Sujet de femmes - et d’hommes. Paroles d’hommes?

Les vrais ? S’ils le pensent… Les autres sont là. Hommes et femmes. Pour le vrai.

Oui, étrange, tout de même. Étrange. Bizarre. Comme c’est bizarre.

Que systématiquement. Je dis bien systématiquement.

Je le répète tant il est facile de faire la sourde oreille. Aux mots.

Tous les mots ? Sur un titre, un billet, un article ? Non.

Certains mots. Fauteurs de troubles. Systématiquement.

Les mots.

De Viol, harcèlement, féminisme, féminicide, voile, re-voile, re-re-voile, avortement, harcèlement…

Une précipitation d’écriture, de commentaires ! Au masculin, en toute masculinité. En toute légitimité.

Piqué au vif. Vital.

Une force irrépressible pour dénoncer, expliquer. Aux femmes. Leur demander des comptes. Urgence. C’est urgent. De le dire, de l’affirmer jusqu’à épuisement ? Non.

Jusqu’à la prochaine alerte par les mots, les mêmes. En clic et re-clic. Les mêmes mots. Les mêmes défenseurs des hommes, les vrais.

Parfois, une femme tente sa voix. Tente son approche. Quelques lignes. Boum ! Dégagée la voie.

Mais, mais… Certaines savent, la réponse franche, argumentée. Savent. En femmes, s’imposer.

Mais, mais… Devant la meute ? Peu importe le nombre. Les laisser entre dévoreurs de mots, de femmes. Les hommes. Les vrais.

Parfois aussi, une femme. En combat. Convaincue de ce combat. Si injuste. Où l’on oublie les hommes, ces victimes. Dénonciations, toujours abusives. Convaincantes ? Une voix du féminin. Au masculin du féminin ?

Parfois aussi, des hommes. Pas les vrais ? Non. Des hommes, pour le vrai. Juste des hommes. Conciliants. En nuances. En partage.

Même combat ? Même acharnement.

Trop de féminité chez ces hommes-là. Trop de sensibilité. Trop, c’est trop.

Mais, mais, mais…

D’autres mots sont tout aussi redoutables.

Les mots ennemis. Oui. Ennemis, là aussi.

Venus d’un autre réflexe. D’instinct. Instinctive, cette peur en défiance et méfiance, du grand remplacement, envahissement. Pureté de la souche que l’on n’ose examiner. Éloigner le mot. Pourrait se ternir, se salir, la souche.

 

A égalité, les mots ravageurs ? Les mots-juges ? Les mots-dé(s)raison ? Plus facilement au masculin, le savoir ?

Le savoir du faux vrai. Qui ose.

 

Urticants ? Clivants ? Ces mots ?

Réfugiés, migrants, étrangers, africains, libyens, iraniens, syriens… Là, la liste est longue, si longue, jamais assez longue…

 

Ces lâches qui ne se battent pas dans leur pays, en guerre. Qui osent quitter leur terre, leur famille. Qui osent. Qui osent demander l’asile. Qui osent demander de l’aide. Qui osent traverser la mer ? Qui osent attendre les secours ? Qui osent ne pas mourir…

Ces enfants. Ces enfants qui n’en sont pas. Trop grands. Trop musclés. Trop mûrs.

Qui trichent. Ces fuyards. Qui ne devraient pas. Non. Exister.

Effacés. Contrôlés. Enfermés. Questionnés. Abusés.

Tuer l’œuf qui ne saurait éclore.

Ces mots qui sentent la haine, qui sentent la mort, qui sentent la vengeance… qui hurlent sur le silence des morts.

Des presque vivants. Des presque déjà morts.

 

D’autres mots, pourtant. Oui, d’autres mots. Au féminin, au masculin.

Des mots rêve, des mots poème, des mots douleur, des mots fureur, des mots sages, des mots doux, des mots couleurs, des mots musique, des mots lumière, des mots paysages, des mots tendres…

Des mots pour dire, nous dire, vivants, aimants.

 

Portés par des hommes et des femmes. D’où qu’ils viennent. Où qu’ils soient.

Qui se battent. Pour ces mots. Du vivant. Pour le vivant.

Les billets-soutiens, les billets-histoires, les billets malins, les billets temps, d’aujourd’hui et de demain.

Les billets humains.

 

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