Contre la banalisation du risque radioactif dans les sous-marins nucléaires

Contre la banalisation du risque radioactif

dans les sous-marins nucléaires

Communiqué à l’attention des journalistes de l’émission

« Ecouter le monde sous-marin » du 28 juillet 2015 (France Inter)

31 juillet 2015

« J’avais un missile au dessus de la tête et Je dormais entre deux missiles… dans un espace très étroit » indique le journaliste ayant reçu – comme une « faveur » – l’autorisation du ministère de la Défense de passer quelques semaines à bord d’un sous-marin nucléaire. Quant à sa collègue, première femme à avoir été gratifiée de la même « faveur », elle voit comme une évolution très positive, la perspective de la féminisation du statut de sous-marinier. Des femmes dans un sous-marin … Serait-cevraiment une avancée féministe ?

Cette émission, toute à la gloire du nucléaire militaire français, fait totalement abstraction des risques associés à la radioactivité présente dans ces bâtiments de la Marine nationale, du fait des missiles embarqués mais aussi de la propulsion nucléaire qui en assure le fonctionnement.

Nous, victimes irradiées de la construction, de la maintenance et de la surveillance des missiles nucléaires, nous tenons à exprimer notre indignation devant une telle banalisation des dangers subis par les travailleurs, civils et militaires, travaillant ou ayant travaillé, dans les sous-marins nucléaires, mais aussi sur la base de l’Ile Longue ou au Plateau d’Albion. Les cancers, leucémies, nécroses osseuses et autres pathologies radio-induites nous atteignent les uns après les autres, dans l’indifférence générale et le déni des autorités médicales et militaires. Des enfants de certains d’entre nous souffrent de graves malformations, comme à Iroshima et Nagazaki, comme à Mururoa, comme à Tchernobyl, comme à Fukushima…

Nous demandons aux journalistes de France-Inter de prendre contact avec nous afin de faire connaître à leurs auditeurs l’envers du décor, planté ce 28 juillet 2015 par les journalistes dans l’émission le temps d’un bivouac, intitulée « Ecouter le monde sous-marin ».

Contacts :

Francis Talec, francis.talec@orange.fr (Antenne des irradiés des armes nucléaires de l'association Henri Pézerat)

Leny Paris, lenyparis@gmail.com (Association des victimes du Plateau d'Albion)

Annie Thébaud-Mony, annie.thebaud-mony@wanadoo.fr (Association Henri Pézerat)

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