Grèce : vers la constitution politique d'un front du Non

Voici un communiqué publié par Stathis Kouvelakis (membre de la Plateforme de Gauche de Syriza) :

https://www.facebook.com/stathis.kouvelakis/posts/10153448320455470

Ci-dessous une traduction faite par mes soins :

Les derniers développements à Athènes sont dramatiques et leur rythme s'accélère.  Dans les prochaines heures, le parlement grec va voter le nouveau et troisième mémorandum conclu entre le gouvernement Syriza et les "Européens", selon la procédure désormais habituelle d'un "débat" d'un seul jour (et d'une seule nuit...).  Les députés de la Plateforme de Gauche de Syriza ont d'ores et déjà annoncé qu'ils voteront Non, et le nombre d'autres députés Syriza qui feront de même reste inconnu. Parmi eux se trouvera certainement Zoé Kostantopoulou, la présidente du parlement grec qui mène actuellement une bataille désespérée pour sauvegarder un minimum de procédures de débat parlementaire à respecter. Son attitude a déclenché une puissante attaque médiatique soutenue ouvertement par des membres du gouvernement et des députés pro-gouvernement de Syriza.

Un autre développement majeur a été l'appel lancé aujourd'hui pour une mobilisation populaire et la constitution de comités contre le mémorandum à travers le pays, par les dirigeants de la Plateforme de Gauche de Syriza (Panagiotis Lafazanis du "Courant de Gauche" et Antonis Davanelos du DEA/"Red Network") et des personnalités de douze autres organisations de la gauche radicale grecque.  Parmi celles-ci, deux sont des groupes fondateurs d'Antarsya.  Ceci est considéré comme la première étape officielle vers la constitution d'un nouveau front politique qui regroupera une large palette de forces de la gauche radicale en opposition avec le mémorandum et la volte-face néolibérale du gouvernement Syriza.

Le mémorandum sera certainement voté par une large majorité au parlement, grâce au soutien des partis de droite et de centre-droit. Cependant, il est également très probable que le gouvernement perdra des soutiens parmi son propre groupe parlementaire et appellera à de nouvelles élections d'ici un mois. La principale motivation de ce rebondissement inédit est d'empêcher l'opposition bourgeonnante de gauche de s'organiser et aussi de tenir ces élections avant que l'impact concret des nouvelles mesures d'austérité ne commence à frapper.  Quoi qu'il en soit, ces élections seront le premier test du nouveau front anti-austérité qui se cristallise autour de la Plateforme de Gauche. Les prochains jours seront cruciaux.

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