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Billet de blog 17 avr. 2022

Leçons du 10 avril

Antoine SallesPapou
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Le 10 avril 2022 marque une nouvelle date charnière dans l’histoire politique française. L’Union Populaire de Jean-Luc Mélenchon réalise 22% des voix, bien au-delà du score qui lui était promis. Le cycle de recomposition politique s’achève (temporairement) par la reconstitution d’un pôle populaire puissant capable de faire concurrence au bloc bourgeois d’Emmanuel Macron et au bloc réactionnaire représenté par les extrêmes-droite. Dans une adversité totale, Jean-Luc Mélenchon a réussi à éviter l’extinction de la gauche, un scénario réalisé dans plusieurs pays européens, et à imposer un programme de transformation radicale comme son nouveau centre de gravité. Bref, l’évènement du 10 avril, même s’il s’inscrit dans une longue période de batailles successives et demande à être confirmé par le futur, est considérable. Il demande donc une observation minutieuse et une grande réflexion pour en comprendre les tenants et aboutissants. Ici, je jette simplement quelques premières leçons, tirées avec seulement une semaine de recul.

1) Le vote utile n’a pas eu lieu 

La première consiste à dissiper un malentendu, entretenu par les défaits du 10 avril. Eux n’expliquent la progression et le score de Jean-Luc Mélenchon que par le « vote utile ». Les électeurs qui ont finalement choisi le bulletin de l’Union Populaire l’auraient fait la mort dans l’âme, en dépit d’un programme avec lequel ils n’étaient pas d’accord et d’un candidat qu’ils n’aimaient pas. Cette fable sert bien sûr à refuser le nouveau paysage qu’impose le premier tour de la présidentielle en matière programmatique et d’alliances électorales. Mais cette thèse ne résiste pas à l’examen des faits. Pour accréditer l’hypothèse du « vote utile », il faudrait constater au fur et à mesure de la campagne un siphonnage des voix des candidats Fabien Roussel, Yannick Jadot et Anne Hidalgo au profit de Jean-Luc Mélenchon. C’est bien l’histoire que certains racontent pour expliquer leur faible score. Mais les sondages racontent une toute autre histoire. En effet, dans les enquêtes, Jean-Luc Mélenchon progresse de manière fulgurante à partir du mois de mars. Mais cette progression ne se retrouve pas du tout dans un recul des mêmes proportions chez les autres candidats. Ainsi, si on prend l’évolution entre la moyenne de tous les sondages de la semaine du 28 février au 6 mars et le résultat du premier tour, on obtient le résultat suivant : d’un coté, Fabien Roussel recule de 1,5 points, Anne Hidalgo de 0,7 points et Yannick Jadot de 0,6 points soit un recul global de 2,8 points ; de l’autre coté, Jean-Luc Mélenchon progresse de 11 points ! Donc la progression de Jean-Luc Mélenchon est 4 fois supérieure au déclin des autres candidats de gauche. Son score final ne s’explique donc pas principalement par un transfert des autres candidats vers lui. Autre indice dans ce sens : la part de chaque électorat qui a hésité jusqu’au dernier moment à voter pour quelqu’un d’autre. Selon l’enquête « jour de vote » de IFOP, elle est bien plus importante pour les autres candidats vers Jean-Luc Mélenchon que l’inverse. Par exemple, Seulement 6% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont hésité à voter Hidalgo alors que 29% des électeurs de Hidalgo ont hésité à voter Jean-Luc Mélenchon. 11% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont hésité à voter Roussel alors que 24% des électeurs de Roussel ont hésité à voter Jean-Luc Mélenchon. Pour Jadot, c’est 15% dans un sens et 21% dans l’autre. Alors la progression de Jean-Luc Mélenchon, d’où vient-elle ? De la participation populaire. Chez les primo-votants et dans les quartiers populaires. Les points de force électoraux de l’Union Populaire le 10 avril sont dans ces quartiers. On parle ici des quartiers et des communes les plus pauvres du pays. Précisément ceux qui n’ont pas voté lors des élections européennes, municipales et régionales où EELV et le PS pensaient avoir retrouvé des couleurs. Il est donc très compliqué d’expliquer que ces électeurs viennent de ces partis vers Jean-Luc Mélenchon uniquement par tactique de dernière minute. Que s’est-il passé ? Non seulement le vote Mélenchon réalise de grands progrès par rapport à 2017, mais la participation recul moins que dans le reste du pays, voir progresse. Résultat : l’écart entre la participation dans les quartiers populaires, plus abstentionnistes que le reste du pays, et celle d’autres zones est moins grand que d’habitude. Et cela profite à Mélenchon dans le score final. Ainsi, alors que la participation nationale chute de 4,1 points en moyenne nationale par rapport à 2017, elle ne chute que de 2 points dans les quartiers nord de Marseille (50% pour JLM) et de 2,7 points dans le département de Seine-Saint-Denis (50% pour JLM). Dans certaines communes où Jean-Luc Mélenchon réalise plus de 55% des voix, le recul de la participation est moindre par rapport à la moyenne nationale : à Vaulx-en-Velin elle est stable, à Saint-Denis elle baisse de seulement 0,2 points, de 1 point à l’Ile-Saint-Denis ou encore de 1,4 points à Aulnay-sous-bois. Dans les outre-mer, où Jean-Luc Mélenchon réunit plus de 50% des voix, la participation progresse : de 1,5 points en Guyane, de 2,7 points en Martinique et de 4,7 points en Guadeloupe. Le succès de Jean-Luc Mélenchon s’explique en grande partie par une surmobilisation des quartiers les plus pauvres de l’hexagone et des outre-mer. En ce sens, on peut dire qu’il y avait bien un « vote caché » pour Jean-Luc Mélenchon non mesuré pour les sondages. Celui-ci est le vote d’électeurs qui rentrent dans la campagne électorale tardivement parce qu’ils sont habituellement éloignés de la politique et ne s’y intéressent que lorsqu’ils perçoivent un enjeu suffisamment élevé. Dans ces électeurs, Jean-Luc Mélenchon convainc bien plus que les autres, et cela est confirmé depuis 2 élections présidentielle. Par définition, ils ne sont pas mesurés par les enquêtes d’opinion avant la toute fin de la campagne. Cette leçon devrait être retenu dans la lecture des sondages dans le futur.

2) L’Union Populaire dans les urnes

Le vote pour Jean-Luc Mélenchon, plutôt qu’un vote utile, a été un véritable vote d’adhésion. Il est le candidat pour lequel le programme a été le plus déterminant pour le vote. En effet, selon l’enquête « jour de vote » de l’IFOP, le programme a été déterminant pour 80% des électeurs Mélenchon. À titre de comparaison, ce ne fut le cas que pour 73% des électeurs de Jadot, 67% des électeurs de Roussel et 66% des électeurs de Macron. Et si la possibilité de se qualifier au second tour à la place de Marine Le Pen a joué pour certains électeurs de gauche, cela fut permis par l’adhésion suscitée par l’Avenir en Commun. Si on regarde les préoccupations des électeurs, on se rend compte que le vote JLM pouvait être facilement un vote d’adhésion pour une très grand nombre d’électeurs de gauche. Ainsi, les électeurs de Roussel étaient 86% à se soucier du “relèvement des salaires et du pouvoir d’achat” mais seulement 43% à se soucier de “la protection de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique”.À contrario, les électeurs de Jadot étaient 91% à se soucier de “la protection de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique” mais seulement 50% à se soucier du “relèvement des salaires et du pouvoir d’achat” (le plus faible score pour cet item pour tous les candidats). L’électorat de Jean-Luc Mélenchon est le seul à réaliser la synthèse rouge-verte avec 81% qui disent se soucier du “relèvement des salaires et du pouvoir d’achat” et 64% qui disent se soucier de “la protection de l’environnement et de la lutte contre le dérèglement climatique”. Une synthèse dans les préoccupations des électeurs qui reflète largement le travail programmatique unique et salué de l’Avenir en Commun. Car le résultat du 10 avril est aussi le succès d’une stratégie : celle de l’union par le base grâce au programme. Elle est confirmée par la cohérence entre la proposition programmatique de l’Avenir en Commun et la sociologie de l’électorat. Celle-ci a déjà été amplement décrite et commentée. Mais parfois de manière assez superficielle. Commençons par les habitants des quartiers populaires. On a surtout souligné à son propos un « vote musulman » en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, il est évident que l’affirmation de la France Insoumise puis de l’Union Populaire comme grande force de résistance anti-raciste face à la déferlante de haine contre les musulmans a joué un rôle capital. Et c’est tant mieux. Pour des millions de gens, le vote Mélenchon a été aussi un vote de dignité contre le racisme et la division et pour un récit positif concurrent à celui de l’extrême-droite sur la Nation française. C’est donc un vote profondément républicain. Quelques bas du front du « printemps républicain » (combien de guillemets faudrait-il mettre ?) ont pourtant jugé pertinent de parler de « vote communautariste ». N’ont-ils pas vu que lors de ce premier tour 70% des musulmans français ont voté pour le programme qui propose l’abolition du concordat et des statuts anti-laïques, la constitutionnalisation du droit à l’avortement, à la liberté du genre et à mourrir dans la dignité ? Ces gens ne devraient-ils pas présenter des excuses à nos compatriotes musulmans qu’ils ont pendant des années repeints en obscurantistes fanatisés ? Surtout, interpréter le vote des quartiers populaires comme un « vote musulman » est une grave erreur. Les gens ne se réduisent pas à leur religion ! En l’occurence, le vote des quartiers populaires recoupe d’autres résultats remarquables du premier tour. Jean-Luc Mélenchon est le premier candidat chez les personnes gagnant moins de 900 euros par mois (31%). Il est aussi premier parmi les intérimaires (27%),  parmi les salariés en CDD (33%) et parmi les chômeurs (30%). Il est le candidat du précariat, c’est-à-dire de la fraction du prolétariat la plus caractéristique du capitalisme moderne sous sa forme financiarisé et néolibérale. Il a d’ailleurs été le seul candidat à faire de la précarité un thème de campagne récurrent, répétant dans de nombreux meetings ou émissions ses proposition pour limiter le recours au CDD ou titulariser les contractuels de la fonction publique. Autre composante remarquée dans l’électorat Mélenchon : la jeunesse des grandes villes, étudiante mais aussi active et plutôt diplômée. Il y a là un vote générationnel motivé par l’urgence écologique et la nouvelle conscience collectiviste qui en découle, il a déjà été souligné. Mais ce groupe social est aussi typique du capitalisme moderne. Il vit depuis déjà longtemps un progressif découplement entre son niveau de diplôme, élevé d’un côté, et son niveau de revenu et son statut professionnel de plus en plus dégradé, de l’autre. Mais pendant des années, il a aussi été le principal bénéficiaire du phénomène de gentrification des centre-ville, c’est-à-dire l’éviction des groupes les plus populaires de certains quartiers au profit de cette classe moyenne intellectuelle. On peut dire qu’ils ont remplacé de manière symbolique leur statut professionnel privilégié par une localisation privilégiée. Dans la période la plus récente, ce compromis que leur proposait le néolibéralisme s’effondre. Car lui même a réglé une partie de ses crises dans une spéculation et une financiarisation extrême du logement dans les grandes villes. L’explosion de l’immobilier est telle que le statut social des jeunes générations issue des plus hauts grades universitaires est désormais menacée à son tour d’un sérieux déclassement. Impossible pour elle, comme ses parents de devenir propriétaire dans les centre villes (le score de l’Union Populaire atteint 30% chez les locataires). Son vote en commun avec les quartiers populaires pour Jean-Luc Mélenchon doit donc s’interpréter comme un acte conscient contre le même système économique. Si le logement n’a pas été un thème central de la campagne électorale, il est notable que Mélenchon soit probablement le seul candidat à avoir fait émerger des propositions à ce propos en publiant un plan contre le sans-abrisme, en réussissant de manière remarquable son oral à la Fondation Abbé Pierre et en ajoutant le mot d’ordre de « blocage des loyers » à son discours. Enfin, passons à une troisième composante de la carte électorale : le milieu rural. Il est souvent vite oublié dans l’électorat Mélenchon au profit des grandes villes et de leur périphérie, qui, il est vrai, fournissent les plus gros bataillons. Il est pourtant difficile de ne pas remarquer la force du vote pour Jean-Luc Mélenchon au moins dans un arc rural sud-est qui va des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute Provence à l’Ariège, en passant notamment par l’Ardèche et la Drôme. La première chose que l’on peut dire ici, c’est qu’il s’agit des départements français les plus régulièrement en situation d’alerte sécheresse. Or, la rareté de l’eau fut un thème central de Jean-Luc Mélenchon tout au long de se campagne. D’autre part, ce sont des départements particulièrement touchés par la désertification des services publics. Par exemple, les départements des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes figurent parmi les départements français où le temps d’accès à une maternité est le plus long. On y trouve aussi de nombreuses communes en « zone blanche » c’est-à-dire privées d’accès à internet. Ici, on retrouve les contours de la définition même du peuple dans la théorie de l’ère du peuple, à savoir une masse hétérogène mais définie par son rapport à l’accès au réseau. Pour résumer, on a donc une démonstration de la stratégie de l’union populaire : différents groupes sociaux, avec leurs différences, se fédèrent dans le vote grâce à un programme qui reflète leurs aspirations communes. 

3) Ceux qui manquent 

L’Union Populaire fini la présidentielle à 400 000 voix du second tour. Si on compare son résultat à celui de la France Insoumise en 2017, elle progresse tant en score qu’en nombre de voix. On peut se dire qu’une attitude différente des autres candidats de gauche dans la dernière ligne droite vis-à-vis de son candidat aurait pu faire la différence. Il y a aussi une force moins éclatante dans les espaces périurbains et ruraux, notamment dans le nord-est et dans le centre de la France. Mais d’abord relativisons ce constat. D’après des calculs de France Info réalisés sur la base des résultats publiés par le ministère de l’intérieur et des regroupements de zones de l’INSEE, le vote Mélenchon reste stable entre 2017 et 2022 dans les « zones périurbaines », il recule de moins d’un point dans les « villes éloignées des grandes métropoles » et d’environ un point dans les « zones rurales ». Il y a donc eu, comme en 2017, des « fâchés pas fachos » pour voter avec l’Union Populaire. Des résultats à comparer avec la progression de 11 points dans les « banlieues populaires » et de 7 points dans les « grandes villes ». Surtout, il faut remettre cette élection dans son contexte. Les années 2019, 2020 et 2021 furent celle d’une polarisation extrême du débat public sur les questions de l’islam, de l’immigration et de la sécurité. Cela était principalement la conséquence d’un choix de Macron, de replacer le débat sur ce terrain en triangulant avec le Rassemblement national, après avoir été mis en échec fin 2018 sur la question sociale par les Gilets Jaunes. Il a été suivi en cela par l’ensemble des grands médias qui ont mis en scène une France assiégée par l’étranger, menacée par un ennemi intérieur et en proie à une vague de délinquance sans précédent. Il y a donc eu logiquement un glissement idéologique sur ces thèmes. Il se reflète dans la progression de l’extrême-droite, tous candidats confondus. C’est là l’explication du score de Le Pen dans ces espaces populaires. La question est la suivante : que faire dans les semaines, dans les mois et les années à venir pour y faire progresser le bloc populaire ? La première réponse est : en confirmant notre force. Il faut d’abord et avant tout que la force électorale déjà là de l’Union Populaire se transforme en locomotive de la société. C’est-à-dire qu’elle soit suffisamment durable, solide et en dynamique pour substituer à l’affrontement idéologique sur les questions religieuses, d’immigration ou de sécurité un affrontement idéologique sur le terrain social et écologique. Si l’Union Populaire réussit le tour de force d’être majoritaire à l’Assemblée nationale, son gouvernement imposera alors un calendrier politique tout à fait différent fait du retour à la retraite à 60 ans, du blocage des prix, de la reconstitution de pôles publics, etc. Si elle réussit à avoir 100 députés, elle sera en position de force pour imposer à Macron un bras de fer sur la retraite à 65 ans. L’enchainement de débats sur une base sociale plutôt qu’identitaire provoquera alors glissement idéologique inverse. C’est pourquoi la première condition pour entrainer ceux des milieux populaires qui ne sont pas encore avec nous, il faut d’abord ne pas perdre ceux qui sont déjà avec nous. Par conséquent, toute proposition qui proposerait d’en rabattre sur l’antiracisme, le féminisme ou l’écologie serait vaine et même dangereuse. Ces aspirations font partie de l’Union Populaire déjà existante. La dissoudre ne seerait sûrement pas la condition à son élargissement. Cette force nous permettra aussi d’amener au centre des discussions et des batailles des sujets présents dans le corpus de la théorie de l’ère du peuple et qui ont un puissant pouvoir fédérateur. J’en cite deux sans les développer longuement. C’est d’abord la question de l’accès au réseau : services publics, transports, numérique. On voit comment ils peuvent unir le bloc populaire. Ensuite, la question démocratique, qui dans les processus de révolution citoyenne, en découle. Elle aussi rassemble dans des aspirations communes tout le bas de la société qui manifeste de toutes les façons possibles depuis plus de 15 ans le besoin pour sa vie d’une profonde démocratisation de la société. 

4) La crise démocratique

La question démocratique va revenir sur le devant de la scène. Cette élection, beaucoup de commentateurs l’ont noté, marque l’émergence d’un paysage politique structuré autour de trois pôles de taille équivalente. Sauf que tout le système électoral et institutionnel de la cinquième république est fait pour organiser l’affrontement de deux pôles. C’est la logique même du scrutin uninominal à deux tours. Cette inadéquation entre la réalité politique du pays et sa réalité institutionnelle est la clé d’une instabilité politique garantie. On le voit dès le second tour de l’élection présidentielle. Il engendre tant de frustrations, de déception et d’attitude du type « débrouillez-vous entre vous, cela ne me concerne pas ». Le niveau de l’abstention, le nombre des bulletins blancs et nuls, l’écart resserré du résultat impliquant une candidate d’extrême-droite seront, à coup sûr, des signes supplémentaires de la crise démocratique qui s’approfondi. Comme le pôle populaire réuni au premier tour derrière Jean-Luc Mélenchon est profondément incompatible avec les deux autres, chacun fait sa campagne de second tour en essayant de faire voter « contre ». En aucun cas l’un et l’autre des finalistes ne peuvent espérer convaincre sur une adhésion. Bien sûr, que l’un ou l’autre gagne n’est pas indifférent. Si Marine Le Pen l’emporte, nul doute que ses méthodes pour liquider le pôle populaire seront bien plus dures. Cette crise longue dure au moins depuis 2005 et le résultat du référendum sur le projet de constitution européenne. Elle s’incarne de façon de plus en plus accentuée par un pouvoir néolibéral de plus en plus minoritaire et donc autoritaire qui voit dans le face-à-face avec l’extrême-droite réactionnaire la condition de sa survie. Ce faisant, il cherche à exclure du jeu démocratique les aspirations sociales, écologiques et démocratiques. Cette situation n’est pas durable. Elle ne l’est pas car un travail de 10 ans et la campagne de 2022 ont réussi à empêcher la disparition d’un pôle populaire humaniste radical. L’existence de ce troisième pôle est pour eux un imprévu, un obstacle majeur sur leur route. Les institutions de la cinquième ne sont pas faites pour cela. Elles sont taillée pour un pouvoir exécutif fort mais elles sont occupée par un camp qui a toujours moins d’assises dans la société. Cette contradiction met plus que jamais la Constituante à l’ordre du jour.

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