Médiapart à l'assaut des paradis fiscaux et de "la mafia de l'évasion fiscale"

A lire et relire : l'analyse (12 septembre 2012) d'Edwy Plenel : "L’argent, quand il devient une fin en soi, avoisine le crime dans son entêtement à échapper aux lois communes. L’évasion fiscale n’est pas à la marge mais au centre d’une économie devenue mafieuse parce que livrée à la finance. La combattre devrait être l’urgence du moment, une véritable cause nationale et européenne. (...)

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A lire et relire : l'analyse (12 septembre 2012) d'Edwy Plenel : "L’argent, quand il devient une fin en soi, avoisine le crime dans son entêtement à échapper aux lois communes. L’évasion fiscale n’est pas à la marge mais au centre d’une économie devenue mafieuse parce que livrée à la finance. La combattre devrait être l’urgence du moment, une véritable cause nationale et européenne. (...) Dans sa récente enquête sur l’évasion fiscale en France, qui a provoqué l’ouverture d’une information judiciaire le 5 avril visant la banque suisse UBS, laquelle bénéficia longtemps de hautes protections, notre confrère Antoine Peillon (ici son blog sur Mediapart) affirme, sans être démenti ni contredit, que « les avoirs dissimulés au fisc français sont presque de l’ordre de toute la recette fiscale annuelle du pays » et que l’évasion fiscale, individus et entreprises confondus, « s’élève au minimum à 590 milliards d’euros, dont 108 milliards rien qu’en Suisse ». (...) Loin d’être anecdotique, la question de la fraude et de l’évasion fiscales est donc un enjeu décisif du redressement économique et financier, social et moral de nos nations. Au-delà de la légitime sur-taxation des revenus les plus élevés, le nouveau pouvoir doit s’en emparer au plus vite, d’autant plus que c’est une arme pédagogique formidable dans le combat inégal entre les aspirations populaires et les prévarications oligarchiques. Et que cette question fait l’unanimité parmi les différentes forces qui ont soutenu François Hollande au second tour de la présidentielle, comme l’a montré la récente commission d’enquête sénatoriale sur l’évasion des capitaux et des actifs hors de France et ses incidences fiscales."

Et "Les paradis fiscaux font de la résistance" (26 novembre 2012), de Dan Israël :

"Lors d’un conseil des ministres européens le 13 novembre à Bruxelles, le commissaire s’était aussi publiquement ému du manque de progrès des discussions européennes sur ce point, en pointant clairement ces deux pays comme responsables des lenteurs de la procédure. L'Autriche et le Luxembourg bloquent tout, estime pour sa part le sénateur Éric Bocquet, le rapporteur de la commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion fiscale, qui a rendu ses conclusions cet étéEn matière fiscale, il faut l'unanimité. Pourtant, on ne peut pas nous dire qu'il serait compliqué de créer un fichier unifié des comptes bancaires européens, ou un registre des trusts !

La Suisse, grand perturbateur

En fait, l’Autriche et le Luxembourg jouent la montre en espérant qu’un acteur majeur du jeu fiscal européen viendra très bientôt bouleverser la donne. C’est ce que s’emploie à faire depuis des mois la Suisse, en essayant de promouvoir auprès de tous les pays européens une série d’accords, dits Rubik (d’après le fameux casse-tête Rubiks’Cube, pour donner une idée de la complexité du sujet…). Le but des accords Rubik est simple : contourner l’échange automatique de données, tellement dans l’air du temps. Les pays signataires s’engageraient à ne pas dépasser un certain nombre de demandes d’informations par an à la Suisse, à ne pas attaquer les banquiers suisses venus démarcher les riches contribuables sur leur territoire, et, bien sûr, à ne pas traiter ces riches comme des fraudeurs s’ils venaient à faire s’envoler leur argent vers les coffres helvètes..."

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