Juste un mauvais rêve, monsieur le président,

Vivent les vacances ! En mentalité bac à sable le président ? Non ? Si ! Une parodie un peu caustique d'une infantilisation, par les mots, de l'autre - et de soi ? Tendance, nouveau mode de communication ?

Juste un mauvais rêve, monsieur le président,

 

Vivent les vacances ! En mentalité bac à sable le président ? Non ? Si !

 

Bac à sable ? Le sable, le sabre, le goupillon, le… ?

Je ne sais plus, je n’y suis plus, j’ai oublié. Mais j’aime bien fourailler.

Maintenant que je suis grand. C’est plus le bac à sable, hein ? Hein ?

 

Oh ! Que si vous y êtes encore, dans le bac, le bac à sable, enlisé jusqu’au cou, jusqu’au coup et gare au prochain coup !

Comme les rêves de Bonne nuit les petits, pas de bêtises, hein ?

On dort, on endort, on se réveille.

On se réveille ? Les petits Lus ? Les p’tits Loups ? Les méchants Loups ?

 

Oh ! Moi, je suis le gentil, oui. Moi, moi et moi.

Y a rien que des méchants devant moi, qui disent des bêtises, à rien que des bêtises.

 

Les bêtises, c’est celui qui dit qui est ?

Oh ! Alors c’est vous ? Ben oui, c’est vous qui le dites, non ?

Ah ! Vous avez du vocabulaire, vous ! Et des références aussi. Qu’on vous écrit.

 

Mais, mais, mais… Juste un mot de moi, en finale. Ma signature. Ça vous choque ?

J’aime bien vous énerver sur les mots, avec les mots, les petits mots, les petits mots. Vous n’êtes que des petits.

Je m’adapte, je m’adapte pour que vous compreniez. Le dernier me revient. Le mot.

Oui, pour vous dire que c’est moi, le chef. C’est à moi qu’on obéit.

Vous, vous dites des bêtises, oui, des bêtises parce que vous êtes bêtes. Mais que vous êtes bêtes à ne pas m’écouter.

 

Oui, abêtissement, morgue du grand sachant ! Qui n’a plus de référence pour se défendre.

Seulement des contes à dormir debout.

 

J’adore vous endormir et vous énerver. Suis le plus fort, le plus doué, le plus malin, le plus puissant.

Qui va oser se battre avec moi ? Vous ? Vous ne pouvez rien me faire à moi. Hein ?

Fallait y penser avant. Trop tard. Bande de rigolos !

Z’êtes pas contents, non. Z’êtes de mauvais perdants.

C’est moi qui ai gagné. Je fais ce que je veux et je le ferai.

Qui c’est qui a le grand bain ? C’est moi. Encore moi qui ai gagné. Les vacances !

 

En vacances les morts ? Les noyés, les gazés, les congédiés, les assoiffés, les menacés, les traqués, les torturés ?

Vous manquez de vocabulaire, cher monsieur, si, si…

Le grand bain ? C’est la mer, le grand bain, la méditerranée.

Le grand bain ? C’est vous qui les y mettez, à les ignorer, avec vos lois, vos lois scélérates.

Mais ce que vous ignorez, c’est qu’il va falloir apprendre à ramer…

 

Dans le grand bain ? Mais je suis surveillé, entraîné, en garde rapprochée.

 

Non, le grand bain, c’est pour vous y préparer…

Au dehors, ça brûle et ça patauge, oui, le monde, c’est pas le grand bain

Le monde, notre monde qui se noie et part en fumée…
Vous, vous le grand qui aime à dire des bêtises, vous saurez encore naviguer ?

Parce que là, c’est plus le bac à sables, voyez-vous,

Ah ! Non. C’est le grand tournant des mécontents, de la terre, de la misère, de la terre et de ses habitants,

De la terre et de notre monde en ébullition, en perdition.

Alors, le grand bain, ça vous fait du bien ? Profitez-en.

Vos murs, devant les ouragans, sont bien petits, bien trop petits pour vous défendre…

 

Mais moi, je voulais juste être président ! Pourquoi vous n’êtes pas contents ?

Pourtant, on le sait, je rapporte beaucoup d’argent, beaucoup d’argent…

C’est pas moi, moi, moi qui ai convoqué les vagues, les vagues, les vagues…

Réveillez moi, réveillez moi, suis en vacances, en vacance du mon moi.

En vacances, de ce cauchemar, réveillez-moi. Réveillez-moi.

 

Mais vos désirs sont désordres, monsieur, messieurs les présidents.

 

 

 

 

 

 

 

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