Que la corde tremble… Pour de bon, pour de vrai, pour le vrai.

Pourquoi la France empêche-t-elle les exilés de partir en Angleterre ? Oui, pourquoi ? Quelle réponse pourrait satisfaire ?

Que la corde tremble… Pour de bon, pour de vrai, pour le vrai.

Pourquoi la France empêche-t-elle les exilés de partir en Angleterre ?

Oui, pourquoi ? Quelle réponse pourrait satisfaire ? Aussi bien d’un niveau politique, économique, financier ? Aussi bien – et c’est, normalement plus important- que celui, plus communément recevable, de protection humaine ? C’est d’ailleurs l’argument volontairement exposé, politiquement, pour faciliter le camouflage d’autres enjeux toujours aussi opaques et de plus en plus insensés, intolérables, nauséabonds.

Reprenons la logique : L’Angleterre ne veut pas les accueillir, la France ne veut pas les laisser partir, ne veut pas non plus les laisser « croupir ». Oui, je dis bien croupir car, comment exprimer autrement les considérations – non le mépris clairement énoncé, exprimé, entendable, décryptable, y compris en novlangue- portées à l’encontre d’humains, traités violemment, impunément, comme s’il fallait éradiquer des animaux, que dis-je, des insectes, nuisibles. Non, les mots employés ne sont pas excessifs.

Pourquoi la France empêche-t-elle les « exilés involontaires » de partir en Angleterre ?

Que le Brexit à venir, en constante élucubration et tempête politico « je ne sais plus quoi, qui, comme » (le sait-on vraiment ?) agace plus encore ces faux partenaires d’un accord qui perdure jusqu’au non sens…

Oui. Et ? Agacement de quel ordre ? Véritablement ?

Qui gagne ? Qui a l’autorité ? Qui protège quoi, qui ? Qui doit prouver quoi ?

Répondre à quelles consignes ? De quel ordre, de quels ordres ?

Comme si attaquer violemment, avec forces policières, avec force d’Etat (responsable et coupable, sans contrôle et impunité voire encouragement), les humains en déshérence, en souffrances, en maltraitances, en humiliations, justifiait l’argument éhonté d’éradiquer la nuisance des passeurs !

Mais nous sommes arrivés à un tel point d’absurdité meurtrière – car oui, c’est criminel, odieux, inhumain- que par reconduction du pire, l’horreur finit par s’inscrire dans la normalité, en abjection punitive. Oui. Encore oui. Appelons un chat un chat.

Je voudrais, je voudrais… puisque je n’aurai pas l’audace autoritaire du « je veux » présidentiel, que ces « Castaner », ou Dupont la joie endimanchés, cravatés, soient confrontés, sur le terrain, à ces horreurs. Déguisés en « migrants » parmi les migrants, pour sentir, sur leur peau, à même les os, l’effroi, la douleur, la terrifiante menace de l’éradication et de l’insoutenable invisibilité.

Menace et délire revanchards ? Non.

Certains journalistes (et j’ai oublié, hélas, les cahiers lus, sous le manteau, venus de je ne sais où…) s’étaient glissés dans la peau de clochards – que l’on ne nommait pas encore SDF- pour sentir, à même leur corps, ces traitements humiliants de la misère, en soi-disant « lieux de refuge et d’accueil ». Loin, très loin des centres villes.

Vous savez bien le « Je ne veux plus voir sur aucun trottoir, etc. ». Eh bien, ce fut, cette expérience, selon les mêmes termes, dans l’entre deux guerres. Il fallait éradiquer la misère. Sous le tapis, la misère. Fouit ! Disparue, la misère. Rues propres. Pays propre. Non ?

Mais, il faudrait un peu, beaucoup de courage, d’intégrité, de volonté d’implication, d’engagement POLITIQUE pour tenter l’expérience. Pour savoir ? Pour vérifier ? Sentir ?

Ce serait terrible !! Terminé le déni. Terminés les discours fuyants et mensongers. Trop dangereux le réel. Trop dangereuse la prise de conscience…

Le conditionnel, donc. L’improbable, donc.

Demeurent les aidants, les résistants, les courageux, les justes…

A leur tour, faussement écoutés, faussement encouragés, faussement… Oui, encore oui.

Ils pourraient – à nouveau le conditionnel, je sais- devenir un contre-pouvoir. Pas de place à leur accorder. Désolée. Oh ! Que de discours présidentiels en mémoire, que de discours humanistes et bienveillants à références philosophiques et emphase, exaltation quasi bibliques ! Si flatteurs pour l’ego ! Croire, y croire… Oui ? Mais non.

Une résistance ? Oui. Oh que oui. Invisibles ? Non. Pas tant que ça. Aux yeux ouverts, en nombre grandissant, j’espère.

A trop tirer sur la corde, messieurs et mesdames du haut de la cordée, méfiez-vous. Non, ne vous méfiez pas pendant que les forces vives, invisibles, discrètes ou manifestes, grimperont et secoueront les nuisibles que vous êtes, que vous étiez ou que vous êtes devenus, malgré vous ou par vous, à force de détestables et lâches intérêts et convictions.

Que la corde tremble, pour de bon.

Mes pauvres mots de révolte, après les textes de dénonciation de ces réajustements, en pire, des réglementations à l’égard des dits « migrants ». Enfermement, enfermement, enfermement ! Une chronique de la honte ? Oui. Assurément. Calais… Et tous les Calais du monde.

Que la corde tremble….

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