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Billet de blog 1 avr. 2018

A propos de la journée mondiale de la santé, le 7 avril.

L’austérité dans la santé, la plupart des français la vivent depuis des années. Mais ce qu’ils ignorent peut-être, c’est que la plupart des pays européens ont les mêmes politiques d’austérité, les mêmes tendances à la privatisation des structures hospitalières ou des systèmes d’assurance. Les malades ne sont plus des patients mais des clients.

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L’austérité et la santé en France

Nous avons tous pu constater un jour ou l'autre les difficultés d’accès aux soins, l’attente interminable et parfois fatale aux urgences, ou dans une salle de réveil, faute de lit (des milliers de lits ont été supprimés ces dernières années).

Nous avons tous entendu parler de restructurations,de regroupements hospitaliers, sous prétexte d’efficacité accrue, mais qui se soldent en réalité par la fermeture de services et la déstabilisation des équipes médicales.

Nous avons tous appris la fermeture de maternités, sur tout le territoire, et compris les risques qui en découlent.

Nous avons tous entendu parler de la misère des Ehpad.

Nous avons tous entendu parler de la souffrance des personnels soignants - y compris des médecins * - bousculés et désespérés de ne pouvoir exercer leur métier tel qu’ils l’avaient choisi. C’est-à-dire un métier où ils entendent "soigner des humains et non des chiffres» .

Nous sommes tous aujourd’hui confrontés au développement de l’ambulatoire, nouveau dogme des hauts responsables de la santé. En permettant de fermer plus de lits, l'ambulatoire entraîne de nouvelles économies. Les soins de suite sont alors assurés par la famille, encadrée par l’hospitalisation à domicile (HAD). Rentrer chez soi le lendemain d’une opération, pourquoi pas si le patient et sa famille le souhaitent ? Avec cependant des risques augmentés.... Mais quid, si le patient est seul ?

Nous savons tous aussi qu’il existe en France de véritables déserts médicaux, en général liés à une désertification locale, territoriale. Désertification encore amplifiée par le regroupement des structures hospitalières publiques, au motif qu’elles ne sont plus rentables….


La santé aux mains des prédateurs

Parallèlement, la privatisation du système de santé s’accélère : au système solidaire de la sécurité sociale se substitue peu à peu un système marchand, assurantiel, du « chacun pour soi », dont les promoteurs ont pour objectif essentiel la rentabilité. Rentabilité indubitable, évidente lorsqu’on subit l’assaut de publicités concurrentielles et invasives des compagnies d’assurance, souvent adossées à des fonds de pension internationaux. Rentabilité acquise sur le dos des malades.

La privatisation des structures hospitalières se développe également, en particulier avec la mise en place de partenariats public-privé (PPP), dont le coût final pour la collectivité est exorbitant. Et dont l’objectif de rentabilité ici encore est évident. Ce qui ne risque pas de les inciter à s’implanter dans les déserts médicaux …

Il s’y ajoute la vente au privé de beaux bâtiments hospitaliers, comme ceux de l’Hôpital Laennec, transformés en appartements de luxe dans un quartier huppé de Paris; ou encore la vente du magnifique Hôtel-Dieu de Marseille, dominant le Vieux Port et devenu un Hôtel Intercontinental 5 étoiles.
On peut alors s’inquiéter du sort réservé à l’étonnant bâtiment de l’Hôtel-Dieu de Paris, convoité en raison de sa proximité avec Notre-Dame en plein centre de Paris.


Mais savons-nous que la santé publique, malmenée en France, l’est aussi dans d’autres pays ?

Ainsi en Angleterre, en janvier dernier, 68 spécialistes de médecine d’urgence ont adressé une lettre ouverte à la première ministre pour dénoncer le « grave et chronique » sous-financement des services d’urgence hospitaliers.**

“Partout en Europe, des millions de personnes expérimentent une diminution de l'accès aux soins de santé, des listes d'attentes plus longues, la fermeture et la privatisation des services de santé, une diminution des remboursements des médicaments... Les institutions européennes et les gouvernements nationaux font payer aux gens la facture de la crise économique. Ces politiques ont et auront des effets catastrophiques sur la santé des personnes!” avertit Sebastian Franco, coordinateur du Réseau européen contre la commercialisation de la Santé.

La santé, une variable d’ajustement dans l’économie d’un pays ?

La santé coûte cher, paraît-il.
La santé a un coût, certes…. Mais elle représente surtout un formidable bénéfice pour un pays et sa population. Nous n’avons qu’une vie, et nous la voulons la meilleure possible, pour chacun de nous, quel que soit son statut social.

La journée du 7 avril, journée mondiale de la santé, sera marquée un peu partout par des manifestations contre la marchandisation de la santé en Europe, notamment en déployant des draps blancs, tendus dans des lieux symboliques***



* Voir la lettre de 1220 médecins à Agnès Buzyn, ministre de la santé :
<Agnès Buzyn doit nous recevoir intervention du Dr F.Paraire lors de la conférence de presse le 20 mars 2018.docx>

** article theguardian.com/commentisfree/2018/jan/11, cité par Respublica.

***A Paris, entre autres, rassemblement devant l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, appelé par le collectif Notre santé en danger (annonce sur démosphère)

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