On s’arrête, on réfléchit…

Nous dit le monde diplomatique. Souhait vain. L’arrêt ? Oui. La réflexion ? Non. Pas le temps. Le temps, le temps… file sans nous et avec nous.

Non, le virus ne va pas s’éteindre, comme ça, d’un coup de baguette magique. Comme l’argent, pas magique. N’est-ce pas ? Parce que, là… L’on était en droit de douter et de refuser ce pas magique. Mais ça, c’était avant ? Ou pendant ? Ou après ? Ou en même temps ? Que d’inutiles questions.

Quand la pandémie, elle, déjà là, en exercice, s’émancipant de toute frontière… aura mis un certain temps à s’énoncer. Pas à se répandre, non. Juste à s’énoncer, officiellement. La pensée en arrêt ? Qui devait arrêter la libre circulation du virus ? Assurément ? Il suffisait de le dire pour y croire.

Sous le tapis, les alertes. Sous le tapis. La Chine ? Les pauvres. C’est si loin. Si loin, si différents de nous, les humains. Sommes-nous tous humains ? Bonne question ?

Les boursicoteurs pourtant… A la moindre suspicion, au moindre doute, s’enflamment. En toute déraison.

Vite rassurons-nous. La puissance ennemie s’affaiblit. Justice immanente. Si, si.

Mais, mais… Pas si simple, non. Le bruit court, le virus court, la mort court…

Que faire ? Gagner du temps. Croit-on ?

Dénis, impréparations, dysfonctionnements, délires autoritaristes, délires de communication mensongères, délires d’injonctions contradictoires…

Ça, nous savons faire. De fait, vous savez faire, vous, les nouveaux guerriers de l’apocalypse. Qui n’aura pas lieu. Non. C’est simplement une « grippette ». Puis une guerre. Et, une guerre, on sait la gagner. Nom d’un chef de guerre !

Ah ! Oui. Mais, les chefs sont nombreux. Pas d’accord pour se serrer la main. Pas d’accord du tout. Pour faire la paix et s’entraider. Chacun pour soi. Fermons les frontières et le virus ne passera pas. Ah oui ? Mais non, il est déjà là et bien là.

Mince, on ne savait pas, on ne pouvait prévoir, personne ne pouvait prévoir… La pensée en arrêt ? Penser sans agir, agir sans penser… Du vrai, du pur disruptif !

La vie avant tout, nous sommes libres, nous sommes les plus forts. Chantez, promenez-vous, buvez, riez… La vie plus forte que la mort, nom de Zeus !

Trop tard. Finalement, non. Vous avez suffisamment festoyé. Dernier jour. Dernier soir. Rentrez chez vous.

C’est la guerre. Vous entendez ? Et il faut la gagner. Coûte que coûte !

Allons enfants, la patrie a besoin de vous. Soyez courageux. La nation est en péril. C’est une guerre et nous allons la gagner. Soldats vous devenez, à nous sauver du mal, de ce virus inconnu. Nous sommes avec vous, nous comptons sur vous. Nous vous protégeons. Le peuple vous soutient. Citoyens, citoyennes, vous leur devez protection, Et nous vous protégerons. Nous vous confinons. Un peu. Beaucoup. Totalement.

Confinement ? C’est quoi le confinement ? Tout de suite ? Maintenant ?

Mais, mais… Nous ne sommes pas prêts ! Mais pas du tout.

Eh oui, tout de suite, maintenant. Il faut apprendre à vivre en continuité cloitrée et informatisée.

Sauf si. Et des si, il y en a. Nombreux.

Qui doivent et ne doivent pas, en toute insécurité, à moitié protégés, pas protégés, aller travailler. D’autres petits soldats. Pas mieux payés.

 

Vous ne comprenez toujours pas ? Non ? Tant pis pour vous.

Nous, responsables et chefs de guerre, nous prenons nos dispositions. Envers et contre tout.

État d’urgence sanitaire. Et couvre-feu. Ça, vous comprenez ?

Pour votre bien, pour notre bien à tous, vous allez comprendre. Finies les gaudrioles, finies les contestations. Enfants que vous êtes.

Le temps est venu de s’unir pour la nation. Tous à vos confinements !

Oui mais, oui mais… En toute déraison, la nation ?

Parce que là, les soldats, sans munitions… Du virus, ne peuvent avoir raison.

En tant que chef de guerre, je vous le dis, c’est moi qui ai raison. De toutes les questions.

L’avant, le présent, l’après, c’est moi qui sais. C’est ma fonction.

A tord ou à raison. En toute scientifique et technologique expertisation.

Avez-vous encore des questions ?

Je n’ai rien entendu. Non ?

Tout va bien. Je suis le chef de guerre.

Je veille sur nous.

 

Ah oui…

Sans nous, qui êtes-vous ?

Bonne question, non ?

Non. Messieurs. Nous ne comptons plus sur vous.

Nous agissons et nous réfléchissons. Sans vous.
Nous comptons sur nous. Citoyennes et citoyens.

Nous veillons sur nous. Nous tentons le tout.

Loin, bien loin de vos artificiels je- nous.

 

Bonne réponse. Non ? Pas d’autre réponse, pour l’instant.

Pour l'instant, seulement.

 

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