Jean Jouzel et les CEA-GIEC-EDF, II : quelques reposoirs de « l'énergie propre »

L'un des 8-9 rédacteurs sommitaux du GIEC Jean Jouzel n'a connu qu'un employeur, le Commissariat à l’Énergie Atomique. Depuis 2007 l'atome est donné mélangé avec les renouvelables par le GIEC/J.Jouzel/World bank comme "propre" puisque « non carboné ». Ce deuxième billet présente rapidement quelques reposoirs éternels de cette énergie « propre » puisque « non carbonée », à son amont, et à son aval

Ce texte est sur mon site en 2 parties : ici et .

(Ce billet suit "Jean Jouzel-I" : ici ou )

 

Plan :

L'Amont de l'atome :

        - l'Uranium un poison qui cache son jeux

        - Les gros tas du Niger, les jus du Kazakhstan, au moins 17 FAVL de France

        - l'uranium "appauvri"

L'Aval de l'atome :

        - Le centre Manche, "Soulaines", Morvilliers, le projet de Bure

 

L'amont de l'atome

Près des mines sont abandonnés les résidus d'extraction de l'uranium. C'est une roche finement broyée puis soumise à l'action de divers réactifs chimiques, humide, transformée/déséquilibrée (non stable) qui contient 80% de la radioactivité initiale soit environ 145 000 Bq/kg. Parmi ces descendants le radium 226 et le thorium 230 de périodes respectives 1600 et 80 000 ans sont tous les deux très toxiques. "Il en résulte que la décroissance radioactive de ces résidus est insignifiante à l'échelle humaine. Le stock considérable de radio-éléments inclus dans ces résidus ainsi que les flux importants qui en sont issus (bien plus élevé que ceux de toute installation nucléaire, accident majeur mis à part) nécessitent des protections... (...) ... Le traitement généralisé de ces déchets pour en extraire toutes les vies longues (Ra et Th) serait une solution extrême mais d'une faisabilité non démontrée et d'un coût sans doute démesuré vis à vis de la réduction de la nuisance réelle. Le rejet à la mer ... est impraticable, l'opinion publique et les accords internationaux n'acceptant pas cette hypothèse." (IPSN in Gazette Nucléaire n°145/146, , p. 27). Poisons toxiques pour l'éternité, fort taux, il faut bien appeler ces poudres par leur nom, des tas de FAVL (déchets dits « Faible Activité à Vie Longue).

L'uranium un poison qui cache son jeux

L'uranium est la mamelle du nucléaire, sa seule nourriture énergétique et financière. C'est un métal (très) lourd et qu'il soit U238, U235 ou U234 n'y change rien. Sur le plan chimique c'est par ingestion et inhalation qu'il est dangereux comme tout poison. Les composés insolubles inhalés restent dans le conduit respiratoire où ils produisent leurs dommages (émissions alpha, moins fréquentes que pour d'autres). L'uranium soluble est absorbé dans le sang d'où il est filtré par les reins. Une partie est éliminée, une partie va sur les os et une partie dans le foie. La première maladie (pour l'uranium non "enrichi") est l'affection rénale qui est l'organe cible. Elle amène à des néphrites très souvent irréversibles. Rappelons que nos reins qui représentent 0,5% de notre poids filtrent le plasma de notre sang 60 fois par jour. Les effets sur le système nerveux sont comparables à ceux des autres poisons métalliques que sont le mercure, le cadmium et le plomb. La CriiRad souligne que l'uranium n'est pas arrêté par la barrière hémato-méningée et qu'il se fixe dans le cerveau et le cervelet (ici diap. 60-61). Il a des effets génétiques parce qu'il va aussi sur les gonades. Le seuil de toxicité rénale officiel est 4,9 milligrammes pour une personne de 70 kg (chez le rat la dose létale est 204 mg par kg : perte de poids, hémorragies, système nerveux...).

L'uranium dit "appauvri" (en l'isotope énergétique/militaire 235, il est donc constitué surtout de l'U238) est nettement irradiant au contact et l'uranium naturel pur et "enrichi" évidemment encore plus. Pour l'U238 il y a compétition entre deux effets toxiques distincts, chimique et radiologique. Selon la directive Euratom 96/29 (art. 3.2 et tableau A) la limite à partir de laquelle une pratique comportant la manipulation d'uranium 238 (i.e. "appauvri") doit être déclarée est de 10 000 Bq/kg ou 10 000 Bq en activité totale. L'uranium appauvri a une activité massique plus de 1000 fois supérieure à cette limite réglementaire et seulement 0,7 gconduisent à dépasser la limite de déclaration sur l'activité totale (l'U238 pur sans descendants émet 12 420 Bq/g; CriiRad, ici diap. 62).

La CriiRad explique pour cette composante irradiante de l'uranium "appauvri" (en précisant que les modèles officiels sont très critiquables car basés sur le modèle d'irradiation externe d'Hiroshima-Nagasaki; ici) :

       a) En ingestion (diap. 58) le facteur de conversion est 0,045 µSv/Bq pour un adulte [Arrêté du 1er Sept. 2003] et donc on dépasse le seuil du risque négligeable de 10 µSv/an avec une ingestion de 0,018 g d'uranium appauvri (U-238) et on dépasse la dose maximale annuelle admissible pour le public 1 mSv/an avec une ingestion de 1,8 g d'U238 (1,2 g pour un enfant de 10 ans et 0,24 g pour un nourrisson) [explication : avec le facteur 10 µg correspond à 222 Bq, or l'U238 pur porte 12420 Bq/g, sans même tenir compte de ses 2 descendants présents en quelques mois, ni des U235 et 234 résiduels].

       b) En inhalation (diap 59) : le facteur de risque est 10 à presque 200 fois supérieur : 0,5 à 8 µSv/Bq (adulte) et donc les 10 µSv sont atteint avec une ingestion de 0,0016 à 0,0001 g et donc 0,01 g peut conduire à atteindre 1 mSv pour un adulte (0,008 g pour un enfant de 10 ans et 0,003 g pour un enfant en bas âge). Les organes cibles lors de l'inhalation sont les poumons, les ganglions lymphatiques, les reins et os mais d'autres organes sont concernés, le foie, la moelle osseuse, les muscles, le cerveau.

Avec l'uranium, on est dans les poisons virulents.

Les gros tas du Niger

Le Niger en plein centre de la partie Nord de l'Afrique, est un pays pauvre résultant du découpage à la règle post-colonial qui n'a tenu aucun compte des populations, transhumance, etc. Dans ce contexte, souvent d'affrontement ethnique, Areva/CEA acteur principal des exploitations a déjà extrait en faisant d'un coté de vastes trous et profondes carrières souterraines, 50 millions de tonnes, de ces résidus d'extraction de l'uranium, boue FAVL, dans le vent du désert (ici, diapositives 20-22) : Fig. 1.

Les tas d'Arlit-Akouta © CriiRad et IPSN Les tas d'Arlit-Akouta © CriiRad et IPSN

Fig. 1. Résidus radioactifs, à radium 226 et thorium 230, d'extraction de l'uranium pour les centrales atomiques EDF de France par les cies managées par Areva-CEA. Abandonnés dans le désert du Niger, il y en a déjà 50 millions de tonnes (ph. CriiRad et IPSN)

Les jutifères du Kazakhstan

Tout au Sud du Kazakhstan du régime Nazarbaïev, dans les steppes du Muyunkum 250- 300 kilomètres au Nord de Chimkent de l'autre coté de la chaîne du Karatau, Areva/CEA (51%) en joint-venture-SM KATCO avec Kazatomprom (49% = le CEA Kazakh) extrait l'uranium de l'intérieur d'aquifères sableux, des aquifères qui sont même artésiens, d'âge surtout éocène (épais de 20 m par ex.). Le gisement dans le bassin de Chu-Sarysu était connu de l'entreprise Volkov Géologie depuis les années 1970-90. C'est un type de gisement appelé "roll front" dans le jargon des métallogénistes. Étant de forme extrêmement irrégulière, il faut des centaines de forages de reconnaissance pour identifier les zones plus riches en uranium.

Comment l'exploitent-ils ? Par lixiviation : une série de forages injectent une solution acide-oxydante sous pression, une autre série de forages intercalés tirent eux avec une pompe immergée (problème fréquent de colmatage de crépines), Fig. 2. Or ces aquifères sous une zone désertique où l'eau est denrée vitale ne sont qu'à quelques centaines de mètres de profondeur, 200 à 500m ! exactement là où ailleurs on va prélever sa précieuse eau potable. C'est dans ces steppes que la rivière Shû disparaît.

Un réseau de tuyaux pour ces fluides divers relient ces forages entre eux et à une usine plus ou moins démontable au milieu de la steppe. De ces jus hyper acides à moins de 0,1 % d'uranium, une partie de cet uranium est prélevée au passage (par ex. par passage dans des résines échangeuses d'ions), puis ils réinjectent, 10 fois, 50 fois dans les puits. Cela s'appelle « in situ recovery », ISR Areva/CEA sont fiers d'annoncer que c'est la plus grande exploitation mondiale de ce type, plus de 4000 tonnes en 2015 . Quand ils ont récupéré ce qu'ils ont pu en haut de forage à force d'acidification-oxydation qui a rompu l'équilibre millénaires de la chimie de l'aquifère, ils se déplacent à un autre endroit. Et ils remettent ça.

« Ces mines sont les plus profitables au monde avec un coût de production d'environ 28 dollars la tonne pour un prix de vente de 60 dollars, explique un expert. Il n'est en effet pas nécessaire de creuser de profondes tranchées pour extraire le minerai. Il suffit de faire un trou [non pas "un" mais un très grand nombre de forages...] dans le sol pour y injecter une solution composée d'acide sulfurique dilué et de pomper ensuite le mélange qui a solubilisé l'uranium. » (Le Echos 25/04/2012, ici).

Areva/CEA n'est pas tout seul, Ils sont 7 ou 8 cies à faire ça sur les aquifères du coin, qui ensemble y injectent 1,5 million de tonnes d'acide sulfurique par an, 70 à 80 kg d'acide par kilo d'uranium (notamment pour neutraliser le carbonate qui s'envole en CO2 du GIEC). C'est l'équivalent de 42 860 transports annuels d'un chargement de 35 tonnes. Plusieurs usines d'acide ont du être construites juste pour pouvoir dissoudre cet uranium. Le Kazakhstan est devenu le plus gros exportateur mondial d'uranium, 38% (26 600 tonnes, 2013).

Les jus du Kazakhstan © photos de Grégoire André et Teddy Seguin Les jus du Kazakhstan © photos de Grégoire André et Teddy Seguin

 Fig. 2. Kazakhstan : Areva-CEA/kazatomprom dans les steppes du Muyunkum 250- 300 kilomètres au Nord de Chimkent de l'autre coté de la chaîne du Karatau. Une partie de ces forages envoient de l'acide sulfurique dans des aquifères sableux entre 200 et 500 m de profondeur, l'autre intercalés aspirent; quand ça n'est plus rentable on se déplace (ph. Grégoire André et Teddy Seguin)

Le pH de la solution injectée est de l'ordre de 2 à 3.  Y sont ajouté de l'oxygène, de l'eau oxygénée, ou du permanganate de potassium, etc., comme oxydants. Cela détruit aussi une bonne partie des particules argileuses sur lesquelles naturellement beaucoup de cations sont retenus. Dans quel états chimiques sont les radium 226 et thorium 230 après ces traitements de choc ? Quand c'est fini les eaux sales sont réinjectées dans l'aquifère abandonné, auquel désormais convient le nom de "jutifère". Ces compagnies disent que cela reviendra à un état plus naturel... avec... le temps...

Au moins 17 FAVL de France

En France il y a 52 millions de tonnes de ces résidus d'extraction de l'uranium sur 17 sites qu'il faut appeler par leur nom, des décharges "FAVL" (, ici). Ils sont disposés là aussi dans des conditions qui ne seraient pas acceptables pour des ordures ménagères. Aujourd'hui, ils sont recouverts d'un peu de terre et engazonnés ou bien recouverts d'un "lac" et certains sont non identifiables pour la plupart des gens. Mais sous la pelouse ou la surface d'eau est le poison. Ce sont : La zone minière de Gartempe/site industriel de Bessines en Haute Vienne incluant Le Brugeaud, Lavaugrasse, Croix du Breuil en a 20 millions de tonnes à elle toute seule, 11,4 Mt issu de traitement dynamique et 8,6 Mt de traitement statique (ici); à Montmassacrot 700 000 t issues de traitement dynamique; à Bellezanne 1,5 millions de tonnes issus de traitement dynamique; au Bernardan/Jouac : 1,7 million de tonnes de traitement dynamique (Fig. 3); à la Ribière dans la Creuse 190 000 tonnes de traitement statique; à la limite des Deux-Sèvres/Vendée, c'est La Commanderie avec 250 000 t issues de traitement statique; en Loire-atlantique c'est à l'Ecarpière, un des plus gros avec 11,2 millions de tonnes dont 7,5 issues de traitement dynamique et 3,7 de traitement statique qui sont dans des bassins artificiels entourés de digues; à Saint-Priest-la-Prugne/bois noirs c'est 1,3 millions de tonnes, voir Fig. 4; en Saône et Loire c'est Gueugnon, 225 000 tonnes de traitements dynamiques et statiques; en Auvergne c'est Saint-Pierre-du-Cantal (Cantal), 530 000 tonnes de traitement dynamique dans l'ancienne mine et 30 000 tonnes de traitement dynamique à Rophin/Lachaux (Puy de dôme). En Lozère, c'est Le Cellier avec 5,7 millions de tonnes dont 1,7 Mt issues de traitement dynamique et 4 Mt de traitement statique; En Aveyron c'est Bertholène, 476 000 tonnes de traitement statique derrière une digue dans une vallée (des Balaures); Dans l'Hérault c'est le site du Bosc du bassin de Lodève avec 4,1 millions de tonnes issues de traitement dynamique; Dans les Vosges (Ht Rhin) c'est Saint-Hypolyte/Teufelsloch, le plus petit avec 1000 tonnes de résidus d'un essai de traitement statique. Cela est sans compter les stériles miniers (roche riche en uranium mais pas assez pour être économiquement exploitable) dont on ne parle pas ici, et desquels pourtant la CriiRad a montré la problématique parce qu'ils ont été éparpillés sur ces zones : chemins, soubassements de maison, etc.

boues extraction Uranium, Jouac/Bernardan © "Uranium en Limousin", Thierry Lamireau boues extraction Uranium, Jouac/Bernardan © "Uranium en Limousin", Thierry Lamireau

Fig. 3 Boue radioactive, Mine de Jouac (Bernardan, Hte Vienne), compteur geiger saturé... (ici), "Uranium en Limousin", Thierry Lamireau. Cette boue est là, maintenant juste cachée par de la terre apportée couverte d'herbe.

St Priest-la-Prugne, résidus uranium © CriiRad, TU n°68, déc. 2015 St Priest-la-Prugne, résidus uranium © CriiRad, TU n°68, déc. 2015

 Fig. 4. A St Priest-la-Prugne (Loire) : digue haute de 42 m, longue de 508 m derrière laquelle se trouvent 1,3 millions de tonnes sur 20 ha, cachés sous une lame d'eau épaisse de 2-3 m. La vallée du ruisseau a été bouchée par une digue et remplie de ces déchets. Dans la zone où s'échappe l'eau, les plantes aquatiques sont tellement contaminées (300 000 bq/kg-sec en Ra 226) qu'on peut les qualifier de déchets radioactifs, idem pour les poissons "au radium" dans la lame d'eau de 2-3 m (TU CriiRad n°68, déc 2015, )

 ■ Il y a des"compléments-annexes", par exemple, de 1948 à 1971, le CEA de l'usine du Bouchet a mis 40 000 tonnes de résidus de cette usine d'extraction/concentration de l'autre coté de la route, en plaine alluviale inondable sur 3 mètres de tourbe gorgée d'eau, et entre des plans d'eau. C'est à pas 300 mètres de la rivière l'Essonne et de la ville de Ballancourt-sur-essonne. C'est un mélange FAVL/radifère/TFA avec comme "hypothèse" une moyenne de 58 000 Bq/kg en radium 226 et 58 000 Bq/kg en Pb 210, recouverts d'un peu de terre. Le contenu uranium de l'eau dans la tourbe est 100 fois au dessus du niveau OMS (1666 µg/l pour 15 µg/l) mais celui de radium apparemment le plus élevé n'est pas donné. Ce même CEA du Bouchet a fait expédier ailleurs, probablement parce plus radioactifs, 5 600 tonnes des résidus du traitement de l'uranothorianite de Madagascar en 32 600 fûts banals. Ils sont à moins de 2 km au dessus du village d'Issy-l'évêque en Saône et Loire, lieu dit "Bauzot" où il y avait eu une mine. Ils sont empilés sur plusieurs niveaux; recouvert de stérile et d'un peu de terre. Jusqu'il y a peu, les voisins immédiats ignoraient totalement ce qu'il y avait derrière le bouquet d'arbres en question.

A quelques kilomètres du centre ville de Narbonne, c'est les "bassins" de Malvesi et leurs boues à métaux lourds, là où Areva-CEA réceptionne ces uranium du Niger, Kazakhstan et autres pour les réacteurs atomiques d'EDF et d'autres clients, boues qui parfois s'échappent (Fig. 5).

Areva-Malvesi © Wise-Paris, CriiRad Areva-Malvesi © Wise-Paris, CriiRad

Fig. 5. Areva-CEA Malvesi à 3 km au N-NW de Narbonne fait de la chimie sur les minerais 100% importés. Il y a 18 ha de bassins de décantation avec de la boue "pouvant aller à" 230 000 Bq/kg en Th-230 dans les bassins B1 et B2. En 2004 rupture de la digue Est du bassin B1-B2 (ph. Wise-Paris et CriiRad)

 L'uranium "appauvri"

Les réacteur à "eau légère" ne peuvent pas fonctionner avec de l'uranium naturel. Parce que si l'hydrogène de la molécule d'eau ralentit les neutrons il est aussi relativement capturant, ce qui dégrade passablement le bilan neutronique. Leur combustible doit avoir une teneur au moins de l'ordre de 3% en uranium 235. Il va en résulter que de cet uranium concentré importé, seul 1/8ème, "enrichi", va être utilisé en centrales atomiques (rappel : pour faire bouillir de l'eau afin d'avoir de la vapeur pour faire tourner des turbines). Et ils obtiennent ce 1/8ème enrichi en U235 en "appauvrissant" les 7 autres 8èmes en U235. Et comme la plupart des produits "à durée de vie longue" du nucléaire, ces 7/8èmes ne servent à rien. Il y a du genre de aujourd’hui 300 000 tonnes de cet oxyde pur de métal lourd dit "Uranium appauvri", UA, qui porte toujours 39,9 millions de Bq/kg (décompte : 12 ,42 MBq d'U238, + 2 fois ça pour ses deux descendants bêta à l'équilibre en quelques mois, les Th234 et Pa234 + 2,29 MBq pour l'U234 + 0,16 MBq d'U235 résiduel) sous forme de poudre, stockés sous des hangars de tôle à Bessines à 170 m d'un abattoir de viande limousine labellisée (Gazette nucléaire n° 199/200, ici, plainte ADEPAL p. 26), présente Fig. 6, et un autre gros stockage qui grossit très vite à Pierrelate, vallée du Mistral. Cette poudre "appartient" à AREVA-CEA, 60 % provenant de l’enrichissement pour EDF et, petit cadeau à la population française qui n'est plus à ça près, 40 % de l’enrichissement pour des clients étrangers. Dans le Limousin tout le monde était opposé à ce stockage de 199 900 tonnes : Conseil Régional, Conseil Général, pétition de 10 000 signatures et même les commissaires enquêteurs avaient donné un avis défavorable. L’État l'a imposé de mettre cette poudre de métal lourd là. La Cours des comptes estime qu'il y en aura 450 000 tonnes en 2030 si EDF continue son business as usual (cité in T.U. CriiRad 54, 2012, p. 31). Cette poudre est de l'oxyde d'uranium pur, toxique redoutable comme on l'a vu plus avant.

Pour fabriquer cet uranium "appauvri" l'usine d'enrichissement de Pierrelatte utilisait à elle toute seule la production électrique de 3 gros réacteurs atomiques EDF. Autrement dit pour fabriquer ces 300 000 tonnes de poudre de "l'amont", Areva-CEA et partenaires fabriquaient autant d'autres déchets radioactifs, "avals" ceux-là, que en a fait la Suisse ou plus que ceux de la Finlande. Par ailleurs, il y a au moins 150 000 tonnes de métaux contaminés de catégorie TFA à démanteler de cette usine Areva-CEA Pierrelatte. Areva-CEA veut pouvoir les vendre dans le public comme du métal normal, s'en débarrasser ou en faire de l'argent. Bien sûr cela veut dire que entièrement banalisés ils finiront fatalement notamment en éviers de cuisine ou cuillère à soupe par exemple. Comme d’habitude l’État est en train faire ce que dicte son "corps des mines" (on peut presque dire que en France, l’État est le "corps des mines") auquel appartiennent tous les fonctionnaires techniques des Ministères de l'Industrie et de l'Environnement (CriiRad 27/10/16, ici). L'usine étant fermée Areva-CEA a commencé à en monter une nouvelle au coût de 3 milliards d'euros (centrifugeuses 100% importées d'Allemagne, hollande, Angleterre), qualifiée par la directrice de "l'investissement industriel de la décennie". Ce faisant le "corps des mines", les énarques derrière, a déjà relancé le nucléaire des décennies à venir. Cela permet de mieux comprendre pourquoi dans tant d'exemples les installations nécessaires à cette relance sont imposées par ces ministères, avec la gendarmesque mobile quand nécessaire. Cette nouvelle usine doit produire (futur) autant d'uranium-appauvri-déchet à venir que l'ancienne. Les enquêtes publiques prévoient dans le cas des porcheries ou de poulaillers industriels les conditions de stockage ou d'évacuation des lisiers, fientes, mais les autorisations sollicitées par Areva-CEA ne concernent que l'eau (collectif CLADE, Limousin, in Gazette Nucléaire n°233/234, , nov. 2006, p. 8).

Uranium "appauvri", Bessines © Areva Uranium "appauvri", Bessines © Areva

 Fig. 6. Accumulation d'uranium "appauvri" qui est les 7/8èmes de l'uranium importé du Niger, du Kazakhstan, i.e. presque tout : poudre de pur oxyde d'uranium qui ne sert à rien. C'est un métal lourd redoutable et toxique pour le vivant. Ici  190 900 tonnes sous une série de hangars de tôle à Bessines pas loin d'un abattoir de viande limousine labellisée, stockage imposé par l’État contre tous les avis locaux (ph. Areva)

L'aval de l'atome

La mer

En 1960, le CEA avait voulu jeter dans la Méditerranée du climat du GIEC 6500 fûts de déchets radioactifs. Il avait du y renoncer parce que des personnalités, Jacques Cousteau, qui rapporte s'être couché sur les rails, c'était donc pas loin de se faire, et le Prince de Monaco avaient levé une vive opposition. En 1967 c'est donc dans l'océan Atlantique à un endroit défini par l'AEN de l'OCDE (où l'on retrouve pas mal de monde du CEA) que 31 596 fûts de déchets radioactifs de Marcoule pour la bombe sont jetés par dessus bord sans conditionnement, la boue radioactive directe dans des fûts (Barillot et Davis 1994, p. 176 et 186). 4500 autres les suivent en 1969 l'année où J. Jouzel rejoints le CEA. Le Commissariat devait recommencer en 1984 quand le groupe Castaing formé à ces moment là pour expertiser la filière nucléaire a réclamé qu'on arrête ça.

Le centre Manche

Le Centre Manche (CSM, Fig. 7) fuit depuis à peu près ses débuts sur 5 km de long jusqu'à la Manche et sur au moins 143 mètres d'épaisseur de roches sous-jacentes. Le dit rapport gouvernemental Turpin (1996, "Commission d’Évaluation de la Situation de stockage de la Manche", p. 3) rappelle que ce centre a été construit en dépit de l’opposition des élus. De 2013 à 2015 on a toujours 400 Bq/litre de tritium en permanence dans la source Grand Bel sur le terrain d'un particulier (qui a subi bien pire depuis le début)«depuis les années 70 avec l'arrivée sur le site de déchets contenant du tritium...  Les eaux souterraines ainsi polluées contaminent depuis 45 ans les résurgences, les cours d'eau, les puits chez les particuliers et les abreuvoirs avoisinants. » (L'Acronique n°114, sept. 2016). Le CSM et Jean Jouzel ont le même "âge CEA". Le CEA, Infratome sous contrôle STMI, a conçu ce "dépôt" en 1969 l'année où le nouvel expert tritium rejoignait ses équipes de Saclay. Il est dommage pour ces particuliers que cet expert ait tant d'urgences "climatiques" à traiter ailleurs alors que des portions de leur terrain ont en 2016 une végétation qui porte 500 fois la radioactivité triium naturelle et il y a peu, portait 1000 fois cette radioactivité naturelle. Il n'y a pas que du tritium,  « une contamination est mise en évidence sur l'ensemble du parcours du ruisseau, dans les sédiments comme dans les mousses aquatiques et met en jeu jusqu'à 5 éléments radioactifs artificiels différents (cobalt-58 et 60, ruthénium-106, césium-137 et américium-241)." (L'Acronique du nucléaire, mars 2007, p. 22). En 2014 il y a plus de 80 000 Bq/l tritium dans le Piézomètre 131 et en 2013 l'eau recueillie dans un des bacs du réseau de drainage était de 5 410 000 Bq/l H3. Coté éléments lourds « Il existe plusieurs zones où sont rassemblés des colis fortement chargés en émetteurs alpha à vie longue [plutonium, américium, neptunium, uranium...].(...) Un examen des histogrammes de répartition de l'activité en plutonium calculée à réception et stockée sur le CSM montre à l'évidence un effet de désentreposage de déchets par les centres de Fontenay et de Valduc, les années précédant la mise en œuvre d'une nouvelle réglementation plus contraignante sur le taux alpha admissible de ces déchets. Cette pratique est d'autant plus regrettable qu'elle est le fait de centres du CEA, organisme qui par ailleurs effectuait et effectue encore les études fondamentales servant de base à ces réglementations. » (Rapport Turpin, 1996, p. 2, 32). Ces centres dont l'exploitant du jour est l'Andra sont aussi des décharges chimiques (0,9 t de iodate de plomb, plus de 2000 tonnes de sulfates de plomb, 25 000 t de plomb métallique, plus de 90t de bore, plus de 15t de cadmium, etc.) avec plus de plomb que ce qu'est autorisée à recevoir une décharge chimique de classe 1. La couverture actuelle construite entre 1991 et 1997 a glissé en moyennede 20-25 cm sur le flancs, et les premiers tassements commencent à apparaître au sommet (un de 50 cm et un de 25 cm). Autrement dit les générations n'ont pas fini de s'occuper du bébé-pisseur.

Andra-La Hague, CSM © Andra Andra-La Hague, CSM © Andra

Fig. 7. stockage Andra-Manche (CSM), un empilement radioactif et chimique qui pollue le sous-sol jusqu'à -140 m et les rivières locales depuis sa création par le CEA en 1969 (ph. Andra)

"Soulaines"-sur-sables-verts, CSA ou CSFMA

"Soulaines" (CSA ou CSFMA) est administrativement dans l'Aube (Champagne) mais pratiquement sur la limite de la Hte Marne qui est sous le vent dominant. Le CEA (l'Andra n'en sera détachée que plus tard, quittera physiquement les locaux du CEA en 1995) l'a installé dans une forêt au milieu d'une campagne qui a l'appellation d'origine "Brie de Meaux" (aux communes de Soulaines-Dhuys et toutes les communes du canton de Montiers-en-Der; Décret du 29 sept. 1986, J.O. du 01-01-87). "Soulaines" accueille les déchets de "faible" et "moyenne" activité ("à vie courte") qui est l'éventail de radioactivité moyenne entre 100 000 à minima et un milliard de Bq par kilo ou, si l'on préfère jusqu'à une moyenne de 1000 milliards de désintégrations par seconde par tonne. Pour ces derniers il y a un faible dégagement de chaleur. Un des rôles des coques béton qu'on voit sur les prospectus, ou au détour d'une route, est déjà de jouer le rôle de protection biologique. Il existe 3 sortes de coques béton : béton léger (2 à 2,5), béton baryté (3,6) et béton riblonné (3,9-4,8). Ouvert en janv. 92, "Soulaines" est prévu pour pas loin de 2 millions de tonnes de déchets irradiants, dans 400 cubes 25×25×8 m installés petit à petit sur le sable Aptien sup-Albien inf. (Fig. 8). Mais du coté de la vallée, nouveauté, il est maintenant annoncé qu'ils devront reposer en partie sur du remblais. On est sur unezone de recharge du célèbre aquifère des "sables verts" atteints à Paris en 1841 par lepuits de Grenelle (ici, et aujourd'hui accessible dans les 13è, 16è et 18è arrondissements : ). En effet à Soulaines, "il y a un débit de fuite le long de l'aquifère vers le centre du bassin parisien" (Kaelin, "Région de Soulaines... géologie", 1990, Andra, p. 88) or cette eau part droit en direction de Paris, ici diapositive 15 et 16. Et puis le ruisseau qui coule au pied des cubes de béton coule lui-même sur ces mêmes sables sur 1,5 km et fait partie de la zone de recharge de l'aquifère (et par ailleurs par le réseau de surface il aboutit au fond du comptedans la Seine).

Le "Niveau des plus hautes eaux", le "maximum", qui avait été prédit par les modèles numériques est dépassé de manière récurrente depuis l'année 2000 sur une grande partie de la zone de stockage. En 2006 l'eau n'est plus officiellement qu'à 33 centimètres de certains radiers (Andra, Bilan annuel 2006 p. 92). En aquifère sableux cette eau est acide, le pH variant entre 4,8 et 7,3 ce que le béton risque de ne pas aimer. L'Étude d'impact (Andra/CEA juin 1986, 3P-III-3) écrivait : "Début de l'exploitation dans une zone d'utilisation facile : celle à l'Est, relativement plane et pour laquelle le radier des ouvrages sera situé nettement au dessus de la nappe qui est naturellement basse à cet endroit.". On est maintenant dans le moins "facile" et pour construire les galeries du RSGE (Réseau Séparatif Gravitaire Enterré, galeries formées par alignement d'anneaux de béton dans lesquelles passent des tuyaux théoriquement imperméables qui drainent ce qu'il y a sur les radiers) de la dite "tranche 8", il a fallu rabattre temporairement la nappe sur une hauteur de 2,5 m en y pompant 12 000 m3 d'eau (Andra Bilan 2009 p. 15). Cette eau légèrement ferrugineuse est excellente. Elle alimente tous les villages de la zone à partir de sites comme celui-là et devait être mise en bouteille à Eclaron-Ste-Livière à 25 km de là. Pour Paris elle est protégée comme nappe d' "ultime recours" en cas de pollution en surface (comme s'il y avait une importante fuite à EDF-Nogent-sur-Seine par ex.).

L'Étude d'impact au moment où le CEA avait besoin de la signature des maires écrivait catégorique (Andra/CEA 30 juin 1986, Demande de déclaration publique, Pièce 9, 2P-II-7) : "A la banalisation du site, on suppose que, dans les conditions les plus pessimistes, la couverture définitive est devenue semblable au terrain d'origine, le système de collecte des eaux ne fonctionne plus, et les colis sont complètement dégradés. Dans ces conditions, la dose annuelle intégrée par un individu vivant en totale autarcie à proximité du site ne dépasse pas également 0,004 mSv.". Quelques années plus tard le centre maintenant implanté le "Rapport Provisoire de Sûreté" (RPS, daté janv. 1991 - juin 1992 Vol. I chap. 4 p. 11) décrit un scénario "Puits aux sables aptiens" qui calcule une dose de 30 mSv/an à 360 ans, 7500 fois ce qui avait été promis "avant" l'implantation. Dans ce calcul de l’exploitant la dose est de 10 mSv/an à 1000 ans et il y a une dose de ~ 0,75 mSv/an donnée par le seul C-14 vers l'époque 1300-2000 et une dose de ~ 0,5 mSv/an par le seul Pu-239 entre environ 8000 et 45 000 ans (RPS vol. III, chap. 3, fig. 2.1). Ce scénario "Puits aux sables aptiens" suppose que la moitié des besoins en eau (1,2l/j) est prise là, et que les légumes s'ils sont arrosés avec cette eau poussent "ailleurs". Car la "Règle Fondamentale de Sûreté", RFS, ne demande pas qu'on s'occupe de la dose que prendront les personnes qui feront pousser leurs pommes-de-terre et carottes dans la terre sur de tels sites dans 500 ans. Les calculs anglais montrent que cette transmission racinaire directe inconnue des autorités françaises est particulièrement pénalisante. Il manquait donc encore pas mal de mSv dans le scénario RPS... sans compter l'irradiation externe, la poussière inhalée, etc.

L’innocuité dans"300 ans"de ces sites Andra/CEA-Manche & Soulaines a été affirmée sur des dizaines de milliers de papiers glacés, vidéos, etc.,inculquée aux écoles qu'on fait défiler, et tout le monde, par l'Andra-CEA. Mais pas que, le décret du 04 sept. 1989 art. 2.3 écrit : « L'utilisation normale, sans restriction de nature radiologique, des terrains occupés par l'installation devra être possible au plus tard 300 ans après la fin de la phase d'exploitation. » et c'est idem dans la RFS I-2 § 3.2. C'est une de ces tromperies tellement grossières qui arrangent notre génération nucléaire. Une moyenne de 360 000 Bq-alpha/Kg (plutonium-s, américium, neptunium, uranium) à la période très longueest autorisée dans ces déchets. Et pour les I-129, Cs-135, Cl-36, C-14, Tc-99, Pd-107, Nb-94, Zr-93, Ca-141, Ni-59, Se-79, Mo-93, Sn-126, tous de période très longue, même s'ils le voulaient, ils ne pourraient pas les retirer des coques ou des fût avec des pincettes. Parlant du futur du CSM, le "papa de Soulaines" qui est moitié plus petit, le rapportTurpin (1996, p. 17 et 19) écrit : "Il s'agit de trouver des solutions qui fonctionnent passivement, c'est à dire sans intervention humaine, et pendant des millénaires...(...) avenir très lointain... réfléchir à la dévolution des terrains si l'ANDRA est un jour dissoute. La Commission réaffirme qu'on ne pourra pas les banaliser..". Idem un rapport 2008 Acro au CLIS de Soulaines sur un de ces radionucléides à vie longue, constate (AIII, p. 4) : "Le seul cas du plutonium-241 invite à considérer que le CSA ne pourra être libéré sans conditions après 3 siècles, comme beaucoup l'imaginent.". L'affaire de la "déposante" de St Aubin du CEA-Saclay en 1990-91 en est une démonstration. Cette fois-là, devant la pugnacité des associations GSIEN et CriiRad, la préfecture avait fait appel à l'équivalent IRSN des anglais, le NRPB, comme arbitre. Le NRPB avait conclu comme ces associations + laboratoire scientifiques que contrairement aux affirmations du CEA et du SCPRI (actuel IRSN) le site n'était pas banalisable. Il donnerait une dose de 3 mSv/an à des personnes qui y cultiveraient et mangeraient leurs légumes, cela sans tenir compte de l'eau. Un arrêté préfectoral (du 30/07/93) a donc demandéau CEA-Saclay de nettoyer sa radioactivité. Or, si on estime que le sol sur le site de "Soulaines" dans quelques centaines d'années est composé à 1/3 par les déchets qu'on y accumule en ce moment, i.e. l'inventaire des radioéléments de ce Rapport Prov. Sûr. que l'on divise par trois, ça donne le tableau comparatif suivant :

Comparaison "Soulaines"+300 et St Aubin © A.G. Comparaison "Soulaines"+300 et St Aubin © A.G.

Même mélangée à deux fois sa quantité, la terre du site sera "en gros" après 300 ans,  37 fois plus radioactive que celle non banalisable du site CEA-Saclay de St Aubin. Petit calcul de coin de table pour fixer les idées : 3 mSv × 37 = 110 mSv/an... une dose 27 000 fois plus élevée qu'annoncé par le CEA-Andra lors de l'enquête publique "0,004 mSv.". C'est pire que ça puisque la différence vient surtout des américium-plutonium émetteurs alpha (demie-vies 470 et 24 000 ans). Cela est sans tenir compte de l'eau alors qu'on est à fleur d'une excellente nappe phréatique (scénario "puits aux sables aptiens" non pris en compte ). Cela également est sans tenir compte des I-129, Cs-135, Cl-36, C-14, Tc-99, Pd-107, Nb-94, Zr-93, Ca-141, Ni-59, Se-79, Mo-93, Sn-126.

Si dans les quelques millénaires à venir des gens recommencent à vivre sur ce site qui était une forêt agréabledans les années 1980, ils s’empoisonneront.

Toujours dans l'Étude d'impact de l'enquête d'utilité publique (CEA/Andra, juin 1986, deuxième chapitre de l'introduction, paragraphe 4.3 et 4.4, page 24 Int-II-24) il était affirmé :

"Le fonctionnement normal du centre de stockage ne donne lieu à aucune émission d'effluents radioactifs gazeux... l'air extrait est surveillé et passe dans des filtres avant rejet. Ainsi la contamination éventuelle de ces locaux ne peut pas être répandue à l'extérieur. (…) ..Le fonctionnement du Centre de stockage ne donne lieu à aucune émission d'effluents radioactifs vers l'environnement, ni à aucun transport d'effluents radioactifs vers l'extérieur. Dans ces conditions, aucune demande de rejet n'est à effectuer."

Et sous peine d'incohérence, toujours "avant" l'implantation, le décret du 04 sept. 1989 d'autorisation de mise en service du centre, art. 2.2 : "L'installation sera conçue, réalisée et exploitée pour ne pas rejeter d'effluents radioactifs liquides ou gazeux pendant les phases d'exploitation et de surveillance."

Dès que la pressed'une puissance de 1000 tonnes, actionnée depuis une salle de télécommande avec des écrans un peu de style salle de commande d'une centrale nucléaire, a été mise en route en 1993 pour écraser certains déchets (14 800 fûtsen 2015), les rejets ont démarré à la cheminée. Le point de rejet est situé à 17 m de hauteur par rapport au sol et en journée son débit aérologique moyen est de 13 000 m3/h. La radioactivité, elle, est par bouffées que les années ont montrées assez imprévisibles puisque fonction du contenu des fûts qui arrivent. Certaines bouffées sont à plus de 10 000 Bq/m3, d'autres à plus de 1000 Bq/m3 : tritium en mars, en avril, en mai et en juin 1993, en mars 1994, en avril et en mai, en juin et en nov 1995 (120 GBq ont été jetés dans cet environnement AOC Brie de Meaux cette année là), en janv et en fév 1996 pour cette période (il y aura toujours du tritium qui suinte car la cheminée est en lien avec l'aboutissement des tuyaux du RSGE). Il y avait aussi des petits rejets d'iode 125 probablement issus de la médecine nucléaire. Le C-14 n'est analysé que depuis septembre 1998. Les producteurs le savaient évidemment et on ne saura jamais ce qui a filé de la cheminée les 6 premières années. Il y a une belle bouffée en juil. 2003. En juillet 2006, bouffée de tritium (300 000 Bq/m3) et C-14 de fûts du CEA-Saclay (là ou Jean Jouzel avait son bureau), centre qui avait déclaré un contenu faux (sous-estimation d'un facteur 40 pour le C-14) en ces deux radioéléments, une habitude semble-t-il puisque le rapport Turpin 1996 sur le CSM (p. 32), mentionnait que le CEA-Saclay avait omis de déclarer l'activité strontium 90 de semble-t-il 18 000 coques béton dans les années 70 ("envoi EBLIS"). Ces éléments, tritium, carbone-14 et strontium-90 sont tous les trois des émetteurs bêta purs non détectables de l'extérieur des fûts ou coques béton ce qui fait que l'inventaire du site qui est la somme mise sur papier de ce qu'annoncent les "envoyeurs", devient faux, sous-estimant grossièrement certains radionucléides. Et c'est encore plus vrai pour la plupart des émetteurs alpha qui sont indétectables de l'extérieur des coques et fûts. De même à Centraco (Marcoule), qui prépare des déchets pour Soulaines et Morvilliers, en 2011 EDF a été prise en flagrant délit de minimisation de l'inventaire d'un facteur proche de 500 (CriiRad, ici). L'Andra a choisi Areva-CEA, sa filiale STMI, comme opérateur de "Soulaines", pour tout : la presse de 1000 tonnes, les contrôles des coques et fûts, la mise dans les cubes de béton, etc. Ainsi lorsque Centraco-Marcoule a du fermer ses portes et se réorganiser en sept. 2011-13 suite à un accident mortel + 4 blessés graves, une partie de l'activité a été canalisée sur Soulaines dont la presse a écrasé deux fois plus, 24 500 fûts en 2012 et 25 550 fûts en 2013. Le fait que EDF-Centraco et Andra-Soulaines ont le very même exploitant STMI-Areva-CEA, facilite beaucoup les choses. Séparé par un bois, le petit village de La-Ville-au-bois est à 1,5 km de la presse sous le vent.

Les déchets doivent être solides mais un petit peu d'eau peut sortir des ouvrages : "Le tritium est systématiquement mesuré dans les eaux du RSGE." Dans la ligne de blocs E3 "les résultats ont montré des activités volumiques maximales en tritium de 20 000 Bq/m3 en HT... comparable aux niveaux d'activité d'autres lignes d'ouvrages." (Andra Bilan an. 2009, p. 33, 82). C'est la CriiRad qui a lancé l'alerte (pour la protection des travailleurs) demandant dans un rapport sur Soulaines financé par la région en 2006 que soient données les valeurs dans l'air du RSGE : dans celui de la ligne de blocs E21 : mesure de 830 000 Bq/m3 en hydrogène tritié et 500 Bq/m3 en vapeur tritiée; "indices de dégazage très marqués dans l'air de la conduite du RSGE de l'ouvrage E21R03 (en moyenne 350 Bq/m3 en HTO et 350 000 Bq/m3 en HT sur la période 1999-2006)." (Andra Bilan an. 2009 p. 82). Dans l'eau récupérée on a 200 000 Bq/l ligne E40 en août 1995 (CriiRad 2006) passant à 381 000 Bq/l en novembre 2006 (Andra Bilan 2006 p. 34 et 2009 p. 33). Des petits suintement de tritium dans la nappe phréatique (53 Bq/l en 2008 dans le piézomètre DS62 en bas des cubes de stockages), ont été détectés à partir de certains ouvrages, apparemment depuis 1997 (piézomètre TS06). Leurs caractéristiques est d'être des traînées étroites (certains piézomètres proches non affectés), temporaires (quelques années) et qui disparaissent et apparaissent à différents endroits (ça continue). Ces caractéristiques démontrent qu'ils sont évacués hors du site Andra par une circulation active de l'aquifère des "sables verts".

Le rapport Turpin estime à 3 millions de tonnes la quantité de béton sur le CSM. Il ne pourra y avoir moins que deux fois ça à Soulaines. Dommage que Jean Jouzel n'ait pas le temps de s'occuper de tout ça, parce que la fabrication du ciment et le GIEC, sont-ils deux choses compatibles ? surtout pour quelque chose qui ne servira jamais à rien ! Dans le débat parlementaire sur Bure, le Ministre à l'Industrie, François Loos expliquait son refus de garantir un retour possible jusqu'à 200 ans (Ass. Nat. 15/06/06, 2è sc.) : "Il y a une réponse technique : on est pas capable aujourd'hui de dire quelle durée serait la meilleur s'agissant de matériaux comme le béton" et plus loin "Quand j'ai écrit 100 ans - et non 200 - dans le texte, j'ai suivi l'avis des évaluateurs, qui eux-mêmes, s'appuient sur des années de recherche. Une durée de cent ans paraît compatible avec les évaluations techniques... ». En surface s'ajoute le problème du gel-dégel. Il va donc y avoir des problèmes bien avant "300 ans"sur ces dalles de béton armée de 40 cm qui sépareront 1,8 millions de tonnes de déchets radioactifs des eaux acides en mouvement actif dans l'aquifère. La pollution à long et à moins long terme de cette zone de recharge de l'aquifère des "sables verts" est inévitable. Pour certaines coques bétons de déchets posées sur ces radiers, dites CBF-C1 et CBF-K, on avait appris en 1999 (revue Contrôle n°132) qu'elles ne respectaient pas les cahiers des charges sur le plan mécanique. Il ne s'agit pourtant que de colis industriels de type 2 censés ne résister qu'à des "incidents mineurs". Sur le plan chimique il y a des exemples de réactions mal comprises entre béton et déchets radioactifs qui détruisent très rapidement le confinement (, ). L'Andra montre photos et films de déchets bétonnés dans la masse, avec fermeture au béton armé. La RFS I-2 § 4.3 elle écrit : "La conception et la réalisation des ouvrages... devront permettre... une intervention efficace, y compris une reprise des déchets si nécessaire...", au marteau piqueur ?

Soulaines c'est des transports, 1390 (en 2015) camions - au diesel du GIEC/J.Jouzel -dont une 20aine de convois exceptionnel en provenance de tous les sites nucléaires de France six camions irradiants par jour ouvrable. Or les normes de transports en vigueur sont celles rédigées par l'AIEA, promoteur du nucléaire au niveau international, extrêmement laxistes. La CriiRad (rapport Soulaines 2006, p. 25) constate : "Si l'on considère qu'un enfant qui fréquente le bord de la route reliant le terminal ferroviaire et le CSA est exposé 5 minutes par jour à 2 mètres de véhicules qui émettent un niveau de rayonnement à la limite des normes de transport, il est susceptible de recevoir chaque jour une dose de 8,3 microSievert, soit sur l'année, une exposition cumulée de plus de 3000 µSv, et ceci pour la seule exposition externe liée au transport. Cette valeur est 380 fois supérieure à l'impact dosimètrique maximal calculé par l'Andra [dose pour les riverains de "Soulaines"], 300 fois supérieure au seuil du risque négligeable, et 3 fois supérieure aux limites sanitaires.". Et les "écarts" relativement à ces normes sont réguliers, à titre d'exemples, le transport du 15/09/99 avec 5 coques en béton en provenance de EDF-Chinon envoyait un débit de dose de 0,12 à 0,15 mSv/heure à deux mètres de distance, ou bien ce "colis" de février 2015 qui crachait 12,2 mSv/heure (dose donnée près du contact, fût destiné au compactage à Soulaines, et dont l'Andra omet de donner l'origine). Il ne faut pas faire semblant d'oublier que de tous temps les transports nucléaires ont été en partie contaminés ce que cachaient très soigneusement Cogema-CEA et EDF (voir le récit de Mycle Schneider dans Investigation Plutonium n° 6-7 : ici; aussi le rapport que suite au travail de Wise, la DSIN qui n'avait "rien vu" s'est sentie obligée de faire au premier Ministre in Gazette Nucléaire n°167/168, ).

Ça n'a été que une fois que 250 000 coques et fûts ont été irréversiblement déposés, et 13 ans après le début des bouffées régulières de rejets alors qu'il avait été écrit qu'il n'y en aurait jamais, en août 2006, que les autorités se sont manifestées. Et ça a été pour légaliser de tels rejets dans l'environnement de Soulaines par un Arrêté (J.O du 19/09/2006, signé par A.C. Lacoste). Le CSA a maintenant des autorisations de rejets de 50 GBq tritium/an à la cheminée de la presse au même titre qu'une installation de traitement nucléaire... Le CIVC, Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne a voulu faire annuler cet arrêté d'autorisation que les autorités mettent sur la table a posteriori. Il s'est fait retoquer en 2010 par la juridiction administrative. Et six ans plus tard un arrêté (19/08/16) limite en cas d'accident pour Soulaines, comme pour le CSM, une responsabilité financière maximale de l'Andra, quelque catastrophe qu'il arrive, de 70 millions d'euros. Cette somme est à peine plus que ce que les producteurs de déchets nucléaires donnent chaque année via le GIP dont l'Andra est membre de droit, en "cadeau" aux meusiens et haut-marnais pour gagner leur silence sur le projet d'enfouissement à Bure : 60 millions d'euros/an.

Andra-"Soulaines" © Andra Andra-"Soulaines" © Andra

 Fig. 8. Soulaines (CSA ou CSFMA) : pas loin de 2 millions de tonnes irradiantes de Areva-CEA et EDF, dans 400 cubes de béton sur une zone de recharge du célèbre aquifère des "sables verts"(puits de Grenelle, et fontaines de Paris)

Morvilliers, "Cires" ou CSTFA

Tout contre Soulaines il y a Morvilliers ("Cires" ou CSTFA) on fait de l’empilement radioactif en vrac (Fig. 9.) en partant d'un trou profond de 6 m reposant sur 5 m d'argile qui est rempli jusqu'à en faire un dôme ensuite recouvert (par groupe de 3) d'argile, technique améliorée de décharge ménagère. Il faudra empêcherles lapins, blaireaux, renards, de creuser pendant quelques millénaires car TFA n'a jamais voulu dire "à durée de vie courte", certains contiennent des alpha de période très longue. Il ne faudra plus jamais qu'un arbre ne pousse alors que c'était en 2000 une forêt bien agréable. Tous les déchets viennent par camions- diesel du GIEC/J.Jouzel- environ 6 ou 7 par jours ouvrable. Bien que les démantèlements CEA/EDF sont à peine commencés, il va falloir doubler la taille du "Cires" de Morvilliers, le faire passer de 650 000 à 1 300 000 m3. C'est donc des dizaines de Morvilliers qu'il va falloir installer lorsque le CEA-Areva touchera à La Hague, et un jour EDF à ses 58 gros réacteurs atomiques. Pas de soucis coté administratif, les autorités ne classent pas les "Cires" en INB mais en ICPE. De arrêtés préfectoraux suffisent pour les autoriser ici et là.

Andra-Morvilliers © Andra Andra-Morvilliers © Andra

 Fig. 9. Morvilliers ("Cires" ou CSTFA) à quelques km de Soulaines = tumulus des temps modernes dans les plaines de Champagne; Il en faudra beaucoup mais un simple arrêté préfectoral suffit; ph. Andra

Le projet de Bure

Sur une limite encore, de région cette fois, Lorraine-Champagne à Bure, l'Andra a décidé de mettre les déchets de EDF et Areva-CEA, les "chauds". Ceux-là à un mètre vous envoient une dose mortelle en moins de une à plusieurs minutes selon le type, un peu comme si on s'asseyait sur un tabouret à coté du corium de Tchernobyl. Et il y en a beaucoup de ce "made in France", pas loin de l'équivalent de 1000 corium de type Tchernobyl à fourguer quelque part. La France en a fait, et en fait, bien plus que la Russie par exemple dont la puissance installée est 3 fois moindre pour une population 2,5 fois plus grande et un territoire 31 fois plus grand. Seule la somme des réacteurs des États de la Fédération des USA en a fait plus. Mais c'est pour 275 millions d'habitants et un territoire 17 fois plus grand. Un Conseiller Général (de la ville de St Dizier qui est en aval des écoulements souterrains venant de Bure) a été à l'origine d'une pétition qui demande simplement un référendum (dont on ne connaît pas à priori le résultat) sur un projet si pharaonique (plus vaste que le tunnel sous la Manche et pour le truffer de bidons mortifères...), pétition papier réalisée village par village, bien avancée à l'automne 2005 (), qui a réuni ~ 59 000 signatures Haut-Marnais-es et meusien-ne-s (fig. 10). Cela représente une grande proportion de la population et forcément tous les âges et toutes sortes d'opinions, du jamais vu dans ces départements conservateurs. Elle a été déposée en Préfectures et sièges des Conseillers Généraux. Réponse : le nucléaire est du seul pouvoir du gouvernement (qui lui fait construire un méga réacteur atomique à Flammenville dont il faudra bien mettre les déchets quelque part), autrement dit, c'est la chose de la seule élite, "corps des mines" + énarques. Sortant de son Ministère, Mme Corinne Lepage (« On ne peut rien faire Mme le ministre » p. 100) avait posé cette question : « Le nucléaire est-il compatible avec la démocratie ? ».

 

pétition demande référendum, Bure © TF1, Bar-le-Duc, 17/06/13 pétition demande référendum, Bure © TF1, Bar-le-Duc, 17/06/13

 Fig. 10. Pétition papier de Haute-Marne et Meuse signée par 59 000 de leurs habitants, villages par villages, représentant un vaste éventail d'âges et d'idées qui réclame un référendum sur le projet pharaonique des déchets nucléaires d'extrêmement haute radioactivité. Déposée en Préfecture, Conseil Général et en « débat public ». Comme d'hab., ceux qui gèrent le nucléaire n'en ont que faire; ph. TF1 Bar-le-duc 17/06/13

Récemment la forêt de Bure a été parcourue de gendarmes mobiles et de vigiles de l'Andra, et suite à un défrichement illégal (de l'Andra), enclose de panneaux de béton. On sait que certains de ces panneaux ont été poussés à terre (ce qui déjà libérait la grande faune). Chaque année sur la zone 60 millions d'euros sont déversés "pour rien". L'argent vient avec une feuille volante de papier, comportant 2 lignes et signé par le Président du Conseil Général président du GIP (alimenté par EDF-Areva-CEA) et c'est tout, c'est gagné, dans la poche. Fin 2016 on en est à 650 M€. Fin 2017, cet arrosage-cadeau aura atteint 710 M€ c'est-à-dire que dans un an il dépassera le montant de la responsabilité financière maximale des exploitants nucléaires, 700 M€, en cas de Tchernobyl/Fukushima français (C. Environnement L597-28, ici).

Du point de vue géologique, mais tout le monde le sait, les enfants en premier qui font des petites bonnesdames ou bonhommes avec : l'argile est une roche qui "ne tient pas". C'est ce qu'a rappelé la mort d'un technicien expérimenté professionnel sous un éboulement d'argiliteen janvier 2016 (, , ici). Indépendamment de ça, Bure est pile au dessus d'une puissante ressource géothermique sans cesse décrite par le BRGM depuis 1976 (pour celles/ceux adeptes d'un peu de technique : http://infoterre.brgm.fr/rapports/79-SGN-739-GTH.pdf :   i) voir la carte 26 qui montre un paléo-couloir d'alimentation des sables triasiques, la zone de Bure est pile au meilleurs endroit, au centre là où l'épaisseur dépasse 100 m;   ii) puis voir la carte S4 le village de Bure figure pile au milieu du cercle « bonne productivité » pour cette ressource géothermique;    iii) et la première page de la Conclusion pour le Trias, p. 34 : « Le réservoir du Trias présente les caractéristiques les plus intéressantes au Sud de la région, autour d'un axe passant par Joinville - Bar s/ Seine, les conditions optimales étant du coté oriental. », coté oriental qui est les environs immédiats du village de Bure). Cette puissante ressource d'énergie propre (vrai propre) a de nouveau été confirmée au très 'officiel CLIS de Bure : iciPhilippe Rouvillois, juste avant qu'il ne prenne le poste d'Administrateur du CEA de 1989 à 1995 sous lequel a eu lieu le choix de la Meuse avait écrit dans un rapport qui porte son nom : « "... la contrainte principale... est la capacité de la population locale à accepter le principe du site de stockage, beaucoup plus que les avantages économiques relatifs des différents types de sous-sols.... Dans ces conditions il semble indispensable que le choix du site soit fait rapidement." (ce rapport est ici, c'est en haut de p. 21). Mais alors il ne faut pas que le GIEC-CEA fasse croire qu'il veut "sauver le climat" avec des énergies "propres", jean Jouzel 45 ans de CEA, membre du Conseil scientifique, est pris la main dans le sac jusqu'à l'épaule et la tête.

Enfin de même que Paris protège l'aquifère des "sables verts" à - 500 m pour le cas d'une pollution générale des eaux de surface, l'aquifère "d'ultime recours" désigné par le Ministère de l'Environnement/BRGM ( rapport R 38142) pour ce coin de Lorraine, il n'y en a qu'un, est l'Oxfordien (ici, dans le Tableau 1, sous le 206). Le niveau auquel le lobby nucléaire veut enfouir ses ~ 1000 coriums à Bure n'est que quelques décamètres sous cette eau très pure "d'ultime recours". Ces quelques décamètres doivent être traversés par des puits, des descenderies d'ordre de grandeur de 10 mètres de diamètre et même plus. Lorsqu'on connaît les multiples fuites qui traversent des centaines de mètres d'épaisseur a Moruroa/Fangataufa pour des forages de seulement 2 m de diamètre pour une radioactivité totale (la somme de tous ces puits de Moruroa) ~ 2000 fois moindre que ces équivalents ~ 1000 coriums qu'ils veulent enfouir en France, ça promet et ça craint.

La suite : "Jean Jouzel III : le collecteur de fonds, le fioul lourd et les employé-e-s jetables" : ici ou

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