Au Pilori ! Mais oui. La belle, la femme, l’enfant. La comédienne.

Brûlons la sorcière. De délire en délire… A ce point ? Oui. De quoi s’inquiéter…

De quoi s’inquiéter de la bonne santé mentale de certains de nos concitoyens - et même citoyennes-, bien protégé(e)s derrière leurs écrans. Ce défoulement… En guise de raisonnement. La déraison qui défie la raison.

Et ça parle de lynchage. Le « médiatique » a disparu. Le lynchage, lui est bien resté. A croire que l’on en rêve. De la lyncher. Elle. La femme. Jusqu’à la tête qui tombe et roule aux pieds de la belle traitresse ? Non. De l’homme. Qui ne peut s’empêcher d’en parler. Encore et encore… L’échafaud ? L’échafaud. Port de reine. Mais oui, dame, mais c’est bien sûr.

Ou bien encore, Jeanne d’Arc à brûler vive ? Ah ! Les sorcières !

Ou bien encore l’affaire Dreyfus. Trop politique, son discours. Trop universaliste ? Trop féministe ? Trop, quoi.

Fantasme, ô fantasme quand tu nous tiens.

Que de projections, d’analyse, de décortication, de chaque mot, chaque hésitation, émotion retenue. Faussement retenue. Tout l’art et le savoir faire de la comédienne. Père symbolique, père de remplacement. Désir, ô désir et trahison.

Tordu, le désir. Malsain, le regard. Sur elle. De nous à elle. Pas supportable de voir ça. Pas supportable. Non.

 

Un billet, pour elle, pour nous ? Pas très élogieux, le billet, n’est-ce pas ?

Qui révèle tous ces incroyables jugements, condamnations, diffamations… Pour juguler ce triste, détestable, infernal, condamnable lynchage médiatique. De l’homme. Qui n’était pas là. Lui. Qui ne savait pas. Que tant d’innocence… Innocence ? Innocente l’enfant ? L’on n’y était pas. Ben non. On n’a pas vu.

Alors le doute. La suspicion. Pour cette passion. Pour cet art. Du cinéma.

Alors le doute. On vérifie les dates. On vérifie. Si un an, c’est suffisant. Pour souffrir. Si c’est suffisant pour que l’on puisse croire à son histoire, son récit. De souffrance. Si, un peu. On l’écrit pour aussitôt le démentir. Perversion des mots. Qui ne se retiennent pas. De dire. Sans le dire. Mais le faire entendre. Sournoisement.

Ah ! L’émotion, la grande et insupportable émotion. Venue d’une comédienne. Contagieuse même. Cette émotion. L’homme aussi. Présent. Le seul homme. Devenu à son tour comédien. Comédien malin. Horreur et damnation. L’émotion. De « quasi authentiques larmes ». A pleurer dans les chaumières ? M’ont rien dit, les chaumières, pourtant. Non. Rien dit.

Elles auraient pu, les larmes. Quasi. Quasimodo.

Lui, au moins, l’aurait aimée et protégée.

Mais, Notre Dame de Paris est partie. En fumée, de plomb.

A pris du plomb dans l’aile, l'histoire. Mon pauvre Quasimodo.

 

Pourquoi elle ? Mais oui, pourquoi Adèle ? Si belle. Si riche. Si connue. Que veut-elle, la belle.

Refuser les hommes ? Dans sa vie de lesbienne ? Lesbienne souffrant des hommes ? Pauvre Adèle.

Tomber dans un autre piège. La faute à pas de chance, tout de même.

Condamner l’homme et pas la femme ? Entre femmes, c’est du pareil au même, ma belle.

Ça nous manquait, la lesbienne. Un mot jamais prononcé par la belle. Lesbienne. Oui ? Non ?

Mais qu’importe… Il y a un film. Qui témoigne. Ce portrait, de femmes, rien que de femmes… Misère et damnation.

Céline. Vraiment. C’est indigne. De s’occuper, se préoccuper du regard sur les femmes.

D’un libre et généreux regard sur les femmes. Indigne.

Quand je vous dis que l’on revient au temps des sorcières.

 

Les justiciers et justicières sont là. Pour y mettre bon ordre. De la justice. La loi. A se soumettre. Seule à même de juger. Là où la parole…

Elle aurait du, elle n’aurait pas du, elle aurait du, elle n'aurait pas du…

 

Elle a été. Sa parole. De son choix. Son libre choix. Qui fait acte. De sa parole, mal ou bien entendue.

Elle a été. Elle est. Elle est femme. Elle est.

De force et de liberté.

 

Et pour que, ici, ailleurs, en toute humanité,

d’hommes et de femmes, de filles et de garçons,

se respecte la dignité !

 

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