Yawanawas

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Les Yawanawas, ce peuple amérindien de l'Amazonie brésilienne a failli être rayé des cartes.
Quasi éteints dans les années 70, ils sont 900 aujourd'hui. Ce miracle est lié au retour des pratiques ancestrales initiées par Biraci et Putany son épouse. Tous les deux descendant d'une lignée de grands chefs, ils ouvrent les portes d'un temps nouveau pour leur peuple. En défiant les traditions et l'autorité de son mari, Putany et sa sœur poussent les portes de la terre sacrée du chamanisme alors exclusivement réservé aux hommes. D'abord seules contre tous elles sont aujourd'hui suivies par toute une nouvelle génération de femmes et de jeunes qui ont retrouvé le goût et la fierté d'être Yawanawa. Cette identité, massacrée par un siècle d'esclavage et d'évangélisation, les prémunit aujourd'hui d'un nouveau danger : celui de la société de consommation et de ses vicissitudes comme l'alcool et la prostitution.
Un fléau qui termine d'anéantir les peuples premiers du monde.
Putany et Husharu sont les premières femmes chamanes du Brésil, son peuple un des plus fiers. Pour s'en rendre compte, il suffit de se joindre à l'immense fête qui s'écoule chaque année en octobre pendant 5 jours sur les berges du Rio Grégorio. Les yawanawas se transforment en papillons, en poissons, en singe pour renouer avec la nature et révéler au monde la beauté et leur fierté retrouvée. Plus loin sur la terre sacrée des anciens Putany plantent dans le cœur des nouvelles générations les graines de cet enseignement transmis depuis la nuit des temps dans les forêts amazoniennes.
 
Niché au pied des contreforts de la cordillère des Andes à la frontière de la Bolivie et du Pérou, l'Acre est l'état brésilien le plus méconnu et le plus riche en biodiversité. Dans ses forêts ont été identifiés trois peuples qui vivent encore aujourd'hui sans aucun contact avec l'homme blanc. Cette immensité végétale abrite encore des espèces animales et végétales méconnues qui détiennent en secret de précieuses molécules.
Les plantes sont au cœur de la spiritualité des Yawanawas. Ils les boivent, les inhalent, les brûlent. Biraci raconte que les Yawanawas étaient un peuple très guerrier. Ils étaient redoutés. Leur connaissance des plantes était aussi une arme. Ils utilisaient des plantes qui pouvaient tuer par inhalation tout un village. Au sommet de ce panthéon végétal, on retrouve, le tabac, le piment, l'ayahuasca et le muka, une plante d'une immense puissance qui accompagne l'initiation chamanique. Cette plante révèle aux hommes un don qui accompagnera leur vie spirituelle.  
Les Indiens disent qu'ils « ne croient que ce qu'ils  voient ». Les puissantes visions qui accompagnent l'absorption de ces plantes se lisent pour eux comme le livre des savoirs.

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