L’important, c’est…

Quelques roses encore, pourtant, dans les jardins, sentent bon. Laissons-les s’épanouir…

L’important, c’est…

 

L’important, c’est la rose ? Oh non, monsieur Bécaud,

Elle a depuis bien longtemps disparu, votre rose.

La rose du Petit Prince de st Exupéry ?

Elle aussi, hélas, a depuis longtemps flétri

Et les autres roses ? Bonbons, pas bonbons ?

Trop perverties pour sentir bon, les roses bonbon

 

L’important, aujourd’hui, c’est de ne pas être d’accord

De ne pas être d’accord pour se sentir très fort

L’important, c’est de s’opposer, envers et contre tout

De ne pas s’en laisser compter pour s’affirmer,

C’est tout, c’est suffisant et c’est déjà beaucoup

 

L’important, c’est de ne pas entendre

De ne pas entendre de peur de se méprendre

L’important, c’est d’attaquer pour exister

De se sentir important, c’est important

 

L’important, c’est de laisser des mots

Des mots violents, des mots insultants

Des mots pour de rire qui ne font pas rire

Des mots de douleurs qui n’ont plus de couleurs

 

L’important, ça n’est plus la rose, non

L’important, ça n’est plus l’autre, non

L’important, c’est de se dire que l’on est important,

C’est vous dire comment, combien l’important,

N’a plus ni à rosir ni à rougir, de son im-portance, de son in-décence

 

Mais ces roses-là, de tant d’artifices et de poisons nourries,

Non, mesdames, messieurs,

Elles ne nous appartiennent pas,

Nous n’en voulons pas

 

Les roses, les vraies, celles que nous aimons, chérissons,

Celles sauvages, de pétales nacrés, de jaune ou de pourpre saupoudrées,

Ancêtres ou nouvellement métissées, cœur ouvert ou fermé,

Librement, en doux parfum, envers et contre vous,

En rebelle et fière résistance, en éphémère parure,

Devant nous, avec nous, encore et toujours, s’épanouiront

 

Et ça, c'est important...

 

 

 

 

 

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