Rompu le silence. Oyez, oyez bonnes gens, écoutez.

Les mots sont arrivés, les mots forts, les mots des plus forts. Ceux que l’on voulait entendre, ceux que l’on ne voulait entendre. "Si un bateau avait la France pour rive la plus proche, il pourrait accoster"...

Rompu le silence.

Oyez, oyez bonnes gens, écoutez.

 

Les mots sont arrivés, les mots forts, les mots des plus forts. Ceux que l’on voulait entendre, ceux que l’on ne voulait entendre.

Ils sont là. Ils vont se répandre. Comme une poudre à effacer la raison, à gommer les lâchetés et trahisons.

 

C’est pas moi, c’est l’autre. Le cynisme de l’autre. Et c’est celui qui dit, qui est. Qui dit le premier. Qui dit à l’autre.

Au secours. Pitié. Je préférais le silence. Le silence avait parlé.

Le silence qui criait déjà fort la lâcheté, l’inhumanité.

 

Indécision. Décision. Aucune pudeur. Aucune dignité.

Silence de la honte. Que les mots viennent porter si haut.

Envie de se cacher. Envie de fuir. Envie de fermer les écoutilles.

Si Versailles m’était conté… Oui, on aurait pu.

Mais le droit international, n’est-ce pas ?

Fermer les écoutilles ?

La route est fermée. Les ports sont fermés. L’esprit est fermé. Le piège, sur eux, s’est refermé.

Ouf ! In extremis, une bouée leur fut jetée. Ouf ! L’espoir d’une survie ? Jusqu’à quand ? Comment ?

 

Ne plus écouter. Non.

Ne plus supporter l’arrogance folle, puérile, indécente devant l’épuisement du sens, du sens des responsabilités.

Peur de la faute. Peur de l’engagement. Peur de perdre la face ?

 

Trop tard. C’est une farce. Que l’on ne peut avaler. De trop mauvais goût, la farce.

Défense de pacotille. Trop visibles, trop audibles les petites et grandes lâchetés.

A dénoncer, en légitimité défensive, venue de l’autre, l’odieuse l’illégalité.

 

Du silence aux mots, les justes, les humbles, les miséreux, les invisibles, de mépris, seront éclaboussés.

 

Non. Toute honte bue, les mots forts n’ont pas sauvé l’honneur.

Sinistre l’attentisme mesuré, calculé. Sinistre la réplique. Oui. Sinistre.

De quoi avoir très mal à notre humanité.

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