J'assume. Quand il suffit d'y croire...

Quand les mots sonnent la fausse responsabilité et la vraie fermeture. Le verbe, oui, sans transition !

J’assume !

 

Les nantis qui font et sont la richesse de nos sociétés. Son ruissellement inespéré sera la priorité des priorités.

J’assume.

Les peu, les presque rien, les rien encombrant les bords du chemin, pour rien.

J’assume

Le nettoyage abrasif des sans papiers, des sans avenirs, des sans espoir, des sans toit loin de moi.

J’assume.

Le comptage et décomptage des abus de nos générosités, pour des va-nus pieds en paniers percés.

J’assume.

Les récalcitrants grains de sable ne peuvent plus grincer, dans un vent mauvais se sont épuisés, dans un verre d’eau se sont noyés. J’assume

La générosité collective, encouragée par fraternité, contrôlée et jugée, par souci d’égalité ou de légalité ?

J’assume.

La maîtrise des oracles qui s’inscrivent dans les temps et saisons d’une horloge par moi inventée, par moi bénie.

J’assume.

Les grands de ce siècle, en âge révolu, disparaissent. Ils nous manquent déjà. Dans la joie, le chagrin, le faste, l’ultime et populaire clameur. Je ne m'oublie pas.

J’assume.

Le courage de dire sans le dire que le temps des révolutions, des décolonisations, des insatisfactions, des pertes de mémoire, du mépris des mémoires, est révolu. Lui aussi.

Du passé, faisons table rase. Des responsabilités, des crimes, des destructions, des collaborations, il n’est plus question. L’histoire se vit, se pense en à-venir. Vous, moi, ne sommes pas la même histoire et chacun chez soi, chacun pour soi. Jusqu’à la lie, il faudra boire.

J’assume.

Des compromissions, des obligations, des trahisons, ne sont pas de mon vouloir. L’important, c’est d’y croire.

J’assume.

 

Les contradictions, insuffisances, vices et corruptions, doubles sens et cyniques discours, ferveurs égotiques, perverses séductions, emballements narcissiques, louanges excessives…

Je sais, je fais, je suis et j’assume.

Quand il suffit d'y croire...

 

 

 

 

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