Le jour où j'ai découvert LA pépite...

Comment j'ai enfin mis la main sur un magazine papier qui répond à mes exigences de lectrice.

EXPOSITION

J’ai toujours été engagée. Et parfois je deviens même militante, quand, vraiment, la coupe est pleine. Même si j’ai de magnifiques chaussures, j’ai toujours pris soin de lever la tête et de regarder autour de moi. Mon éducation, mon parcours scolaire, mes expériences personnelles et mon insatiable curiosité m’ont permis de développer, au fil des années, un certain esprit critique. Tellement critique que souvent, je ne peux lire/entendre/voir quelque chose sans tout de suite sortir de mes gonds, tant le propos est grossier.

Je pourrais me contenter d’admirer ces chaussures décidément très belles et de me blottir dans une paresse intellectuelle qui me permettrait de regarder TFI sans frôler à chaque fois la crise de nerfs. Sauf que les chaussures et TFI, moi, ça m’ennuie, et je laisse volontiers la possibilité à d’autres d’en profiter mieux que je n’en serai capable.

J’ai besoin de comprendre le monde dans lequel je vis. De lever les yeux, de regarder autour de moi, et d’y détecter toutes les informations que je pourrais recueillir. Tout est susceptible de satisfaire ma curiosité : un livre, un film, un paysage, une rencontre, une discussion, un projet alternatif, une culture, un savoir-vivre, n’importe quoi. Mais comme je ne suis pas encore robotisée, je ne peux pas assumer toute cette masse d’informations seule, j’ai aussi besoin de l’aide des autres. De me tenir au courant par leur intermédiaire. Parce que certains sont dans des lieux auxquels je n’ai pas accès. Que d’autres ont une expérience que je n’ai pas vécue. Parce qu’ils analysent le monde d’une autre manière. Parce qu’ils voient ce qui m’avait échappé.

Donc, comme beaucoup d’entre nous (du moins je l’espère), je m’informe.

Et c’est là que les choses se gâtent. Mais comme je suis « gardienne de l’idée qu’il existe une autre possibilité », heureusement, j’ai plus d’un tour dans mon sac.


ACTE I : DÉSESPOIR

J’ai déjà mentionné TFI. Je pourrais ajouter I Télé, Direct Matin, BFM TV, RMC, Libération, L’Express, Le Monde, Télérama, Le Nouvel Obs, Europe 1, Le Huffington Post, Radio Nova, Le Figaro, Le Parisien, LCI, Elle, Match, Virgin Radio, Le Point, Grazia et bref, je vous épargne une liste longue comme mes jambes (ceux qui me connaissent savent que je suis grande). Le tout détenu par 10 milliardaires (plus d’infos). Le tout racontant, peu ou prou, la même chose, de la même façon, sous le même angle (plus d’infos).

A ce stade, mes beaux principes de rigueur intellectuelle commencent à voler en éclat. Ma curiosité angoisse de ne pouvoir être satisfaite. Mon cœur palpite face à tant de médiocrité. Je suis clairement en manque. Où trouver ma dose quotidienne d’intelligence ? Je ne demande pas la lune pourtant. Nul besoin d’écrire de savants traités philosophiques pour engager mon intérêt. Savoir de quoi on parle me suffit largement.


ACTE II : UNE AUTRE POSSIBILITÉ

Passons, si vous le voulez bien, directement à l’étape suivante. A côté des grands médias en presse écrite, télévision ou radio, nous assistons depuis quelques années à la naissance de plusieurs initiatives proposant des plateformes d’informations alternatives : beaucoup d’entre elles se développent sur le web, comme La Relève et la Peste, Le Quatreheures ou bien sûr Mediapart. Certains s’engagent courageusement dans la presse écrite, comme Politis, et d’autres proposent de réinventer les canaux traditionnels, comme en témoignent le boom du podcast indépendant (arte radio, Nouvelles Ecoutes…) ou encore l’annonce d’un journal télévisé sur le net par Le Média.

Ce qui est en jeu, c’est presque toujours de proposer une information indépendante, c’est-à-dire non soumise à des conflits d’intérêt que l’on peu aisément imaginer lorsqu’un titre est détenu par un grand groupe industriel et financier. Plusieurs solutions peuvent alors se mettre en place : le journal est détenu par ses lecteurs (Mediapart), financé en partie par une association créée en amont (Politis) ou encore entre les mains de « socios » (Le Média).

Attention toutefois à ne pas confondre indépendance et objectivité. L’indépendance vise à écarter tout actionnaire ou annonceur qui, par leur position économique, auraient un intérêt à établir une hiérarchie et une différence de traitement entre les informations. En revanche, cela ne signifie pas que les journalistes doivent nécessairement adopter un ton faussement neutre dans la conception et la rédaction de leurs sujets. Travail journalistique et engagement ne sont pas incompatibles : œuvrer pour un combat ne fait pas du journaliste un militant aveuglé par sa cause.


ACTE III : LA PÉPITE

Maintenant que tout est clair entre nous, je peux vous proposer une petite pépite que j’ai découvert récemment.

Un magazine papier indépendant, sans publicité, imprimé en France par un imprimeur écoresponsable.

Un magazine d’informations grand public, traitant de l’actualité nationale et internationale, avec des reportages approfondis et des photographies de qualité, le tout agrémenté d’une impeccable iconographie.

Un magazine que vous pouvez feuilleter dans la salle d’attente de votre médecin, dans les toilettes de vos amis (si ce sont des gens bien), ou sur mon canapé, si vous voulez me rendre visite.

En revanche, vous ne le trouverez ni en kiosque, ni en librairie, ni dans les réseaux de diffusion habituels.

Car ce magazine s’est doté de son propre réseau de diffusion, à travers la création d’une maison d’édition.

Dans cette maison, co-habitent des ambassadeurs et des ambassadrices qui, comme moi, sont chargés de diffuser les ouvrages qu’elle publie.

*Attention* : Il ne s’agit pas ici de faire simplement de la « pub ». Celles et ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas tellement mon genre.

Ce pourquoi je défends aujourd’hui ce magazine, c’est parce qu’en plus de répondre aux critères d’exigence (indépendance, engagement et rigueur de l’information) il a une petite particularité supplémentaire, qui vient simplement compléter le formidable travail des autres médias dignes d’être lus.

Lorsque l’on y regarde de près, non seulement la majorité des médias sont détenus par des grands groupes, mais en plus les femmes y représentent moins d’1/4 des sujets. Il y a pourtant légèrement plus de femmes que d’hommes dans ce monde, c’est donc qu’elles existent. Et lorsqu’on y regarde de très près, une femme n’est pas seulement un épouse, une mère, une victime ou une assoiffée de mode et de produits de beauté. Prenons ma boulangère par exemple : célibataire, sans enfant, n’ayant subi aucun préjudice notable, le nez déjà assez enfariné pour en ajouter une couche. Et il y en a d’autres. Plein. Partout.

Alors pourquoi on en entend jamais parler ?

Si je n’ai pas la réponse exacte à cette question, j’ai tout de même une solution au problème. Et avouez que c’est déjà pas mal.

Figurez-vous que mon magazine propose une information complète, détaillée et rigoureuse en mettant en scène des femmes agissantes, de part leur expertise, leur profession ou leur résistance. Parce qu’en réalité, tout ce qui se passe dans le monde sont autant le fait d’hommes que de femmes, et que les uns ne sont pas moins compétents que les autres.

  • Donc oui, dans la résistance kurde face à Daesh il y a des femmes.

 

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  • Non, le cerveau n’a pas de sexe, comme nous l’explique la neurobiologiste Catherine Vidal.* En Suède, la PDG du Swedish Film Institute, l’équivalent de notre CNC, a décidé que désormais, la moitié des aides seraient accordées à des projets menés par des réalisatrices, sans pour autant abaisser les critères de sélection.* Oui, les femmes aussi jouent au foot, et bien, comme le prouve l’équipe féminine de Duchère, un quartier populaire de Lyon.

 

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  • Non, il n’existe pas de « leadership féminin » comme nous l’explique Sarah Saint-Michel, spécialiste du management. Une manager femme peut être aussi pénible qu’un homme. Et pour la douceur, on repassera.* On peut être dotée d’un vagin et être ingénieure réseaux télécoms, comme Anaïs Madeleine.

 

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  • En Turquie, des femmes résistent à la dérive autocratique de Recep Tayyip Erdogan. Et sont envoyées en prison, comme tous ceux qui osent l’ouvrir.
  • En Inde, à l’occasion du festival Gudi Padwa qui marque le début de la nouvelle année dans l’Etat du Mahrashtra, des femmes ont défilé en costume traditionnel et… en moto.
  • Des amérindiennes du Dakota du Nord ont résisté contre les industries pétrolières qui veulent construire un pipeline dans la réserve sioux de Standing Rock. Et continuent la lutte malgré la bêtise infinie de Donald Trump.

Voilà le genre d’informations que vous pourrez trouver dans le magazine « Femmes Ici et Ailleurs ».

Si vous voulez en savoir plus, un seul mot d’ordre : me contacter. Parce qu’ici, on ne fait pas de la pub, on échange, si possible en face à face ou à défaut de manière personnalisée par mail, commentaires, téléphone ou sur les réseaux sociaux.

Si comme moi, vous êtes rigoureux dans vos sources d’informations et sensibles à l’égalité femmes-hommes (mais franchement, qui ne souhaite pas l’égalité…?) on devrait bien s’entendre. Vous serez donc cordialement invités à feuilleter le magazine autour d’une tasse de thé (ou de vin).

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