Aux sources… du péché (carte postale #5)

Epines de pin recouvrant les lignes de la route,

Lumière du soir faisant rougeoyer les feuilles de châtaigniers,

Crêtes bleutées de la Vallée Française,

Touffes des bruyères qui composent des toiles impressionnistes, jusqu'à colorer les montagnes d’un rose irréel,

Routes sinueuses où j’ai tant vomi, enfant…

 

J’aime ces routes qui mènent à un écrin montagneux où s’enfouissent souvenirs de jeunesse, tartes aux quetsche, confitures de mure, nuits à la belle étoile, bergeries en pierre, cleds abandonnées, miel de châtaigniers, toits de lauze, chemin de grande randonnée, feu de camps, éclats de rires et mémorables soirées.

 

J’aime les falaises granitées qui semblent s’ouvrir doucement à chaque tournant, comme pour vous donner l’autorisation tacite de passer.

 

J’aime les troncs creux qui ont accueillis toutes mes cabanes et où mes peluches siégeaient comme les députés en leur hémicycle.

 

J’aime les chemins jonchés de bogues de châtaigniers et ces forêts qui pourtant autrefois m’effrayaient,

 

J’aime les bruits de clocher, transperçant le silence de la vallée,

 

J’aime les baignades intimistes avec les truites, le bruit lointain des cloches annonçant un troupeau de chèvres, les cardons qui vous égratignent les chevilles sur les chemins à flancs de bancels, la fraîcheur incomparable de l'eau de source, l’odeur de la rosée sur le gravier quand j’ouvre ma fenêtre et celle de la lauze chauffée au soleil de l’été.

 

 

Les plus beaux voyages sont souvent ceux qui vous ramènent en enfance.

 

 

 

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons
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