Licenciée pour avoir perdu son bébé

Ayele a 33 ans. Elle est caissière. Le 8 juin 2016, à 4 mois et demi de grossesse, elle rompt la poche des eaux au travail, en portant une pastèque sur le tapis de caisse.Les pompiers l'amènent immédiatement à l'hôpital. Elle perd son bébé... Et à peine un mois après son retour au travail, la direction la licencie sous prétexte d'erreurs de caisse.

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CGT LA COURNEUVE France

 

Ayele a 33 ans. Elle est caissière. Le 8 juin 2016, à 4 mois et demi de grossesse, elle rompt la poche des eaux au travail, en portant une pastèque sur le tapis de caisse. Les pompiers l'amènent immédiatement à l'hôpital. Pendant 5 jours, elle garde l'espoir de sauver son bébé mais un début d'infection oblige le corps médical à interrompre sa grossesse.

Son employeur, Marché O'Frais, est un supermarché de La Courneuve, spécialisé dans les dates limite de consommation. Les conditions de travail des caissières y sont particulièrement difficiles : vidéo-surveillance permanente, infantilisation par les responsables de caisse, isolement et pression au rendement.

Ayele a continué à travailler, malgré l'épuisement dû à ses conditions de travail, parce qu'elle avait besoin de son CDI pour que son enfant naisse dans un vrai logement. Elle a travaillé debout et toujours plus vite, pour répondre aux injonctions de sa responsable de caisse et de sa directrice Et comme elle était épuisée, comme elle le savait, elle a prévenu son employeur, en lui remettant un certificat de grossesse. La direction de Marché O'Frais a-t-elle alors aménagé le poste de travail d'Ayele, pour remplir son obligation de sécurité ? Absolument pas. Ayele a continué à travailler vite, toujours plus vite, sous la surveillance déstabilisante des caméras vidéo au-dessus des caisses et des vigiles de la société sous-traitante, jusqu'à l'accident de travail, fatal pour son bébé.

Et à peine un mois après son retour au travail, la direction la licencie sous prétexte d'erreurs de caisse. Au cours de l'entretien préalable, la directrice générale du magasin a dit explicitement qu'elle ne supportait pas que sa responsabilité dans la survenue de l'accident, soit questionnée au travers des questions des délégués du personnel. Elle a ajouté que c'était « SON entreprise ».

Le droit de propriété autorise-t-il de telles atteintes à la vie des femmes salariées ? La maternité est un droit, pas une faute professionnelle et l'employeur a des obligations vis-à-vis de tout-e salarié-e. L'une d'elles est l'obligation de protection de la santé et de la sécurité des salarié-e-s définie par l'article L4121-1du Code du Travail.

Nous, signataires de la pétition, exigeons :

  • La réintégration immédiate d'Ayele à son poste de travail.
  • Que la responsabilité de la direction par rapport à l'accident du travail d'Ayele fasse l'objet d'une enquête.
  • Au cas où des responsabilités seraient établies, nous demandons au procureur de la République d'engager des poursuites envers les responsables de l'accident.
  • L'inclusion dans le Code du Travail du droit à un aménagement de poste sur présentation d'un certificat médical pour toutes les femmes enceintes, notamment en cas de port de charge.

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