Les grains de sable, nos courageux grains de sable…

"Mâlitude" des egos. Quand le pouvoir joue du muscle, de la surdité, du théâtral émotionnel, pour se justifier et s’imposer, le pire est à craindre. Et les ogres, ne nous leurrons pas, ont déjà la bouche grand ouverte.

Les grains de sable, nos courageux grains de sable…

Mais que faut-il faire pour qu’ils entendent ?

Hurler ? Où ? Où sont les échos ? Où sont-ils ? Ceux qui devraient, qui ne veulent pas, qui n’entendent pas, n’y sont pas.

Cette peur d’être là. Cette peur-là. Que les manquements et la lâcheté se voient… Oui, ça se voit. Toute cette énergie, turbulente ou silencieuse, celle du déni, arrogant et pervers, pour nourrir ce pouvoir, ce pouvoir. Ce pouvoir… Du qui gagnera ?

Tant de lignes à lire, lire pour entendre en soi, pour entendre … Ces cris, ces horreurs, ces injustices, ces je ne sais quoi d’innommable, au nom de la loi, la loi, la loi… Mais laquelle, bon sang. Bon sang qui ne saurait mentir… Mentir ?

Mais qui pourrait mentir ? Qui ?

Ne peuvent mentir. Ne voient rien, n’entendent rien. Mais oui. Mais quoi, mais qui… Il se passe quelque chose que je ne saurais voir ? Moi ? Moi, le président, le premier ministre, le second, le troisième, le quatrième…

Mais quel est ce théâtre, ce mauvais théâtre ? Quelle est cette mauvaise scène ? Par qui écrite ? Qui sont ces mauvais acteurs ? Pourquoi nous faire subir cette mascarade ?

Ah ! Mais oui. Recomposer. Ils étaient en reconstruction, reconsidération, reformation… En « Reboot », quoi. En attente. En misérable obéissance. Pour éviter la déliquescence. Nettoyer les possibles dissidents, les possibles embêtants. L’entrisme, l’entre-soi, l’entre-je ne sais quoi pour n’importe quoi. Du moment que moi, moi, moi.

Ah ! Oui. Mais en même temps. Oui, en même temps, pendant ce temps, tout ce temps, les abus, les applications des lois, des soi-disantes lois. Revues, recorrigées, toujours aux mêmes appliquées ? Ni vu, ni connu. Abdou, Léo, les Roms, les réfugiés, les sans-abris, les sans… En nombre, les sans. En nombre toujours grandissant.

Oh ! Un moindre mal puisqu’il ne se voit pas, ce mal. Un moindre mal. Pour une compétition d’egos, pour du muscle, à comparer. Les hommes forts. Celui qui bouge le premier. Celui qui dit le premier. Celui qui se tait. Qui sera le plus fort.

Un moindre mal ce que vous faites, pensez-vous, persuadez-vous quand d’autres, sont déjà, plus loin, juste à côté, plus au sud, vous savez. Enfin, à l’ouest, à l’est, au sud. Oui, vous savez, vous ne savez pas. En détention, en prévention, en rétention, en je ne sais quoi d’interdiction, de présomption… Non pas d’innocence, non. Coupables. Coupables d’être en vie. Préemption de vie… Parce que ? Parce que quoi ? On ne sait pas, on ne sait plus, on ne veut plus savoir puisque c’est la loi. La loi du plus fort. La loi de la peur. La loi de la bêtise. Inhumaine, la bêtise. Crasse. Profondément crasse. Maintenant. Ici et maintenant. En urgence. Doivent dégager, doivent payer, doivent souffrir, doivent, nous doivent… Quoi. Mais quoi donc ? D’être là, au mauvais moment, au mauvais endroit. Pourquoi ?

Oh ! Mais pourquoi donc ? Parce que. Dit-on, aux enfants. Parce que. Dit-on au monde.

Parce que. Parce que ça devient fragile tout ça. Parce que les plus faibles deviendraient les plus forts ? En nombre ? Parce que les horreurs du passé feraient écho à celles du présent ? Parce qu’il est temps de se révolter d’une usurpation de territoires, de culture, de croyances, de pouvoirs ? Parce que la terre n’en peut plus de supporter ces insanités humaines ? Parce que, parce que, parce que…

Ne nous parlez pas des églises, en abus d’autorité, de crédulité, de mensonges éhontés, en crimes impunis, en lâcheté, en mots durs, insultants, méprisants. Ne nous parlez pas des théories politiques devenues arguties politiciennes, ne nous parlez pas des droits de l’Homme que l’on ne peut respecter, ici, ailleurs. A défendre, à s’indigner, à espérer… Sisyphe couronné.

Impuissance quand tu nous tiens… Douloureuse impuissance.

Oh ! Pourtant. Oui, pourtant.

Alors que sous nos pieds, le sol semble déjà se dérober.

Invisibles les ogres ? Non, les ogres aboient et sont à l’œuvre.

Les combattre.

Ne pas se soumettre.

Ne pas abdiquer.

Soutenir ces humains qui se révoltent, se serrent les coudes, résistent, agissent… S’épuisent, se relèvent, reprennent des forces.

Se battent encore.

En force et noble résistance citoyennes…

Les grains de sable, nos courageux grains de sable…

Puissent-ils enrayer la machine avant qu’elle ne nous dévore.

 

 

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