Avant qu’il ne soit trop tard…

Le sursaut du désespoir ou l'ultime espoir. Réveillez-vous.

Le débordement.

Des mots débridés, désincarnés, des jets d’insanités, des corruptions, des lâchetés, des égos, des hypocrisies, des crétineries !

Oui, ça déborde, de toutes parts. Ca déborde en colères, ça déborde en misères, en vulgarité, en obséquiosité, en compromissions, en injustices, en cruautés, en ambigüités, en indicibles tragédies…

Oui, ça déborde. De vies perdues, perdues de vue, de déséquilibres, de vertiges, de mal être, de frustrations, de dénis, de non dits…

Oui, ça déborde, ça déborde. Et l’on s’endort ? L’on s’endort au son des trompettes de la renommée ?

La renommée, la bien nommée, la dés-humanisée ?

La coupe est pleine. Urgence, urgence. N’entendez-vous, dans nos campagnes…

Il fut un temps, il fut et ne devait plus. Plus jamais.

Non, il ne faut pas que nos enfants entendent ce bruit qui vient. Il ne faut pas. Il faut. Il ne faut pas.

A grands pas, la répression, à grands pas la soumission, la destruction ?

Tordre le sens, détourner le sens, inventer la nouvelle obéissance. Oser la novlangue. Oser la perversion du sens qui dit pourtant le vrai du cynisme, une vérité insupportable à déchiffrer. Qui, sans trembler, peut s’énoncer.

Shopping de l’asile !!

Il suffisait d’inverser. Le sens. Le rôle. Les responsabilités. Il fallait oser. Oser dire que les victimes aux abois se permettent de choisir, de se cacher, de refuser… La violence et le mépris qui les attendent. Où se réfugier. Où ?

Oui, se révèle, se désigne, sans complexe, le stock des migrants, des sans papiers, des sans nom, des sans âge… La gestion des corps-objets. L’on comprend mieux le comptage. Les chiffres, les flux, flux tendus ? Honte ? Non. Pragmatisme. Pragmatisme étatique. Honte. Oui. Insupportables honte et mépris.

Faut-il que l’histoire se répète ? Pour qu’elle s’apprenne ?

Non. Il ne faut pas que nos enfants entendent, comprennent, s’inquiètent, se révoltent, s’insurgent, débattent, réfléchissent…

Non. Bien sûr que non. A se révolter, à penser, à douter, ils sont les professionnels du désordre.

Magnifique formule. Qui nous manquait.

Professionnels ? Qu’est-ce à dire ? Du talent ? Des compétences ? Une capacité d’organisation ? De réflexion ?

Trop tard. Étiquetés. Dénigrés. Manipulés. Délogés.

La jeunesse des appelés, des conscrits. La jeunesse embrigadée. La jeunesse libérée. La jeunesse joyeuse. La jeunesse tranquille et studieuse. La jeunesse sacrifiée. La jeunesse bêtement révoltée. La jeunesse bien éduquée. La jeunesse…A dompter.

Il faut bien que jeunesse se passe…

Vivement le service civil ou de formation militaire obligatoire ! Que l’on éduque enfin ces mal éduqués. Que l’on neutralise enfin ces récalcitrants inconscients. Mieux qu’une révolution, la fusion des classes.

Ah ! Ces têtes brûlées ! Où sont-elles ? Oui. Où ?

A l’envers, à l’endroit. A l’endroit ? Quel endroit ? Le droit. Le droit de dire, de faire, d’imposer, de penser, de dicter.

Mesdames, messieurs. Vous n’êtes qu’en fin de cordée. Réveillez-vous. Réveillez-vous.

La cime ruisselante, fondant sur les nantis, n’est que mirage. La corde est glissante. A croire au vertige égotique du pouvoir, la chute peut être brutale. Un jeu de massacre. Le déni de votre humanité. De notre humanité.

Vous n’êtes pas le monde. Le monde ne vous appartient pas. Mais vous êtes responsable, à chaque nœud de la corde, de vos décisions, de vos mots, des maux dont vous ignorez l’existence. La corde. Non. Pas la corde à sauter. La corde à sauter, c’est l’enfance. Vous en souvenez-vous ? Non. Ca n’est plus un jeu. Quittez cette arrogance infantile, cette suffisance morbide. Osez entendre les garde-fous, les garde-vie…

Avant qu’il ne soit trop tard.

 

  

 

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