Silence ! Silence… jusqu’à l’indigne !
Et le bruit se répand et l’huile déversée attise le feu. Le feu dans l’assemblée, le feu médiatique, le feu des soupçons, le feu. Le feu et la fumée qui brouillent les faits, qui masquent les secrets, à peine dévoilés. A peine, vraiment ?
Le silence qui trahit la violence.
Une violence qui couve et qui recouvre les coupables dénis, les coupables arrogances.
Dissimulation, forfaitures, trahisons.
Mais, sous les tapis, couve un autre feu, bien plus inquiétant. Le silence, la fuite, la riposte à venir ?
Qui donne du temps au temps ? Qui protège ? Qui protège qui ? Qui va éteindre le feu ? Sauve qui peut !
Une broutille ? Un feu de paille ? La paille et la poutre, dans l’œil du cyclone. Gravité estompée, niée, méprisée.
Grandeur et décadence. S’éloigner du bruit pour mieux voir. Voir quoi ?
Voir et regarder ce monde en furie, ce monde qui se disloque, qui perd la boule, de feu.
La corde brûle. Oui. Et ça n’est pas qu’une métaphore, cette fois. Quelques nœuds la retiennent encore. Mais, quand la base et le sommet, dans les flammes pourraient se rejoindre, il est urgent d’établir les barrières d’un contre –feu. Les têtes en silence font gamberger les plus mauvais esprits, en surchauffe, sombres et sournoises vilénies.
Ce silence accablant. Oui.
Sidération. Colère enfouie. C’est l’été. L’été des vacances, l’été des voyages, du pouvoir en vacance, qui se nourrit de l’insouciance, de l’impudence, de l’impunité. L’été de tous les dangers. Tant de misère à fuir. Fuir loin, c’est si loin….
Une place, des places à prendre ? La guerre, celle des mots, a déjà commencé. Les suspicions aussi. La mémoire récente d’un autre silence, celui de l’Aquarius, à laisser faire, à laisser venir la faute, de l’autre, pour accuser et se disculper, pour distraire, emmener ailleurs, le regard.
Y aura-t-il, après cette attente, une secousse, un autre feu qui éteindra le premier ? Ou bien, y aura-t-il, ici et là, d’autres mises à feu ?
Inquiétant ce silence, inquiétant cette vacance ? Qui ne dit mot consent ? Consentir ? A quoi ?
Ne pas descendre dans l’arène ? Ne pas s’abaisser à rencontrer les deuxième, troisième, quatrième… de cordée ?
Juste au-dessus des nuages, le soleil brille encore…
La corde, avant de brûler, a-t-elle été lâchée ? Cruelle lâcheté, criminelle lâcheté ? Où sont les fusibles ? Lesquels choisir ? Ce silence pesant son poids d’intrigues présents ou à venir…
Où sont les courageux ? Où sont les têtes pensantes ? Ne pas laisser les flammes incendier les esprits. Oui, il y a péril en la demeure.
Après l’incendie, dans la nature, les asperges sauvages grandissent. Tendres et goûteuses. Faut-il vraiment, sur les cendres, espérer de nouvelles pousses ?
Les cendres ne doivent pas épaissir les tapis de la renommée si fortement décolorée, insultée, mortifiée. Secouons les tapis, faisons voler la poussière mensongère.
Réaffirmons nos valeurs d’humanité.
Osons la mise à nu.
Osons y voir plus clair.
Osons suivre nos justes.
Osons le courage d’une résistance à l’injustice, à la corruption, au déni, à la violence, de l’État.
Osons inverser le courant mortifère.
Osons le pouvoir collectif, celui des justes causes.
Ce silence qui laisse présager le pire ! Non, tant de morts déjà. Dites-nous que ça n’est pas possible. Qu’un sursaut, un sursaut d’humanité, de courage, de conscience, de… Nous évitera le pire.
Non à l’indécence du pouvoir. Réveillez-vous !
Que les forces vives et généreuses de ce pays, et d’autres tout aussi concernées, puissent inverser le sens d’un mauvais présage à venir.
La poutre ne tient pas l’édifice, elle n’est qu’un fétu de paille qui brûle, brûle…
Ce silence indigne !
Ce silence qui nous trahit, qui nous salit et qui fait tant de bruit
Ce silence…