Une heure vingt de frissons

 

 

Le Black Cat, une des rares salles de Washington à laisser sa place à la musique alternative, originale, moins commerciale. Une salle presque trop grande pour une européenne habituée aux ambiances intimistes des bars en sous-sols ou des petites salles indépendantes. Un sol en lino à damier noir et blanc digne d’une discothèque de province. (Je n’ai rien contre ces dernières, bien au contraire).

 

Les 6 new–yorkais du groupe Si*Se s’imposent sur la scène et dans la salle avec une musique lancinante et pourtant énergique. Une voix envoutante, perçante et chaleureuse. On pense au mélange de rythme latins et d’électro qu’on retrouve parfois dans Gotan Project, et puis on se dit qu’on devrait arrêter de comparer ce qui n’a rien à voir. La silhouette frêle et féline d’une chanteuse-enfant et la grâce qu’elle dégage en déambulant pieds nus au milieu des amplis. L’impression d’avoir vécu un moment unique avec un millier d’inconnus qui se réveillent aussi ébouriffés que vous, après une heure vingt de frissons.

 

 

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