DEUXIEME VERSIO?N, revue et établie dans le calme du billet précédent

NOUS NE SOMMES PAS DES CRIMINELS

" GENETIQUEMENT" DANGEREUX !

 

 

 

 

Non ! Non ! Nous ne sommes pas des criminels « génétiquement » dangereux ! (Et puis faudrait–il mieux soupeser cette même définition d’une criminalité génétique.) Nous n’avons pas des cerveaux si petits, qu’ils nous empêcheraient de voir, dans ce grand déballage, la « preuve » de notre infériorité, en tant que femmes, et en tant que malades mentaux, fous, dérangés, usagers etc. etc. Peu importe désormais l’appellation ! Et moi qui y tenais tellement au mot juste, à la parole juste, qui aurait su ouvrir tout grands les battants de la COMPREHENSION, et cela pour que TOUT LE MONDE , puisse y accéder et SANS BARRAGE AUCUN ! Et au Sénat, également. Car, dans des pays encore reculés, l’on dit que l’AGE traîne à sa suite une majeure compréhension, une majeure tolérance. Certes. Et je le répète : peu importe désormais l’appellation !

J’en aurais pleuré, l’autre soir, s’il y avait encore lieu aux pleurs, à savoir à des pleurs absolument vains, m’acharnant à chercher sur l’écran de cet ordinateur, ou m'acharnant à écouter la radio, afin de découvrir, de la déceler la nouvelle de ce vote à l’Assemblée, sur ce qui est un véritable « acharnement », dans son aveuglement absolu, sur nous tous: les « fous ». Nous qui serions des fous, de par notre propre essence existentielle, tellement grande, tellement profonde que ce même Pape vole en notre secours. Au secours de nous : privés, comme l’on sait, de l’intelligence des Divins desseins,

Et elle résonne, cette parole quasi divine, qui nous sauverait des flammes de l’Enfer Or, parlant à une amie, je lui avais dit, en toute quiétude : « Moi, je me suis retrouvée enfermée dans un Hôpital Psychiatrique., et Kadhafi, alors ? »

Mais dites, où se nicherait–il le danger, le péril, dans la majorité des nos existences, qui ne s’affichent « dangereuses » que contre nous–mêmes, comme l’on a dit et répétée, à ne plus en pouvoir ? Et puis, fichez–nous la paix, et laissez–nous vivre et/ou mourir, selon notre propre « éthique », même si elle ne correspond pas aux valeurs affichés par vous, Messieurs et Mesdames, Messieursdames, les Députés de l’Assemblée Nationale, dans ce qui aurait été appelé, « avec justesse » (comme l’aurait dit, dans sa chronique hebdomadaire du Nouv. Obs.,J. Julliard), Le Meilleur des Mondes.

Je n’ai jamais portés les badges créés par le Collectif des 39, tout au long de nos débats, et qui disaient « Comment accueillir la folie ? », ou bien qui clamaient : « Nous sommes tous des schizophrènes dangereux ! », tout simplement parce que – bien qu’en ayant beaucoup souffert – il me semblait, ne pas les « mériter ». (Le second, tout au moins.) Car, si nous ne voulons pas nous tenir à des « étiquettes », comme l‘ont crié haut et ardemment, tout en le chantant, au « Festival des évadés du bocal » les agissants(je ne peux que les appeler ainsi) de radio Citron, ou de la Patat’ose, l'autre radio,de l’hôpital de jour " Antonin Artaud,", à Reims.

Car (et je n’ai honte aucune de le crier aux yeux du monde entier), ma douleur est puissante. Et non pas par crainte qu’on m’oblige à avaler leurs pilules de force ou chez moi, (ça je le fais déjà, et de mon « libre arbitre », tout comme le faisait Charles Baudelaire, avec ses drogues de l’époque, qui lui donnaient la possibilité de mieux travailler, et davantage, et avec un surplus d’imaginaire. Mais aussi, avec le but précis de ne pas me retrouver une fois encore, enfermée dans une chambre d’isolement, afin d’y être « mieux » soignée, car là j’aurais pu me réjouir d’un traitement de soins intensifs. )

Une chambre d’isolement où j’avais été placée au début de mon internement HDT, ne voulant pas me soigner. Et cela, au tout début de mon placement, à propos duquel j’ai tout oublié. (Paraît–il parce que j’étais dans un état de confusion extrême. A mes yeux, par une trop grande rage de me retrouver encore une fois enfermée.)

Une chambre d’isolement où je fus de nouveau placée (cette fois–ci) de par mon libre arbitre, voulant bien DEMONTRER – et à tout le monde – que j’étais retenue de force, et que par la force également, j’étais traitée,. (Comme l’on crie avec ses propres trippes, quand on devient un « objet » de soins.) Le récit de mon premier placement, j’ai pu le lire dans mon dossier, dont j’ai fait la requête, comme la loi l'énonce, voulant le lire après ma sortie de cet hôpital.

Or, dans cette chambre de soins intensifs, j’ai beaucoup souffert, ayant le dos bousillé, et le lit étant très très dur. Et, en plus de ce lit (comme je l’ai déjà conté), il n’y avait que des barreaux à la fenêtre haute, (c’est pourquoi il fallait le bouger, ce lit, très lourd à déplacer, un lit sans draps ni couvertures), pour pouvoir regarder le jardin fermé, à l’extérieur, et ne pas poser son regard sur ce seau, où l’on était censé uriner, et déféquer, pour que l’on ne laisse pas échouer toutes nos saletés à même le sol, salissant ainsi cette si jolie chambre, refaite à neuf. (Comme George III, dans le récit qui en a été fait par Michel Foucault, jetant, ses excréments contre son médecin, qui lui rendait visite, n'ayant, ne possédant absolument plus rien.)

Mais, voilà que, arrivée à ce point, j’éprouve le désir ardent de m’adresser à vous, LE Président de cette République. Et non pas, en vous nommant par votre nom et prénom, comme l’on fait d’habitude – un nom et un prénom qui se voudraient habillés et revêtus d’hermines et capes royales.

Non. Je voudrais m’adresser à vous, donc, pour vous dire tout simplement que je ne vous crains pas, ni ne crains vos valets timorés, pour ne pas dire pathétiques, en leur panique. Mais également pour vous dire que je ne crains pas non plus vos multiples, désolantes réformes, renversant ce pays, vers lequel le monde entier se tournait, et non seulement le milieu, pour ainsi dire, « intellectuel ».

Vous voudriez, Sieur, et sans honte aucune, tout posséder, tout maîtriser, tout saisir, dans nos différentes vies de citoyens. Vous avez plongé dans la désespérance des familles entières, qui ne savent plus qu’est-ce qu’elles doivent faire, jusqu’où elles peuvent aller, et jusqu’où peut les mener, leur pouvoir d’intervention, à savoir leur pouvoir de tout vouloir « arranger », de par elles–mêmes, et sans l’intervention d’autrui. (En ce cas précis, sans l’intervention d'un psychiatre.) Mais voici qu’on publie votre détresse, dans les pages des « 39 contre la nuit sécuritaire», car peut–être cette loi, pourra–t–elle (saura–t–elle ?) nous réunir, par sa perfidie. (Revenez donc sur ces pages, Guy Baiilon ! Seulement, ayez la courtoisie de vous servir de caractères d'une taille plus grosse, pour les malheufreux myopes !)

Et il faut ajouter que, à mes yeux brûlants, ce n‘est pas toujours vrai que le « fou » est « vulnérable », comme l’on dit, et répète, jusqu’à ne plus en pouvoir. Je voudrais dire même, qu’il ne l’est pas du tout, « vulnérable », justement dans sa défense acharnée de sa folie. Lui, qui a su si bien, si vaillamment, s’extraire, de l’enclos de ce monde et en SOLITAIRE. Lui, le sois–disant malade mentale, s’enfonçant de plus en plus dans son étrange monologue qui fait écho, dans sa caverne à stalagmites. Une caverne se désirant être auto protectrice de l’essence même de sa folie, qui reste et demeure une raison à lui, et à nous aussi : tous les déréglés de la planète entière. Nous tous, si riches (TROP riches, sans aucun doute !) en Imaginaire, au point que – souvent – on n’arrive pas à s’en défaire, parce qu’elle, cette folie entêtée, ne le désire pas.

C’est vrai ce que vous dites, et je m’adresse encore et encore à vous, Yolène de Vassoigne, à propos de certains psychiatres. Mais, comme dans tout métier, là aussi, il y a des bons, et des incapables.

Or c’est justement à la faveur de ces incapables, à la faveur et à la rencontre de ces fainéants, de ces pauvres d’esprit, de ces peureux, de ces NULS, privés de toute éthique, que cette Loi s’adresse, en les protègeant, car ils OBEISSENT à jamais au petit doigt tremblant de ce (de leur ?) roi, même lorsqu’il est tout nu, et tout en l’APPLAUDISSANT.

Et, là, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter BONNE CHANCE, (Sieur) le Président.. Ceci, avec tout le respect que – normalement – l'on doit au plus haut responsable de cette République, et sans oublier de vous dire, que la réelle véritable «vulnérabilité » du fou, réside dans son indicible, taciturne, muette SOLITUDE, dont il n’arrive pas si souvent, à s’extraire, et dont il a fait, pour ainsi dire, sa seconde peau. Une seconde peau qui puisse et sache le défendre de la méchanceté de ces Autres, qui, se moquant de lui, l'empêchent de s’en sortir. Sourd aux appels qu'on lui adresse, afin qu'il se regroupe à ces Autres, pour pouvoir AGIR et REAGIR : tous ensemble !

Car, nous aussi, les « fous » de tous niveaux, de toutes tendances et de tous bords,, nous avons à nos côtés, ceux que j’ai appelés ailleurs, les véritables hommes d'art et de science. A savoir des êtres humains prêts à combattre avec nous, et à mettre en péril leur propres vies, leurs propres existences.

Voilà. A nous, les soi-disant « fous », de leurs laisser occuper une place, bien au chaud, à nos côtés.

Bien cordialement à vous, Sieur le Président de France , et d'Outre–Mer !

 

Antonella Santacroce

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