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Billet de blog 28 nov. 2014

L'HOMME TERNAIRE, ou la sortie de l'ère binaire.

Antoine-Xavier DANDONNEAU
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Ce qui me frappe le plus dans le discours politique c'est son incapacité à se placer à la hauteur des hommes à qui il s'adresse.

Nous voyons sans cesse les uns se battre contre les autres, incapables de s'entendre, pire de se comprendre et de se respecter. Ils sont restés binaires : droite contre gauche, réforme contre révolution, tu as tort et j'ai raison, restons en là ainsi se construit le débat politique pensent-ils.

La réalité quotidienne des individus elle, en va tout autrement.

Nous sommes chaque jour dans les transports, au travail, en famille, en communauté ou entre con-citoyens confrontés à des idées et des comportements qui nous différencies les uns des autres. Nous faisons-nous la guerre pour autant ? Non. Que je vote à gauche et que mon voisin ou mon frère votent FN ne nous empêche nullement de nous apprécier et de passer de bons moments ensemble.

Bien au contraire, nous nous entre-nourissons de nos visions et de nos expériences propres et cela nous fais grandir. Force est de constater que nos représentant politiques sont bien éloignés de cet échange constructif que nous vivons pourtant à chaque instant.

C'est en cela que je considère l'Homme moderne (interconnecté et foisonnant) comme ternaire.

Ile ne se retranche plus d'un côté ou de l'autre aussi facilement qu'avant, il prend de la distance et de la hauteur à chaque fois qu'on lui sert un plat idéologique prêt à déguster.

Ainsi il pioche ici et là dans la diversité politique se confrontant, les arguments des uns et des autres qui lui semblent réalistes au vu de son vécu personnel.

C'est en cela que réside le succès de Soral. Il a su comprendre en faisant le grand écart entre Parti Communiste et Front National que les personnes qui les constituent se ressembles, voir qu'ils passent de l'un à l'autre par désespoir binaire.

Il a compris bien au delà du complot judéo-maconnique (qui évidemment n'explique pas tout ce serait trop simple), que les Français sont devenu ternaires et qu'ils rêvent d'une « réconciliation national » (le nom du son nouveau parti) nous engageant dans une voix des solutions apaisées.

Alors certes on usera de tous les noms d'oiseaux pour le discréditer ce qui n'aura pour seul résultat que d'appuyer ses thèses, ou l'on considérera que ces « idiots de Soraliens » n'ont rien compris et qu'il faut les combattre. Erreur fatale, pourquoi ?

Si vous découvrez Soral vous n'avez guère le choix sur internet que de suivre les innombrables liens de sites et de personnes qui gravitent dans le sillage catalogué des conspirationnistes. Et dans ce sillage se cachent des perles que vous n'auriez certainement jamais découvertes sans passer par la case Soral. C'est ainsi que s'ouvre aux « Soraliens » ou « néo-Soraliens » les thèses de Frédérique Lordon, de Bernard Friot, d'Etienne Chouard ou encore de Franck Lepage.

Il va sans dire que ces hommes sur bien des sujets sont très éloignés des critiques portées par AS mais pourtant ils se rejoignent sur d'autres. Leur combat du système même s'ils y trouvent des aspirations différentes, n'est il pas ce qui intéresse d'avantage l'homme curieux plutôt que leurs désaccords ? En posant cette question j'ai l'impression d'enfoncer une porte ouverte qui pourtant demeure absente des débats. Voilà pourquoi je considère les courants politiques actuels et ceux qui les portent comme encore enfermés dans l'ère binaire.

Agiter le chiffon du fascisme ne fait plus peur à personne, non pas parce que la majorité des individus seraient devenus eux même antisémites ou racistes mais bien au contraire parce que la conscience collective fait la part des choses.

C'est d'ailleurs ce qui nous agace, les représentants des projets les plus bienveillants se font souvent les combattants de ceux qu'ils feraient mieux de convaincre avec intelligence, finesse et débat.

Ainsi continue la « binairalité » idéologique et politicienne, incapable de nous considérer dans notre ensemble comme des individus ternaires.

On verra alors moult présidents se faire élire avec à peine 55 % des votants nous clamer dans la foulée qu'ils sont « le président de tous les Français ». Il paraît clair qui si c'était le cas il en aurait convaincu bien d'avantage. En général la chute ne se fait pas attendre, il passe très vite sous la barre des 30 % de sympathisants dans les mois qui suivent, la farce continue.

Puisque le citoyens Français dans son ensemble n'a pas forcément l'envie ni les compétences pour réécrire lui-même sa constitution et qu'il n'a plus foi en aucun homme politique, on peut se demander s'il n'attend pas tout simplement cet homme politique qui lui ressemble ?

Alors la question se pose : un homme politique ternaire c'est quoi ?

_L'homme politique ternaire c'est d'abord celui qui respecte autrui, pour ce qu'il est en temps qu'être humain et ce quelque soit ses convictions. L'aboyeur de vérité qui écrase l'autre par invective plutôt que par la raison nous insupporte.

N'en déplaise à monsieur Mélenchon qui porte (à mes yeux) de loin les idées les plus intéressantes mais que l'on espère ne jamais voir en train de pousser sa gueulante sur Obama ou Poutine. Bonjour la diplomatie...

_L'homme politique ternaire c'est surtout celui qui ne laisse personne de côté et qui prend en compte tous les avis afin d'en dresser une synthèse représentative des citoyens qu'il représente.

_L'homme politique ternaire c'est un visionnaire qui convint plutôt qu'il n'oblige, c'est lui qui tire le chariot en tête de meute. C'est celui qui ouvre le chemin des possibles.

_L'homme politique ternaire c'est enfin un homme positif, aimant mais fort, inspirant profondément la confiance par sa nature humaine, sa capacité de rassemblement et son évidente intelligence.

L'homme politique ternaire ce n'est pas un technocrate ou un énarque, c'est un homme grand mais simple, ouvert, cohérent et méthodique, laïque et spirituel à la fois. En somme c'est celui qui a l'ambition de porter celle de tout un peuple en lui ressemblant profondément.

S'il se cache quelque part c'est en nombre qu'on le compte parmi nous, dans ces multitudes de personnes qui tiennent la barre face à la rigueur, chez tous ceux qui ont décrochés de la politique et qui n'attendent plus rien d'eux, chez ces hommes et femmes qui trouvent les alternatives à ce système en étant solidaires.

Plus que citoyens saurons-nous être cet homme politique ou saurons-nous le reconnaitre et porter haut sa voix au dessus des meutes aboyantes ? L'avenir nous le dira.

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