Ecoutez-les...

Oui, écoutez-les. Celles et ceux qui se disent en intime, en intimité. De l’humain. Du sensible. Du poétique. Du politique, humain. Redéfinissons le politique, le sensible, le questionnement, de l’humain.

Ecoutez-les…

Nourrir le temps… Ecoutez-les.

Pour Tricia, pour Emma, pour Juliette… Toutes et tous les autres… 

Que chaque jour, chaque heure, chaque minute soient le printemps de nos respirations. Que chaque feuille tremble de se sentir observée, admirée. Que chaque sentier se nourrisse des pas jamais comptés.

Surtout pas ?

Surtout pas la cadence chiffrée. Le temps. Le temps déployé, le temps démultiplié où chaque pensée, de l’avant, de l’après s’enfle du parfum du présent. Parfum de l’émotion, parfum des nuages, parfum du frôlement d’ailes, des libellules, de l’oiseau, de la bergeronnette… Parfum, élixir de vie. 

Que chaque minute vaille une éternité… Les mots, ceux des poétesses, des poètes. Ils sont là. Ecoutez-les. Les mots qui dénoncent, les mots qui fustigent, les mots qui portent, les mots, les mots... Les mots nous aiment. Peuvent nous aimer.    
Oui, les mots sont… D’une langue à l’autre, sans discrimination, sans frontières, avec ou sans amertume, le pouvoir de dire… Ce que nous sommes, nous les humains. Sommes-nous encore humains ?

Si nous perdons le sens, le sens des mots, des notes, des couleurs, des crayons, des pinceaux, de l’eau, du ciel, de la terre…

Sommes-nous encore humains ?

Encordés, administrés, déstabilisés, robotisés, décalqués, décalés, désabusés, décontenancés, déshabillés, décervelés…

Sommes-nous encore humains ?

Nous le sommes, nous devons l’être, nous sommes des êtres… Vivants.

Vivants sur cette terre, pour combien de temps ?

A nous de le défendre, ce temps, ce temps qui nous est compté, avec obscénité, conté.

Non, nous ne devrions pas nous en laisser compter.

Le politique a perdu ses lettres de noblesse. Ici, ailleurs. Combat de coqs. D’egos. De mots. De sens. Fatuité. Cynisme institutionnalisé. L’inculture a pris le pouvoir. Des mots. Des mots doubles, pernicieux. A l’ombre des vérités. Mais puisqu’il faut compter. Comptons. Nous sommes le nombre. Nous sommes en nombres.

Ne me dites pas l’impossible. Ne me dites pas. Trop sont déjà dans l’ombre, trop sont effacés, trop sont noyés, trop sont tués, torturés, dénigrés, éradiqués.

Puisqu’il faut compter. Comptons. Comptons sur nos convictions, notre intelligence, notre désir de vie plus que de survie.

Les mots qui disent… Ecoutez-les. Les poètes, les poétesses, les écrivaines, les écrivains… Traversent le temps, nous disent le temps, des souffrances et des espérances. La beauté des mots. Le regard. Sur l’autre qui nous regarde. Des incertitudes et des certitudes. Les arbres, les feuilles ne nous mentent pas. Ils disent aussi. Ecoutez-les. C’est du politique. Du politique humain. C’est… Quoi qu’on en dise.

Ecoutez-les…

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