L’urgence en danger. D’extinction.

Le mot urgence a-t-il encore un sens ? Perdu le sens. Dévié le sens. Ne fait plus trembler l’urgence. Non. Il faut éteindre le bruit de l’urgence comme le bruit du silence ? L’apocalypse ? Oh ! Mais oui. Qui détruira toutes les urgences.

Le mot urgence a-t-il encore un sens ? Perdu le sens. Dévié le sens. Ne fait plus trembler l’urgence. Non. Il faut éteindre le bruit de l’urgence comme le bruit du silence ? L’apocalypse ? Oh ! Mais oui. Qui détruira toutes les urgences.

Ou alors ? La conscience d’un réveil ? Réveil de la conscience ? D’un autre possible ? Une révolution de nos regards ?

Urgences, non. N’allez plus aux urgences. Danger, danger de mort, d’attente de la mort… Au secours, à l’urgence des urgences. Secours en urgence.

Non, aucun écho, aucune résonance, aucune lueur d’empathie, d’écoute… Juste une question de réorganisation, de culpabilisation de celles et ceux qui abusent… Oh ! Abusent ? Mais qui abuse ? Les abuseurs. Les faiseurs de nuages trompeurs, à dissiper l’urgence.

Tant de manifestations, de luttes, de cris, de dénonciation des dysfonctionnements… De dénonciations des violences, blessures, atteintes au corps, criminelles.

Au sommet du sommet, la cordée… Pas d’échos. Juste un murmure, un sifflotement, un flottement, tout au plus. De chiffres. De calcul. D’économie. De rentabilité. De gestion.

L’air doit être pur, tout en haut, très haut.

Un manque d’oxygène peut-être ? Qui oblitère ou perturbe la pensée ? En chute libre, la pensée ? Ou tenue en gouvernance. Létale et financière ?

Urgence, ça brûle… Les forêts, les immeubles, les esprits…

Urgence, ça fond… Les glaces, en eau troublée, libèrent les instincts prédateurs. Le goût du sang, des humains, des animaux, marins. Requins frétillants, de la finance et de la puissance. De guerre.

Urgence, ça déborde… Dans les prisons, les bateaux, de sauvetage, les amas, de pierre, la guerre, les morts, les cadavres…

Urgence devant les murs qui séparent, tuent, anéantissent l’espoir…

Urgence de stopper cette machine infernale du tout pouvoir, de ce flux continu des discours de parade, des compromis et dénis assassins, des pousse au crime et à a violence, des flagorneurs de salons, des pourvoyeurs d’insanité…

Urgence de l’entendre cette urgence, d’une ampleur de monde.

Que peut cet élan citoyen, d’une terre, d’un pays, des pays… Qui se battent, qui résistent, qui se révoltent, qui tentent, qui manifestent…

D’y croire, encore et encore… Rien à perdre ? Si, reprendre et tenir le sens de la vie. Là, s’entend l’urgence. Au risque de mourir ? Point de dégâts collatéraux, horrible et indécente formule des faiseurs de guerre. Non. Une volonté farouche de vivre contre une atteinte à la vie, digne. Une dignité tant méprisée.

Urgence et dignité, en voie d’extinction ?

 

Pourtant. Si loin des tourmentes, des horreurs et des urgences, le jour s’est levé. Ici.

Le ciel, à peine bleuté, de nuages délicatement suspendus au-dessus d’un clocher, se pose sur la ligne des feuillus.

Horizon d’un vert sombre et dense.

Les martinets ont déjà déserté la place. Déjà ? Oui.

Seuls les pigeons s’étourdissent en larges vols au-dessus du fleuve.

Dimanche, jour de repos, dit-on.

La conscience d’instants privilégiés ? Oui.

Mais… Les oiseaux, là, sous mes yeux, se concertent pour échapper, en urgence, à l’assaut des balles tirées à blanc ( ?).

La Feria n’est pas loin.

L’urgence prend son temps, l’urgence….

 

 

 

 

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