6 ème République, l'erreur tactique

Rêve-t-on d'une constitution? Je veux dire, l'idée d'un texte régissant notre vie commune peut-elle être la raison qui fait se lever chaque matin un chômeur, un étudiant ou un retraité. On voit bien que non. La dernière fois que nous avons voté pour un texte constituant la réponse à été majoritairement non. Il faut dire que les technocrates européens avaient fait les choses en grand dans l'incompréhensible et l'arrogante complexité. 

Rêve-t-on d'une situation post-révolutionnaire? Rêve-ton de se retrouver dans une situation où tout est remis en jeux alors que la situation politico économique ne cesse de renverser les cadres établis, que le système capitaliste et industriel ne cesse de bouleverser à l'échelle de la planète les modes de vies, les solidarités locales, familiales et collectives.
Comment voter pour des personnalités qui une fois élues auront pour objectif de casser leur siège?
Il y a là une promesse d'insécurité qui ne peut pas être la base d'une énergie collective suffisamment puissante pour initier le changement ( on ose plus utiliser ce mot tellement il est galvaudé par François Hollande).

Non, ce dont rêvent les français c'est de pouvoir s'envisager avec dignité, c'est de plus d'égalité, d'équité, de solidarité, de repères sociaux, familiaux, de reconnaissance, c'est que cesse l'arrogance des riches que Sarkozy affichait avec autant de fierté et d'indécence.
Les discours en grande partie trahis du "moi Président", du Bourget ou de Nantes pour la culture, sont ce que les Français attendent. C'est bien ce qui a fait élire François Hollande, c'est bien ce qui a généré un espoir certain dans le feu du raz le bol de Sarkozy. "Mon adversaire c'est le monde de la finance" disait Francois Hollande. 2013 aura permis aux actionnaires d'entreprises françaises de battre le record du monde de la redistribution de dividendes.
Pourquoi inventer des choses compliquées et des promesses d'instabilité qui ne font rêver que les techniciens de la politique.
Il n'est pas impossible que le changement d'institutions soit nécessaire, mais ce qui est surtout indispensable c'est de redonner au peuple le sens du collectif, le sens de l'équité, de lui redonner l'idée que notre devise républicaine a encore du sens dans la mondialisation : Fraternité dans le destin commun planétaire, égalité de chaque être humain à sa naissance, liberté de penser quelques soient les origines, la religion, le sexe, universalisme donc des conditions de citoyen.

Il n'est pas impossible que le changement d'institutions soit nécessaire, mais ce qui fera vibrer les français, ce n'est pas le droit constitutionnel, ce sont les choses tellement simples que le bon sens humaniste éclairera contre les appétits avides et dévastateurs.

Il n'est pas impossible que le changement d'institutions soit nécessaire mais ce n'est pas la chose première. En cela je pense que faire de la 6ème République l'argument majeur d'une campagne à venir est une erreur tactique qui laissera "la gauche de la gauche" dans "la gauche de la gauche" sans trouver une majorité indispensable au changement. L'urgence n'est pas aux institutions, l'urgence est au partage des richesses.

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