La France silencieuse...

Des formules "choc", trompeuses et nocives. Quand ceux qui sont ciblés ne peuvent répondre... Bousculés dans l'empilement des discours, les mots perdent leur sens. Le sens est dévoyé. La cible malmenée. Billet d'humeur. Pour ne pas mépriser le silence. Pour que le silence ne soit pas méprisant.

 

La France silencieuse... Vraiment ?

De quel silence parle-t-on ?

 

 

 

Paroles, pensées, colère, souffrance… En silence ? En soumission ?

 

Non, le verbe haut vous avez, pour dire, pour souffrir. Et vous faire élire !

 

 

 

Manipulation ? Arrogance mensongère ? Intime conviction ?

 

Non, non, non. Un temps volé.

 

Un espace, une intimité. Volés. Tout simplement volés.

 

 

 

Vous ne dites rien ? Bon, il est vrai, vous n’avez pas écouté. Mais pour eux, vous savez.  A leur place vous savez. Penser. En eux, vous croyez.

 

Penser ? Vous pensez ? Quelle audace. Croire ? Vous croyez ? Quelle vacuité.

 

Mais qui êtes-vous pour oser leur esprit voler ?

 

 

 

Pas le temps de vous entendre. Pas le temps de vous écouter. Pas le temps. Non. Ni l’argent pour vous comprendre. Monsieur, messieurs. Mesdames. Ne sous-estimez pas la force des silences en absence.

 

 

 

Pas la même couleur, pas la même ardeur, pas la même valeur. Transparents ils sont. A vos yeux. Cachés. Transparents. La France muette, vous l’avez avalée, congédiée, conspuée, méprisée.

 

 

 

Vous avez l’argent, vous avez la puissance, vous avez l’arrogance, l’impunité ?

 

Hypocrite et nauséabonde solidarité des nantis !

 

Impudique violence de faux croyants, faux semblants !

 

Vous faites du bruit, beaucoup de bruit. Beaucoup trop pour l’entendre, ce silence.

 

 

 

Oui, le silence des laborieux. Si occupés, préoccupés, déstabilisés.

 

Soucis d’argent, soucis de famille, soucis de vie. De survie.

 

 

 

Non, ce silence ne vous appartient pas. 

 

 

 

Dernier rempart de la misère, vertueuse dignité des silencieux, des laborieux. La pudeur. Une membrane protectrice, fragile et susceptible.

 

N’y touchez pas. N’y touchez surtout pas.

 

 

 

Apprenez à vous taire. Peut-être entendrez vous, dans toute leur violence et souffrance, ces mots qui ne se disent pas.

 

 

 

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