La Nouvelle-Zélande et la Chine signent un accord de libre-échange

L'accord est critiqué au sein même du gouvernement. Le ministre des Affaires étrangères a décidé de s'y opposer. 

L'accord est critiqué au sein même du gouvernement. Le ministre des Affaires étrangères a décidé de s'y opposer.

 

 

C'est un accord historique qui vient d'être conclu entre la Nouvelle-Zélande et la Chine. A la tête d'une délégation de 150 représentants du gouvernement et du secteur privé, le Premier ministre Helen Clark a assisté le 7 avril à Pékin à la signature d'un traité de libre-échange commercial, fruit de trois années d'intenses négociations. C'est le premier accord du genre signé entre la Chine et un pays développé.

 

Helen Clark à Pékin

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : Reuters

 

La Chine est le troisième plus grand partenaire commercial de la Nouvelle Zélande et son cinquième marché d'exportation en termes de profits. Selon le ministre néo-zélandais du commerce, cette mesure devrait accroître les exportations néo-zélandaises de produits et de services vers la Chine d'environ 400 millions de dollars (219 millions d'euros) par an. Les premières réductions de tarifs douaniers doivent entrer en vigueur le 1er octobre, une fois que le Parlement aura donné son feu vert formel.

 

Mais ce traité ne fait pas l'unanimité en Nouvelle-Zélande, même au sein du gouvernement. Le ministre des Affaires étrangères Winston Peters, qui est également chef du parti "New Zealand First", s'y oppose en estimant que la Nouvelle-Zélande aurait pu obtenir bien mieux. Cette prise de position menace aujourd'hui sa place dans l'équipe gouvernementale.

 

Winston Peters

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : Mark Mitchell

 

La Nouvelle-Zélande importe bien plus qu'elle n'exporte, ce qui suscite de nombreuses critiques sur le bien-fondé du traité. En 2005, le déficit commercial avec la Chine s'établissait à 2 milliards de dollars. "Les vrais gagnants de cet accord de libre-échange commercial ne seront pas le consommateur néo-zélandais qui paiera un peu moins cher ses vêtements ou le fermier néo-zélandais qui vendra un peu plus de lait. Les vrais gagnants seront les multinationales et les hommes d'affaires asiatiques qui feront des bénéfices sur le dos des enfants, des prisonniers politiques et de l'escalavage moderne", a estimé le chef du parti écologiste Rod Donald.

 

Les événements survenus au Tibet ces dernières semaines ont fait peser des incertitudes sur la signature de ce traité. L'attitude du Premier ministre Helen Clark, qui réclamait davantage d'informations, a été fortement critiquée. Selon un sondage réalisé courant mars par DigiPoll et publié par le New Zealand Herald, 44,7 % des personnes interrogées soutiennent cet accord, 32.4 % s'y opposent et 22,9 % se disent incertains.

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