée envers les particuliers, même si celle-ci est bien souvent à caractère financier, mais plutôt les délits commis à la faveur d'un emploi dans un organisme (association, entreprise, parti, syndicat...), souvent au détriment de celui-ci.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Criminalit%C3%A9_financi%C3%A8re
(dans la bibliographie) : Rapport d'information à l'Assemblée nationale par la mission d'information commune sur les obstacles au contrôle et à la répression de la délinquance financière et du blanchiment des capitaux en Europe, 30 mars 2000, sous la présidence de ...Vincent Peillon !
Nicolas Sarkozy, dans son discours sur la crise financière à New York, a demandé des sanctions contre les responsables de la crise financière. Or :
1. Il est à l'origine de la mise en place de la commission Coulon sur la dépénalisation du droit des affaires par Rachida Dati. Voici les propositions de la commission :
• Allègement de la répression de la récidive des personnes morales alors que dans le même temps, celle des délinquants récidivistes de droit commun est alourdie.
• Création d’un tribunal d’exception pour statuer en matière d’infractions boursières, composé de deux assesseurs supplémentaires, désignés par arrêté conjoint des ministres de l’Économie et des Finances et de la Justice. Cette proposition permet au gouvernement de composer directement les juridictions statuant sur les enjeux financiers les plus importants.
• Homologation par le parquet, qui dépend hiérarchiquement du Garde des sceaux, des transactions proposées par le Conseil de la concurrence.
• Développement, au bénéfice des personnes morales, des procédures de jugement en catimini par le plaider coupable ou la composition pénale, empêchant tout véritable débat public et contradictoire.
• Modification des règles de prescription pour les délits, comme l’abus de biens sociaux. Cette modification des règles de prescription a pour but d’interdire toute action pénale en matière d’abus de biens sociaux, une infraction facilement dissimulable.
2. Il a, comme ministre de l'Intérieur, affaibli les effectifs des brigades financières de la police judiciaire.
3. Il est à l'origine de la baisse du nombre des affaires financières transmises par la police à la justice ces dernières années : -12,7 %
http://lajustice.blogs.liberation.fr/barella/2008/10/de-moins-en-moi.html
Où en est-on avec cette mise en place de la commission Coulon sur la dépénalisation du droit des affaires ?
Le changement dans cette cinquième République corrompue jusqu'au trognon, je n'y crois pas du tout.