NOUS NE SOMMES PAS DES CRIMIiNILES"GENETIQUEMENT" DANGEREUX

NOUS NE SOMMES PAS DES CRIMINELS« GENETIQUEMENT»DANGEREUX

 

 

Non ! Non ! Nous ne sommes pas des criminels « génétiquement »dangereux ! (Et puis faudrait–il mieux soupeser cette même définitiond'une criminalité génétique, et non pas par "angelisme", pour connaître l'Autre , e par le désir de venir à sa rencontre.) Nousn’avons pas des cerveaux si petits, qu’ils nous empêcheraient de voir, dans cegrand déballage, la « preuve » de notre infériorité, en tant quefemmes, et en en tant que malades mentaux, fous, dérangés, usagers oetc. oetc.Peu importe désormais l’appellation ! Et moi qui y tenais tellement au motjuste, à la justesse de la parole, qui aurait su ouvrir – à des yeux innocents –tout grands les battants dela COMPREHENSION, et celapour que TOUT LE MONDE , puisse yaccéder et SANS PLUS DE BARRAGES ! E auxSénateurs, également. Car, dans des pays encore reculés, l’on dit que l’AGE traîneà sa suite une majeure compréhension, une majeure tolérance. Certes. Et nous le répétons encore et encore : peu emporte désormaisl’appellation !

J’en aurais pleuré, l’autre jour, s’il yavait encore lieu aux pleurs, à savoir à des pleurs absolument vains,m’acharnant à chercher sur l’écran de cet ordinateur, ou en m’acharnant àécouter la radio, afin de découvrir, de la déceler la nouvelle de ce vote àl’Assemblée, sur ce qui est un véritable « acharnement », dans sonaveuglement absolu, sur nous tous: les « fous ». Nous quiserions des fous, de par notre propre essence.

Mais dites, où se nicherait–il le danger, lepéril, dans la majorité des nos existences, qui nes’affichent« dangereuses » que contre nous–mêmes ? Et fichez–nous lapaix,laissez–nous vivreet\ou mourir en paix, selon notrepropre « éthique », mêmesi elle ne correspond pas aux valeurs affichés par vous, Messieurs et Mesdmes ,Messieursdames les Députés de l’Assemblée Nationale, qui n'avez pas honte ni regret aucun, de faire dérouler votre existence dans ce qui aurait étéappelé, et « avec une pleine justesse » (comme l’aurait dit assurément, dans sachronique hebdomadaire du Nouv.Obs , J. Julliard), Le Meilleur des Mondes.

Je n’ai jamais portés les badges créés par leCollectif des 39, tout au long de nos débats ou de nos manifs, et qui s'interrogeaient ainsi, par ces paroles : « Comment accueillir la folie ? »,ou bien qui clamaient : « Noussommes tous des schizophrènes dangereux ! », tout simplementparce que – bien qu’en ayant beaucoup souffert – il me semblait, ne pas les« mériter ». (Le second, tout au moins.) Car, si nous ne voulons pasnous tenir à des « étiquettes », comme l‘ont crié haut et ardemment chanté,au « Festival des évadés du bocal » les agissants (je ne peux que les appeller ainsi) de radio Citron, ou de cette autre radio, celle de l’hôpital de jour " Antonin Artaud " à Reims.

Car ( et je n’ai honte aucune de le crier aux yeux du mondeentier), ma douleur est puissante. Et non pas par crainte qu’on m’oblige àavaler leurs pilules (ça je le fais déjà, par mon « libre » choix, parce que j'ai en horreur de me retrouver de nouveau enfermée, dans une chambre d’isolement,afind’y être « mieux » soignée, car, là, j’aurais eu droit à me réjouir d’un traitement de soinsintensifs.)

Une chambre d’isolement, réfusant tout soin, en début de mon placement HDT, (dont j’ai tout oublié, parce que (paraît–il ) j’étais dansun état de confusion extrême, à mon avis par un trop grande rage de meretrouver ainsi, enfermée), et où j'ai été placée de nouveau, de par mon proprechoix, plus tard, voulant bien DEMONTRER – et aux yeux de tout le monde – que j’étais retenue deforce, et que par la force également, j’étais également traitée, comme l’on crie, quand on devient un " objet "de soins.(Et je n'en veux pas du tout à ces infirmiers;, qui ne faisaient autre choses que ce qu'on leur demandait qu'ils fassent.)

Tout cela, j’aipu le lire dans mon dossier, dontj’ai fait la requête, y ayant droit selon laloi, et voulant le lire après ma sortie de cet hôpital.

Or, dans cette chambre de soins intensifs, j’aibeaucoup souffert, ayant le dos bousillé, et le lit étant très très dur. Et, enplus de ce lit (comme je l’ai déjà conté), il n’y avait que des barreaux à lafenêtre haute, (c’est pourquoi il fallait le bouger, ce lit, très lourd àdéplacer, un lit sans draps ni couvertures), pour pouvoir plonger le regard et comtampler le beau jardinfermé, afin de ne pas voir, ne pas poser son regard, sur ce seau, où on se devait d'uriner, ou de déféquer, pour ne pas le faire à même le sol, salissant cette chambre, refaite neuve.

Mais, là, arrivée à ce point de ma parole, je désirem’adresser à vous, oui ! à vous, Président de cette République, ( et en vous nommant,non pas par votre nom et prénom,comme l’on fait d’habitude, un nom et un prénom qui se voudraient habillés etrevêtus d’hermélines et d'une cape royales) pour vous dire tout simplement que je ne vous crainspas, ni je crains vos multiples, timorés valets, pour ne pas dire : vos valets paniqués. Mais aussi je ne crains pas vos également multiples,désolantes reformes, renversant ce pays, vers lequel le monde entier, setournait. ( Et non pas seulement le monde, pour ainsi dire, « intellectuel ».)

Vous voudriez Sieur (et sans honteaucune) tout posséder, tout filmer, tout maîtriser, dans nos différentes vies de citoyens, et vous avez plongé dans la désespérance des familles entières, qui ne savent plusqu’est-ce qu’elles peuvent (doivent ?) faire dans cette même, leur désespérance, jusqu’où elles peuvent aller, et jusqu'oùpeut les mener leur pouvoir d’intervention,à savoir leur pouvoir de tout vouloir « arranger », de parelles–mêmes, et sans l’intervention d’autrui. (En ce cas–ci précis, lespsychiatres qu'elles ont connus, et avec lesquels elles ont essayé vainement de "parler"...) Mais voici qu’on publie leur détresse dans les pages des « 39 contre la nuit sécuritaire »,car peut–être cette loi, pourra–t–elle (saura–t–elle ?) nous réunir tous (comme le dit et le souhaite Guy Baillon, ancien psychiatre des hôpitaux) par sa perfidie.

Or, à mesyeux brûlants, ce n‘est pas toujours vrais que le « fou » est« vulnérable », comme l’on dit, et l'on cesse de répéter. Et même, il ne l’est pas du tout « vulnérable », justement dans sa défense acharnée de sa folie, qui a su l’extraire, et si bien, si vaillamment, de l’enclos de ce monde mal foutu, dece monde sans pitié aucune, de ce monde IMMONDE, s’enfonçant (ce fou) de plus en plusdans son étrange monologue, dans une ancienne caverne à stalagmites et à stalactites. Un délire se désirant autoprotecteur de l’essence même de sa propre folie, qui reste et demeure uneraison propre à nous tous, les fous, qui sommes si riches en Imaginaire. Une folie qui – souvent , et même très souvent – nese défait, ne se dénoue pas. Parce qu’elle, cette folie entêtée, ne désire pas se trahir.

C’est vrai ce que vous dites, et je m’adresseencore et encore à vous, Yolène de Vassoigne, à propos de certains psychiatres.Mais, comme dans tout métier, làaussi, il y a des bons, et des incapables.

Or c’est justement à la faveur de ces incapables, à la faveur de ces fainéants, de ces peureux, de cesNULS, de ces pauvres d'esprit, privés de toute éthique, que cette Loi se dresse, en les protégeant. Carils OBEISSENT à jamais au moindre geste , au moindre tremblement du petit doigtt de ce (de leurs?) roi tout nu, l’applaudissan sans vergogne acune.

Et, là, il ne me reste plus qu’à voussouhaiter BONNE CHANCE,Sieur ? le Président..

Et avec tout le respect que – normalement– on doit au plus hautresponsable de cette République, et sans oublier de vous dire, que la réelle,véritable et unique; réelle, «vulnérabilité » de lafolie, réside et demeure dans sa SOLITUDE, dont ils ( les "fous") n’arrivent pas à sesortir, afin de se regrouper avec Autrui, pour AGIR et REAGIR tous ensemble.(Venez nous rejoindre Guy Baillon. Seulement, ayez l'exrême courtoisie d'imprimer vos articles avec de caracters d'une taille "plus grosse" !)

Je voudrais ajouter, à vos oreilles, Nicolas, à vos oreilles quelque peu affectées de surdité aux cris de ce peuple, que nous aussi, les « fous », toutes tendances et tous bords confondus, nous avons à nos côtés Ceux que, moi, j’aiappelés, ailleurs, les véritableshommes de science. A savoir des êtres humains qui s'efforcent de nous comprendre, et de nous parler, et qui sont prêts également à nous défendre, àleur risque et péril.

Voilà. Anous, les soi-disant « fous », de leurs réserver et leur laisser occuper une placeà nos côtés.

 

AntonellaSantacroce

 

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