Le combat des petits contre les empires

 

Bosch, "Le Jardin des délices" (1503-1515) Bosch, "Le Jardin des délices" (1503-1515)
Apokalupsis {ap-ok-al'-oop-sis}, qui a donné le français "apocalypse", est présent dix-huit fois dans le Nouveau Testament grec ; tout comme le verbe apokaluptô qui lui est associé et qui y apparaît vingt-sept fois.

Etymologiquement, le mot grec apokalupsis signifie littéralement “révélation”, “dévoilement”.
Et le verbe grec apokaluptô, signifie, “révéler”, “dévoiler”, littéralement “ôter le voile”,“ouvrir les rideaux” pour voir ce qu'il y a derrière.

C'est dans l'ancien Israël, à partir de la période de l'exil à Babylone, au VIe siècle avant J.-C. que certains livres prophètiques comme Esaïe (chapitres 24—27 et 34—35), Ezéchiel (chap. 38—39), puis plus tard Zacharie (chap. 9—14) soutiennent que les tribulations et les crises de l'histoire ne sont pas les fruits du hasard.
Pour eux, l'histoire s'organise en périodes au fil desquelles l'oppression et les persécutions des empires contre les fidèles de Dieu vont crescendo jusqu'à un paroxysme.
Ce paroxysme est en général conçu comme la période contemporaine de crise vécue par le peuple. Et dans cette imaginaire apocalyptique, ce paroxysme de l'affrontement entre les fidèles de Dieu et les puissances politiques, culturelles et religieuses du monde, n'est que le reflet de la lutte que Dieu et Satan se livrent à l'échelle cosmique. Une lutte dont, bien sûr, Dieu sortira bientôt vainqueur.

Ainsi, l'apocalyptique est un discours d'encouragement dans le combat des petits contre les empires. Certes, il y aura des ravages et des destructions, mais ce ne sont là que le “baroud d'honneur” d'un Satan qui livre sa dernière bataille. Bientôt, il sera définitivement vaincu, et les puissances terrestres qui sont ses agents seront détruites.

L'apocalyptique a donc précisément pour fonction de “lever le voile”, de “dévoiler” ce qui se joue “derrière le rideau”, derrière l'histoire humaine, pour révéler la fin ultime de cette histoire.

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