Je ne sais pas ce qu’il faut faire mais ce que je sais…

La puissance médiatique des impuissants ? Contrôlables et contrôlés. Elle est. Cette puissance. Nocive ou défenderesse. Pourtant j’avoue humblement. Que je ne comprends pas et ne veux pas comprendre cette démission devant l’urgence d’intégrité.

Non. Je ne peux. Parce qu’il est inconcevable d’accepter toutes ces prises de paroles insultantes, imbéciles, irrespectueuses, malhonnêtes, méprisantes… Et j’en passe tant elles sont nombreuses et colportées (oui, je dis bien colportées) sans recul, sans analyse, médiatiquement, en ondes dominantes, en tweets, en émissions télévisuelles… Un véritable massacre de la pensée, de la parole digne, juste, cohérente… Qu’il s’agisse des violences policières, qu’il s’agisse du comptage des manifestants, qu’il s’agisse du nombre impressionnant des secteurs touchés par les réformes, des métiers qui revendiquent leur visibilité, leur existence, du traitement inadmissible des réfugiés, des noyaux de résistance et de réflexion, de propositions alternatives, de l’insoutenable souffrance des secteurs de la santé, de l’éducation… Liste longue, longue, longue… A examiner, reconnaître, respecter, écouter. Puisqu’elle dit notre société. Pleine, vivante et diversifiée.

C’est si confortable d’exprimer et soutenir les contre-vérités ? C’est soutenable de disqualifier toute réalité des dysfonctionnements institutionnels, des dénonciations des corruptions à n’en plus finir, des doubles discours, des paroles méprisantes, des décisions en catimini… Vous y croyez vraiment ? Vous réussissez à vous en convaincre ?

Mais bon sang, où sont passés les vrais journalistes ? Où sont-ils ? Je parle, bien sûr des grands medias, comme l’on parle des grands groupes industriels, des lobbies, des extractions minières illicites, des contrats douteux, des… Comment, sans frémir, oser, en toute notoriété professionnelle (et non honnêteté) énoncer les pires insanités des nantis, politiciens, politiques, au nom de la neutralité ? Neutralité ? L’équilibre de cette absurdité mensongère du « En même temps » ? De l’objectivité journalistique ? 50% pour, 50% contre ? Ou plutôt, tant qu'à dire, le dosage bien réduit pour illustrer les minorités agissantes, rebelles, violentes, irresponsables, "daechiennes" ? Des terroristes finalement. Puissance nocive des mots. Excessif ? Non. Percutant. Pensez-y !

Ah ! Pour sûr, le secteur est porteur. D’influence, d’argent, de notoriété en soumission acceptée, calculée… En format construit, calibré, la parole est formatée. Le discours dominant s’enroule, défiant toute argumentation faussement opposante, et s’impose en conclusion définitive. Oui. La boucle est bouclée. Arrêt sur image ? Pour qui est abonné. L’efficacité du « mainstream » n’est pas à contester. De beaux jours encore…

Tant que les enjeux de société, d’équilibre des forces politiques et politiciennes ne sont pas périlleux (pas encore..), ma foi… L’on peut en sourire, en rire… Les guignols de l’info ? Il s’est fait tard. Trop tard.

Mais là, sans blague, l’on est à un carrefour dangereux où tout peut basculer. En êtes-vous conscients ? Trop facile la déconnexion. Le hors sol. Trop facile. Sortez un peu. Allez voir le vrai monde. C’est dur ? Oh ! J’en suis certaine. C’est dur de quitter ses pantoufles. Après tant d’années. C’est risqué d’oser. D’oser réfléchir. D’oser se confronter à l’autre. Vraiment. Pas en texte à 50%. Non. C’est ouvrir les yeux. Se regarder pour aborder le réel. Avec des yeux neufs, ouverts, quand d’autres les ont déjà perdus. Et, si l’on quitte un tant soit peu l’ethnocentrisme ? Ici, ailleurs… Où tout peut basculer. A déjà basculé. Comptes et décomptes des morts, comptes et décomptes qui ne signifient plus rien. Des chiffres quoi. Le job est fait. Science sans conscience n’est que… Ruine ? De l’âme ? Avez-vous une âme mesdames et messieurs ?

Je ne peux imaginer, malgré et envers toute compréhension de votre environnement (quitter ces privilèges, j’avoue…), que vous ne puissiez pas vous réveiller, réhabiliter le sens à donner à l’information, juste l’information, en toute honnêteté. Ou bien, attendez-vous que l’alerte suffisante soit donnée… (Et pourtant !). Imaginons que la bascule se fasse du côté qui n’est pas le vôtre. Imaginons… Allez-vous fustiger, contrer, dénoncer… Je ne sais pas… Celles et ceux qui vous ont grassement encouragés, soutenus, payés ?

Force corruptible et incorruptible des organes de la presse, aux multiples réseaux. Un pouvoir toujours à défendre, certes. Un pouvoir que l’on aime à museler. De maintes façons. Oui. Là aussi, il faut du courage. Plus que jamais. En somme, un billet d’alerte. Parce que là, il faudrait. Vraiment. Inverser la vapeur.

Tout n'est pas joué ! C'est un jeu. Un jeu de mots. Qui tournent et se retournent, les mots. Non ? Pile ou face ? Qui gagne ? Qui va gagner ? Mais la langue est vivante et n'a pas dit son dernier mot.

Je l'espère... Sincèrement.

 

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